Thibaut Vauchel-Camus, entre certitudes et pragmatisme
Doyen, du haut de ses 48 printemps, des coureurs de la classe Ocean Fifty, Thibaut Vauchel-Camus, skipper du trimaran Solidaires En Peloton by Delanchy, est aussi celui qui connaît le mieux la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Il s’élancera en effet dimanche prochain pour la quatrième fois de Saint-Malo sur la grande classique en solitaire. Expérimenté, certes, mais sage et réfléchi, Thibaut reconnaît à chacun de ses adversaires bizuths une solide connaissance de l’Atlantique, qu’ils ont tous pratiqué à bord d’autres supports : Mini, Class40 et même Ultims. C’est donc avec pragmatisme, mesure et beaucoup de recul qu’il renouera avec son exercice de prédilection, la navigation en solitaire en direction des îles antillaises chères à son cœur. Quant au caractère volatile que l’on attribue volontiers aux trimarans de 50 pieds, il est une composante entière et inaliénable de la singularité de la classe, un facteur accepté et assumé par le navigateur cancalais.
Les fruits de l’expérience
« La Route du Rhum reste un événement majeur et, même si l’on croit savoir à quoi s’attendre sur le village de course avec cette foule immense, on ne s’y habitue jamais. J’avais abordé ma première Route du Rhum avec les papillons dans le ventre du bizuth, mais aussi avec la légèreté de l’enjeu. Je ne saurais pas dire si l’expérience rend l’enjeu plus léger. Je pense qu’il faut toujours aborder ces courses-là comme s’il s’agissait d’une première, parce qu’aucune édition n’a ressemblé à une autre. Le plateau n’est pas le même et la façon de naviguer a grandement évolué. »
Des conditions clémentes pour entamer la traversée
« Je pense qu’on va vraiment démystifier l’Atlantique Nord dans son côté traditionnellement violent et stressant. Les conditions d’entrée vont trancher avec l’habituel visage de la Route du Rhum, sur son profil d’agression automnale.
Les conditions qui s’annoncent vont être assez originales parce qu’un départ au portant, par beau temps, dans un vent léger et avec la promesse d’avoir du portatif pendant quelques jours sans avoir à gérer de franchissement de front, c’est assez inhabituel. On n’est pas dans la traditionnelle litanie des passages de front typiques de la saison : première nuit, premier front ; deuxième nuit, deuxième front… et il peut y en avoir jusqu’à trois. Cela ne semble pas être le cas cette année. D’un côté, on peut dire que ça peut être apaisant moralement, parce qu’on va être exposé à moins de risques météo. Mais derrière, ça va ouvrir davantage le jeu et on peut s’attendre à un rythme effréné dès le début. Je pense que les gars vont partir pied au plancher. Je ne vais pas me poser la question de savoir si je vais suivre les jeunots. Je vais me poser la question de savoir s’ils vont être aptes à me suivre.
Il y a un rythme qui va être donné et, forcément, on va regarder les positions plus longtemps, mais il ne faut pas non plus que la navigation soit conditionnée par l’avancement des autres. Il y aura a priori des trajectoires différentes en fonction des transitions. Le jeu peut être très ouvert. »
Une course de faux bizuths
« Certes, je suis le seul de la classe Ocean Fifty à avoir déjà disputé la course, mais il ne faut pas se tromper : il n’y a que des non-bizuths de l’Atlantique sur cette course. Tous les skippers de la classe ont déjà performé en course sur l’Atlantique et sur d’autres supports. Le niveau général a réellement augmenté et tous ces marins, même s’ils sont jeunes, ont plus d’expérience qu’auparavant. Ma première Route du Rhum, c’était il y a 14 ans, j’avais 34 ans. Cette année, parmi les favoris, il y a Basile Bourgnon, 24 ans ! On ne parle pas de la même jeunesse qu’avant. Lors des deux courses en solo de la saison, il y a eu beaucoup de rythme, une vraie confrontation. Les marins ont beaucoup navigué et les bateaux sont de mieux en mieux préparés.
Et puis, il y a aussi l’expérience des équipes, qui est profitable à tous.
On est aussi arrivé à une flotte de bateaux qui, même avec ces différences de génération, présente une véritable homogénéité dans les systèmes, les pilotes, les voiles et les gréements. Je pense que ça aide à mieux naviguer et à moins bricoler. »
De l’instabilité des Ocean Fifty
« La stabilité de nos bateaux est toujours un peu aléatoire. Elle l’est parce qu’un mauvais coup de vent et de mauvaises vagues peuvent nous faire chavirer. Un chavirage, c’est comme le cheval : il faut savoir très vite remonter en selle. C’est ce qu’ont fait tous ceux qui ont “cabané” récemment. On fait du multicoque et c’est instable. Mais nous naviguons désormais sur une version intelligente de nos 50 pieds, plus stables et toujours aussi rapides. On est sur une version assagie de ce qui était déraisonnable auparavant. Ni les marins ni nos investisseurs ne sont des inconscients. »
Derniers jours tumultueux
À quelques « dodos » du départ, dimanche, de la 13e édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, l’emploi du temps de Thibaut Vauchel-Camus est pour le moins chahuté.
« Je ne me consacre pas encore à 100 % à la navigation à venir. J’ai encore de nombreux rendez-vous à honorer, de nombreuses questions techniques à résoudre et pas mal de comptabilité à finaliser. C’est ma quatrième Route du Rhum, ma 15e saison de course au large, et on a su fédérer beaucoup de personnes autour de nous, des dizaines de partenaires, et je me dois à eux, particulièrement à Solidaires En Peloton, au groupe Delanchy, à France Sclérose en Plaques et à mon équipe, qui a fait un sacré travail. À défaut de temps pour toute activité sportive, j’essaie aussi de me reposer.
Ce n’est qu’à partir d’aujourd’hui qu’on va commencer à s’intéresser à la météo des premiers jours de course, parce qu’on entre dans une période où les probabilités de scénarios s’affinent, avec un bel indice de confiance dans les projections météo. »
Une nécessité absolue : s’assurer qu’on est vraiment prêt
« Nos dernières navigations, qui étaient là pour valider notre préparation, ont en réalité révélé de nouveaux problèmes qu’il a fallu gérer. C’est évidemment mieux qu’on les ait découverts avant la course. Mais on se serait bien dispensé de certains sujets. »
Pression ?
« La pression, quelque part, serait d’offrir à la Guadeloupe sa première victoire sur la Route du Rhum. Ce serait une vraie fierté. On va commencer par arriver, prendre du plaisir, faire une belle régate, souhaiter que tout le monde arrive. Et puis, on s’efforcera d’être à temps à Pointe-à-Pitre pour servir le premier ti-punch au deuxième. »
L’Ocean Fifty La French Fab, skippé par Laurent Bourguès, est arrivé à Saint-Malo, théâtre du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le 1er novembre. Pendant quelques jours, Laurent et son équipe vont s’atteler aux derniers préparatifs techniques de leur trimaran, notamment pour parfaire le fonctionnement du tout nouveau pilote automatique du bateau et présenter leur voilier à trois pattes aux spectateurs, qui viendront en nombre dans la cité corsaire pour approcher les concurrents et leurs bêtes de course. C’est le début de la dernière grande séquence avant le départ de la première Route du Rhum du navigateur Bourguès…
Le Varois Hugo Deck, 26 ans, remporte la Diagonale des Fous (180 km, 10 200 mètres de dénivelé) pour sa première participation à la mythique compétition réunionnaise. Le trailer, vainqueur cette année pour la deuxième fois consécutive de la Maxi-Race, a pris la tête de la Diagonale dans la scabreuse montée du Maïdo, dans le cirque de Mafate, dépassant Vincent Esmiol après une course-poursuite et une « remontada » d’anthologie. Le déterminé Hugo Deck n’a ensuite pas lâché la tête de la course et a coupé la ligne d’arrivée après 22 heures 54 minutes et 19 secondes d’effort, en cette fin de journée. C’est une superbe performance pour l’athlète Hugo Deck. Elle récompense des années de préparation à très haut niveau, dans la discrétion, ainsi que les formidables capacités tactiques, physiques et mentales du champion, vainqueur de la Diagonale des Fous 2026 : un truc de ouf !
132 clubs omnisports ont répondu à l’appel à projets de la Fédération Française des Clubs Omnisports afin de tenter de remporter les trophées de la troisième édition de Sport Asso & Co, qui se tiendra le 19 novembre à Nantes (Espace Feydeau du Crédit Mutuel), lors d’une remise des prix particulièrement attendue. Le jury de cette édition, présidé par Brice Guyart, s’est réuni hier matin afin de délibérer et de passer au crible l’ensemble des dossiers reçus. Cinq lauréats seront récompensés autour de cinq thématiques : santé ; diversité, équité et inclusion ; plaisir de bouger ; sport au féminin ; environnement.
A quelques jours du départ de la mythique Diagonale des Fous, le varois Hugo Deck se sent bien dans ses baskets. Le trailer, double vainqueur de la Maxi Race, est arrivé depuis quelques semaines à la Réunion et s’est acclimaté au parcours avec son compère du team Adidas l’allemand Marcel Höche. Jeudi à 20h00 en métropole, Hugo s’attaquera à sa première Diagonale des Fous avec de fortes ambitions.
Le navigateur Laurent Bourguès, marseillais, lorientais d’adoption, entame sa dernière ligne droite avant de prendre le départ de sa première Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le 1er novembre à Saint-Malo, direction Pointe-à-Pitre.
Ce n’est que début juin dernier que Julia Simon s’est remise à l’entraînement, à l’issue d’une saison 2025-2026 particulièrement réussie et d’un printemps tout entier consacré à se ressourcer. La triple championne Olympique de Milan-Cortina a volontairement prolongé la nécessaire coupure entre deux saisons, désireuse de renouer avec les choses simples de la vie avant de replonger avec envie dans la frénésie de sa carrière de biathlète. L’heure n’est pas encore aux objectifs ni aux ambitions. Le plaisir du tir, de l’effort, de la glisse et de la concentration revient naturellement et Julia laisse progressivement s’installer en elle son appétence naturelle pour la compétition et la gagne. L’été s’achève et la préparation monte progressivement en puissance, à coups de stages, de ski roulettes et bien entendu de tirs, un domaine où chez Julia, les bonnes sensations ne tardent jamais à très vite revenir.