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Thibaut Vauchel-Camus, entre certitudes et pragmatisme

octobre, 29Solidaires En Peloton...

Doyen, du haut de ses 48 printemps, des coureurs de la classe Ocean Fifty, Thibaut Vauchel-Camus, skipper du trimaran Solidaires En Peloton by Delanchy, est aussi celui qui connaît le mieux la Route du Rhum-Destination Guadeloupe. Il s’élancera en effet dimanche prochain pour la quatrième fois de Saint-Malo sur la grande classique en solitaire. Expérimenté, certes, mais sage et réfléchi, Thibaut reconnaît à chacun de ses adversaires bizuths une solide connaissance de l’Atlantique, qu’ils ont tous pratiqué à bord d’autres supports : Mini, Class40 et même Ultims. C’est donc avec pragmatisme, mesure et beaucoup de recul qu’il renouera avec son exercice de prédilection, la navigation en solitaire en direction des îles antillaises chères à son cœur. Quant au caractère volatile que l’on attribue volontiers aux trimarans de 50 pieds, il est une composante entière et inaliénable de la singularité de la classe, un facteur accepté et assumé par le navigateur cancalais.

Les fruits de l’expérience

« La Route du Rhum reste un événement majeur et, même si l’on croit savoir à quoi s’attendre sur le village de course avec cette foule immense, on ne s’y habitue jamais. J’avais abordé ma première Route du Rhum avec les papillons dans le ventre du bizuth, mais aussi avec la légèreté de l’enjeu. Je ne saurais pas dire si l’expérience rend l’enjeu plus léger. Je pense qu’il faut toujours aborder ces courses-là comme s’il s’agissait d’une première, parce qu’aucune édition n’a ressemblé à une autre. Le plateau n’est pas le même et la façon de naviguer a grandement évolué. »

Des conditions clémentes pour entamer la traversée

« Je pense qu’on va vraiment démystifier l’Atlantique Nord dans son côté traditionnellement violent et stressant. Les conditions d’entrée vont trancher avec l’habituel visage de la Route du Rhum, sur son profil d’agression automnale.
Les conditions qui s’annoncent vont être assez originales parce qu’un départ au portant, par beau temps, dans un vent léger et avec la promesse d’avoir du portatif pendant quelques jours sans avoir à gérer de franchissement de front, c’est assez inhabituel. On n’est pas dans la traditionnelle litanie des passages de front typiques de la saison : première nuit, premier front ; deuxième nuit, deuxième front… et il peut y en avoir jusqu’à trois. Cela ne semble pas être le cas cette année. D’un côté, on peut dire que ça peut être apaisant moralement, parce qu’on va être exposé à moins de risques météo. Mais derrière, ça va ouvrir davantage le jeu et on peut s’attendre à un rythme effréné dès le début. Je pense que les gars vont partir pied au plancher. Je ne vais pas me poser la question de savoir si je vais suivre les jeunots. Je vais me poser la question de savoir s’ils vont être aptes à me suivre.
Il y a un rythme qui va être donné et, forcément, on va regarder les positions plus longtemps, mais il ne faut pas non plus que la navigation soit conditionnée par l’avancement des autres. Il y aura a priori des trajectoires différentes en fonction des transitions. Le jeu peut être très ouvert. »

Une course de faux bizuths

« Certes, je suis le seul de la classe Ocean Fifty à avoir déjà disputé la course, mais il ne faut pas se tromper : il n’y a que des non-bizuths de l’Atlantique sur cette course. Tous les skippers de la classe ont déjà performé en course sur l’Atlantique et sur d’autres supports. Le niveau général a réellement augmenté et tous ces marins, même s’ils sont jeunes, ont plus d’expérience qu’auparavant. Ma première Route du Rhum, c’était il y a 14 ans, j’avais 34 ans. Cette année, parmi les favoris, il y a Basile Bourgnon, 24 ans ! On ne parle pas de la même jeunesse qu’avant. Lors des deux courses en solo de la saison, il y a eu beaucoup de rythme, une vraie confrontation. Les marins ont beaucoup navigué et les bateaux sont de mieux en mieux préparés.
Et puis, il y a aussi l’expérience des équipes, qui est profitable à tous.
On est aussi arrivé à une flotte de bateaux qui, même avec ces différences de génération, présente une véritable homogénéité dans les systèmes, les pilotes, les voiles et les gréements. Je pense que ça aide à mieux naviguer et à moins bricoler. »

De l’instabilité des Ocean Fifty

« La stabilité de nos bateaux est toujours un peu aléatoire. Elle l’est parce qu’un mauvais coup de vent et de mauvaises vagues peuvent nous faire chavirer. Un chavirage, c’est comme le cheval : il faut savoir très vite remonter en selle. C’est ce qu’ont fait tous ceux qui ont “cabané” récemment. On fait du multicoque et c’est instable. Mais nous naviguons désormais sur une version intelligente de nos 50 pieds, plus stables et toujours aussi rapides. On est sur une version assagie de ce qui était déraisonnable auparavant. Ni les marins ni nos investisseurs ne sont des inconscients. »

Derniers jours tumultueux

À quelques « dodos » du départ, dimanche, de la 13e édition de la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, l’emploi du temps de Thibaut Vauchel-Camus est pour le moins chahuté.
« Je ne me consacre pas encore à 100 % à la navigation à venir. J’ai encore de nombreux rendez-vous à honorer, de nombreuses questions techniques à résoudre et pas mal de comptabilité à finaliser. C’est ma quatrième Route du Rhum, ma 15e saison de course au large, et on a su fédérer beaucoup de personnes autour de nous, des dizaines de partenaires, et je me dois à eux, particulièrement à Solidaires En Peloton, au groupe Delanchy, à France Sclérose en Plaques et à mon équipe, qui a fait un sacré travail. À défaut de temps pour toute activité sportive, j’essaie aussi de me reposer.
Ce n’est qu’à partir d’aujourd’hui qu’on va commencer à s’intéresser à la météo des premiers jours de course, parce qu’on entre dans une période où les probabilités de scénarios s’affinent, avec un bel indice de confiance dans les projections météo. »

Une nécessité absolue : s’assurer qu’on est vraiment prêt

« Nos dernières navigations, qui étaient là pour valider notre préparation, ont en réalité révélé de nouveaux problèmes qu’il a fallu gérer. C’est évidemment mieux qu’on les ait découverts avant la course. Mais on se serait bien dispensé de certains sujets. »

Pression ?

« La pression, quelque part, serait d’offrir à la Guadeloupe sa première victoire sur la Route du Rhum. Ce serait une vraie fierté. On va commencer par arriver, prendre du plaisir, faire une belle régate, souhaiter que tout le monde arrive. Et puis, on s’efforcera d’être à temps à Pointe-à-Pitre pour servir le premier ti-punch au deuxième. »

Il y a-t-il un pilote dans le bateau ?

octobre, 21Laurent BOURGUES...

L’Ocean Fifty La French Fab, skippé par Laurent Bourguès, est arrivé à Saint-Malo, théâtre du départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le 1er novembre. Pendant quelques jours, Laurent et son équipe vont s’atteler aux derniers préparatifs techniques de leur trimaran, notamment pour parfaire le fonctionnement du tout nouveau pilote automatique du bateau et présenter leur voilier à trois pattes aux spectateurs, qui viendront en nombre dans la cité corsaire pour approcher les concurrents et leurs bêtes de course. C’est le début de la dernière grande séquence avant le départ de la première Route du Rhum du navigateur Bourguès…

Le convoyage du voilier entre Lorient et Saint-Malo s’est déroulé de la meilleure des manières, dimanche et lundi, pour l’équipe de Laurent Bourguès. Cette dernière grande navigation avant le départ de la traversée de l’Atlantique en solitaire a permis de régler le nouveau pilote automatique, conçu par la société Pixel, partenaire de Laurent.

Car, en mer, le plus souvent, ce n’est pas le skipper qui barre le bateau, mais un pilote automatique de haute technologie.

« Au final, je vais barrer 10 à 12 heures, pas beaucoup plus, sur la Route du Rhum », déclare Laurent. « En Ocean Fifty, nous avons de nombreuses choses à faire à bord : consulter la météo, effectuer les réglages et les manœuvres, nous reposer quand nous le pouvons et nous alimenter… Alors, nous laissons la barre au pilote, et il est important d’avoir confiance en lui, qui est en quelque sorte notre équipier de luxe. Dans les faits, il est plus performant que nous à la barre, notamment la nuit. Il faut dire que nous sommes souvent fatigués à bord d’un Ocean Fifty et que nous préférons nous concentrer sur d’autres tâches.

Nous avons validé notre pilote un peu in extremis, faute de budget, et je suis ravi de son fonctionnement. Il va me permettre de franchir un cap en matière de performance et de sécurité. Nous disposons d’un pilote dernier cri, Exocet Black, qu’un seul bateau par classe possède, et que je pourrai commander à l’aide d’une télécommande que je porte au poignet ou que je garde à proximité de la colonne de winchs. C’est un gage de confiance de la part de Pixel, dirigée par Jean-François Cuzon. »

Laurent et son équipe vont maintenant s’atteler à l’avitaillement du bateau, à la préparation du matériel de rechange en cas de besoin et au règlement de quelques derniers détails.

« Je vais aussi tenter de me reposer », indique Laurent, qui continue à rechercher des partenaires pour l’accompagner dans sa Route du Rhum et soutenir ses projets d’avenir, qu’il espère concrétiser par la construction d’un Ocean Fifty flambant neuf.

 

 

The Famous Project : ultime étape à Saint-Malo

octobre, 20Alexia Barrier...
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Alexia Barrier et son maxi-trimaran IDEC SPORT-CIC ont rejoint la cité corsaire aux côtés des sept autres ULTIM. Entre rencontres avec le public, les partenaires et poursuite assidue de sa préparation physique et mentale, la navigatrice a prévu une immersion malouine totale pour se mettre en condition avant le départ de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe prévue le 1er novembre à 13h02. 

C’est avec un large sourire et un chaleureux “Bonjour Saint-Malo !” qu’Alexia Barrier est entrée dans le bassin Vauban hier midi. Premiers applaudissements, premiers échanges avec le public et premières émotions aussi. La navigatrice et son maxi-trimaran se sont amarrés quai de la Bourse pour les 13 prochains jours, après un été studieux et une rentrée sportive.

Derniers tours de piste 
Avec un mois de septembre plutôt clément côté météo, Alexia Barrier et l’équipe technique de The Famous Project ont tenu la cadence des entraînements. Au fil des séances, l’osmose avec IDEC SPORT-CIC s’est naturellement installée. « L’objectif, c’était de répéter les manœuvres en solo, un peu comme faire ses gammes au piano », décrit Alexia. « Tout s’est parfaitement bien déroulé. Aujourd’hui, ce n’est pas la gestion du bateau qui me stresse, mais l’émotion du départ comme celle ressentie hier en arrivant. Il faudra rester concentrée, bien décomposer chaque mouvement et éviter toute précipitation pour ne pas commettre d’erreur ».

Le maxi-trimaran est prêt, à quelques ajustements près car « le diable se niche dans les détails », comme aime le rappeler Alexia. Pendant les deux semaines de village, l’équipe technique peaufinera l’ergonomie sous la casquette, les dernières marques et la tension du filet, « mais le bateau est opérationnel », affirme Thierry Duprey du Vorsent, directeur sportif de The Famous Project. « Je n’avais pas navigué à bord depuis longtemps, il est toujours aussi agréable à barrer. On le doit à la conception initiale de Franck Cammas qui a toujours accordé beaucoup d’importance au système de barre ». Au rythme des sorties hebdomadaires depuis la mise à l’eau, le directeur sportif a vu la navigatrice monter en puissance : « Dès qu’elle est à bord, elle a le sourire. On la sent pleinement dans son élément. Le fait d’avoir navigué avec Loïck Peyron puis deux fois avec Jean-Baptiste Le Vaillant lui a permis d’apprendre quelques astuces pour se faciliter la tâche et d’enregistrer les bons timings pour ses manœuvres. »

Immersion et concentration à Saint-Malo
Si de nombreux skippers font le choix de rentrer quelques jours chez eux avant le grand départ, Alexia Barrier a pris le parti de vivre l’événement à 100 % et de rester à Saint-Malo jusqu’au jour J. « Ce sont des moments importants avec le public, nos partenaires, rythmés par les interviews et je vais avoir la chance de dédicacer mon livre « À jamais les premières », sorti le 14 octobre », s’enthousiasme la navigatrice. « Ce livre est un bel objet où j’ai pu graver notre histoire pour l’éternité. En la racontant, cela me permet de surfer sur cette belle énergie du tour du monde et ça me nourrit pour le challenge à venir ».

À côté des festivités sur le village, Alexia tient à garder une ligne de conduite stricte : « Chaque jour, je consacrerai une heure à la préparation physique et une heure à l’analyse météo avec l’équipe de Christian Dumard. Mais je me suis aussi promis de garder du temps pour moi. C’est essentiel pour préserver mon mental ».

A treize jours du départ, tous les voyants sont au vert pour Alexia Barrier : IDEC SPORT-CIC réglé, un mental d’acier et le sourire aux lèvres. Un savant cocktail d’énergie et de rigueur sportive avant de s’élancer sur sa seconde Route du Rhum – Destination Guadeloupe.

Hugo Deck gagne la Diagonale des Fous !

octobre, 16DECK...

Le Varois Hugo Deck, 26 ans, remporte la Diagonale des Fous (180 km, 10 200 mètres de dénivelé) pour sa première participation à la mythique compétition réunionnaise. Le trailer, vainqueur cette année pour la deuxième fois consécutive de la Maxi-Race, a pris la tête de la Diagonale dans la scabreuse montée du Maïdo, dans le cirque de Mafate, dépassant Vincent Esmiol après une course-poursuite et une « remontada » d’anthologie. Le déterminé Hugo Deck n’a ensuite pas lâché la tête de la course et a coupé la ligne d’arrivée après 22 heures 54 minutes et 19 secondes d’effort, en cette fin de journée. C’est une superbe performance pour l’athlète Hugo Deck. Elle récompense des années de préparation à très haut niveau, dans la discrétion, ainsi que les formidables capacités tactiques, physiques et mentales du champion, vainqueur de la Diagonale des Fous 2026 : un truc de ouf !

Hugo Deck : « Je suis tellement heureux. C’est incroyable ! J’ai été encouragé du début à la fin. Le public a été exceptionnel. Les Réunionnais sont à mon image. J’ai eu pas mal d’échecs. Cette victoire va les effacer. J’ai été longtemps cette nuit avec Tom Evans, puis je suis remonté graduellement au classement, jusqu’à accélérer au fur et à mesure, notamment dans le cirque de Mafate, où j’ai fait un coup d’éclat pour prendre la tête. J’ai adoré ce matin le lever du soleil. Il restera gravé dans ma mémoire. Je remercie tous mes partenaires et, évidemment, ma famille, qui m’accompagne depuis 10 ans dans mes objectifs de trailer. »

Le jury de la troisième édition des Trophées Sport Asso & Co a voté !

octobre, 14FFCO...

132 clubs omnisports ont répondu à l’appel à projets de la Fédération Française des Clubs Omnisports afin de tenter de remporter les trophées de la troisième édition de Sport Asso & Co, qui se tiendra le 19 novembre à Nantes (Espace Feydeau du Crédit Mutuel), lors d’une remise des prix particulièrement attendue. Le jury de cette édition, présidé par Brice Guyart, s’est réuni hier matin afin de délibérer et de passer au crible l’ensemble des dossiers reçus. Cinq lauréats seront récompensés autour de cinq thématiques : santé ; diversité, équité et inclusion ; plaisir de bouger ; sport au féminin ; environnement.

Ils ont dit :

Brice Guyart, président du jury des Trophées Sport Asso & Co 2026, ancien champion olympique d’escrime, aujourd’hui dirigeant et consultant dans le sport : « La Fédération Française des Clubs Omnisports a fait un gros travail de présélection des 132 dossiers qu’elle a reçus. Pouvoir échanger sur chacune des initiatives, comprendre l’implantation locale, la taille des clubs, ce qu’ils développent, combien de personnes cela touche, mesurer leur impact… a été intéressant. Je retiens beaucoup de diversité. Ce n’est pas facile de réussir à sélectionner cinq lauréats. Je suis ravi de cette matinée de travail. Il n’y a pas que Paris dans la vie et nous allons récompenser des clubs un peu partout, dans de grandes agglomérations ou dans de plus petites régions. Nous arrivons à un joli florilège qui sera donc dévoilé à Nantes le 19 novembre. »

Gaëlle Pinçon – conseillère technique nationale FFCO : « 132 dossiers assez différents et finalement intéressants, autant en Île-de-France que partout ailleurs. Cela a été très enrichissant de les étudier. Nous avons sélectionné cinq lauréats pertinents par rapport aux actions que la Fédération Française des Clubs Omnisports mène au quotidien. »

Lionel Fraisse – directeur du CROS Pays de la Loire : « J’ai trouvé un large panel de dossiers très intéressants. Cela n’a pas été facile de les départager. En attendant la remise des trophées le 19 novembre, je peux dire que les lauréats sont innovants et proposent des démarches que nous ne voyons pas si souvent sur le terrain. »

Philippe Cosse, secrétaire adjoint de la FFCO : « Nous avons eu de belles candidatures aux quatre coins de l’hexagone. Chaque année, ces trophées nous apportent de nouvelles initiatives et je tiens à dire que ces initiatives lancées sur le terrain sont duplicables par d’autres clubs. Elles peuvent en tout cas inspirer et elles montrent l’engagement des bénévoles autour de l’omnisport. »     

La liste des clubs pré-sélectionnés :

Trophée « santé » – MGEN :  Antony Sport Escrime (IDF), Amicale Laïque Eysines (NA), OCAS Bain de Bretagne (BRE), LUC Lille (HF), Centre Sportif et Culturel Laetitia (PDL)

Trophée « Diversité, Equité & Inclusion » – Cryo Manufacturing : Fête le Mur Saint Denis de la Réunion, Club Omnisports des Ulis (IDF), Stade Marseillais Université Club (PACA), SAGC Club Omnisports (CVL), Union Sportive Liffréenne (BRE)

Trophée « Plaisir de bouger » – Ferrero : Club Avenir Saint Georges (BFC), Entente Sportive de Bourgueil (CVL), La Vie au Grand Air de Saint Maur (IDF), ASM Omnisports (AURA), Nozay Omnisports (PDL)

Trophée « sport au féminin » – LPTENT : Cercle d’Arts Martiaux Maconnais (BFC), Espoir (NORM), Stade Français (IDF), Dugazon Sporting Club (GUAD), CSM Clamart Volley (IDF), JCM Le Mans (PDL)

Trophée « environnement » – Casal Sport : Trait d’Union Verrières-le-Buisson (IDF), Paris Université Club (IDF), Dugazon Sporting Club (GUAD), Jeunesses Sportives de Coulaines (PDL), Jeunesse Athlétique de Montrouge (IDF)

Les membres du jury :

Président : Brice Guyart : Ancien champion olympique d’escrime, aujourd’hui dirigeant et consultant dans le sport.
Partenaires :

  • David Givonetti : Key Account Manager / Responsable Grands Comptes – Fédérations chez Casal Sport
  • Jacques Doumeizel : Directeur général de Cryo Manufacturing
  • Mélanie Papin :  Coordinatrice Engagement Sociétal chez Ferrero
  • Stanislas Barjhoux : Chargé d’affaire commercial secteur sport chez LPTENT
  • Diarno Sarre Responsable Régional Ile-de-France chez MGEN
  • Lionel Fraisse – Directeur CROS Pays de la Loire

FFCO :

  • Philippe Cosse : Secrétaire général adjoint
  • Séverine Bardaud : Co-présidente
  • Denis Lafoux : Co-président
  • Gaëlle Pinçon – Conseillère Technique Nationale FFCO

Les dates à retenir :
30 juin au 5 octobre : appel à projets
13 octobre : délibération du jury des Trophées présidé par Brice Guyart
19 novembre : remise des Trophées à Nantes
19 et 20 novembre : salon Sport Asso & Co à Nantes

Hugo dans les starting-blocks !

octobre, 12DECK...

 A quelques jours du départ de la mythique Diagonale des Fous, le varois Hugo Deck se sent bien dans ses baskets. Le trailer, double vainqueur de la Maxi Race, est arrivé depuis quelques semaines à la Réunion et s’est acclimaté au parcours avec son compère du team Adidas l’allemand Marcel Höche. Jeudi à 20h00 en métropole, Hugo s’attaquera à sa première Diagonale des Fous avec de fortes ambitions.

« J’ai vécu en autarcie pendant trois semaines dans le cirque de Cilaos. Cela m’a permis de me mettre dans le bain et de retrouver des conditions qui me vont parfaitement à savoir un terrain rugueux et de la chaleur comme dans le Var. J’ai enchaîné deux grosses sorties de 7 heures, 50 kilomètres et 4000 mètres de dénivelé. Nous avons repéré avec Marcel la nouvelle partie du parcours qui descend vers Hell-Bourg entre les kilomètres 70 et 80. Elle sera certainement un point clé de la course. Je calme maintenant le jeu en faisant moins de volume et des petites sorties quotidiennes. » Hugo fait parti des grands outsiders de la Diagonale 2026.

The Famous Project : ouvrir la voie en mer comme à terre

octobre, 6Alexia Barrier...
Alexia Barrier, skipper of Ultim Idec Sport – CIC, training before the start of La Route du Rhum Destination Guadeloupe, off Brest Iroise sea, on october 1, 2026
Photo © Jean-Marie LIOT / The Famous Project

Alors que les entraînements s’intensifient et que les préparatifs pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe s’accélèrent, Alexia Barrier ne relâche pas non plus ses efforts à terre. La navigatrice, accompagnée de son équipe The Famous Project, profite de la vitrine de cette course légendaire pour porter haut ses convictions : transmettre aux plus jeunes, protéger l’océan et inspirer par un leadership au féminin.

Dans moins d’un mois, Alexia Barrier s’élancera en solitaire à bord de l’ULTIM IDEC SPORT-CIC pour une traversée de l’Atlantique aussi intense que symbolique. Au-delà du défi sportif, c’est aussi une manière d’ouvrir la voie et insuffler une envie de large aux jeunes filles et aux femmes qui en rêvent.

TRANSMETTRE : l’océan comme terrain d’apprentissage
Dans le village à Saint-Malo comme dans les écoles, Alexia Barrier a à cœur de partager son aventure avec les plus jeunes. Pour cette Route du Rhum 2026, plus de 50 classes, de Brest à la Guadeloupe, en passant par les Alpes-Maritimes, se sont déjà inscrites pour suivre le sillage d’Alexia grâce au kit pédagogique créé par son association 4myplanet. Au programme : comprendre le bateau, mieux connaître Alexia et son équipe, appréhender l’océan et les changements qu’il subit. Sur les pontons malouins, les plus chanceux auront l’opportunité d’échanger directement avec la navigatrice lors de temps dédiés.

Hélène Urrutti, enseignante et chargée de mission 4myplanet
« Lorsque Alexia arrive dans une classe, la majorité des élèves en ressortent en voulant devenir skipper ! Ils sont à la fois admiratifs et comprennent que c’est à leur portée. En novembre, lorsque Alexia sera sur l’eau, elle répondra à leurs questions par vidéo entre deux manœuvres. C’est important pour elle de garder ce lien avec la jeune génération, même en course. 
Nous sommes également partenaires des opérations mon cartable connecté, qui aide les enfants hospitalisés à suivre leur scolarité, et Adopt a float, qui permet à certaines classes d’adopter un flotteur scientifique et ainsi découvrir l’océan sous un autre regard. » 

INSPIRER : un leadership à visage humain
Seule à bord mais bien entourée à terre, Alexia a forgé un collectif solide, prêt à affronter toutes les tempêtes. Grâce à ses années de meneuse au basket-ball, elle a façonné au sein de son équipe The Famous Project, un modèle de management fondé sur la complémentarité et la confiance. Une approche qu’elle partage régulièrement auprès de dirigeants et de chefs d’entreprise. Elle intervient régulièrement auprès des collaborateurs du CIC et de SOPRA STERIA, et cette année elle a également eu l’opportunité de le faire  devant 1200 leaders de SANOFI, auprès de l’Institut Français des Administrateurs, ainsi qu’à l’ESCP Business School.

Alexia Barrier, skipper d’IDEC SPORT-CIC
« Je prends régulièrement la parole pour partager ce que la course au large m’a appris du leadership : faire de l’incertitude et de la vulnérabilité des forces, construire des liens de confiance, faire collaborer des personnalités très différentes et permettre à chacun d’être performant sans perdre l’humain. The Famous Project est finalement un laboratoire grandeur nature. Le Trophée Jules Verne a été particulièrement intéressant à ce titre : réunir des navigatrices internationales très expérimentées, créer un collectif autour d’un objectif qui n’avait jamais été atteint par un équipage féminin et apprendre à transformer les individualités en équipe. »

INNOVER : la course au large au service de la science
Depuis toujours, Alexia Barrier voue aussi une passion pour la science, surtout lorsqu’elle étudie l’écosystème marin. Entourée de ses partenaires, l’IOC-UNESCO, l’IFREMER et l’Océanopolis de Brest, elle embarquera en novembre prochain un baromètre haute précision et une bouée météo qu’elle larguera dans l’Atlantique. Des instruments qui permettront de mesurer des données essentielles comme la température de l’eau et la pression atmosphérique.

Alexia Barrier, skipper d’IDEC SPORT-CIC
« Je veux que chaque mille parcouru soit utile à la connaissance de l’océan. Lors du Trophée Jules Verne, nous avons déployé deux flotteurs ARGO et une bouée météo. Cela a permis de collecter des données océanographiques dans des zones extrêmement difficiles d’accès. Nous avons également travaillé sur la dimension humaine de la performance, autour du sommeil en collaboration avec l’Institut du Cerveau. Sur des bateaux comme mon maxi-trimaran, très exigeants, ces données sont précieuses pour les chercheurs. »

Une course au large, comme la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, est une compétition exigeante mais aussi une formidable tribune pour les marins. À travers les différentes initiatives menées avec The Famous Project, Alexia Barrier entend bien ouvrir la voie sur l’eau, mais faire aussi bouger les lignes à terre.

L’heure de Laurent Bourguès

octobre, 5BOURGUES...

Le navigateur Laurent Bourguès, marseillais, lorientais d’adoption, entame sa dernière ligne droite avant de prendre le départ de sa première Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le 1er novembre à Saint-Malo, direction Pointe-à-Pitre.

Il disputera cette mythique transat à bord de son Ocean Fifty, désormais aux couleurs du mouvement La French Fab, qui rassemble celles et ceux qui font battre le cœur de l’industrie française. Cette collaboration a pour ambition de fédérer un collectif d’entreprises souhaitant faire rayonner ensemble les savoir-faire de l’industrie française à travers un défi de course au large ambitieux, comme celui porté par la structure Laurent Bourguès Sailing Team, autour de points communs tels que la force du collectif et la technologie.

Interview de Laurent Bourguès…

1) Es-tu prêt pour ta première Route du Rhum ?

Mentalement et physiquement, je me sens prêt. J’ai énormément travaillé pour arriver jusque-là et, maintenant, j’ai surtout hâte d’être sur la ligne de départ.
Côté bateau, nous sommes dans la dernière ligne droite. Avec mon équipe, nous cherchons à fiabiliser et optimiser notre Ocean Fifty La French Fab pour prendre le départ avec un bateau à la fois sûr et performant.
Il nous reste notamment trois améliorations importantes que nous aimerions pouvoir finaliser avant le départ : upgrader notre pilote automatique, installer un nouveau système de taquets largables et renforcer les protections du cockpit.
Ce sont des investissements supplémentaires, mais qui peuvent faire une vraie différence lorsque l’on traverse l’Atlantique en solitaire sur un trimaran Ocean Fifty.
C’est aussi pour cela que l’aventure reste ouverte à de nouveaux partenaires et soutiens jusqu’au départ. Chaque entreprise qui nous rejoint aujourd’hui peut contribuer très concrètement à rendre le bateau plus sûr, plus fiable et plus performant.

2) Comment s’est déroulée ta saison 2026 ?

2026 est avant tout une saison de progression et de montée en puissance. Après avoir consolidé le projet et fédéré de nouveaux partenaires, nous avons pu relancer le programme sportif au printemps.
Depuis, chaque course nous permet de franchir un cap : notre pourcentage de polaire augmente à chaque confrontation, preuve que nous exploitons de mieux en mieux le potentiel du bateau.
L’autre grande satisfaction, c’est la fiabilité : nous avons enchaîné les courses et les milles sans aucune avarie, ce qui est très rassurant à l’approche de la Route du Rhum.
Enfin, le travail avec mon routeur Benoît Mariette est de plus en plus précis et efficace. On apprend à mieux fonctionner ensemble à chaque course.
Je retiens donc surtout une dynamique très positive : un bateau plus rapide, fiable, et un ensemble skipper-équipe-routeur qui monte en puissance au bon moment.

3) Quels sont tes objectifs sur cette Route du Rhum ?

Mon but principal est d’arriver en face, quoi qu’il arrive. J’ai clairement le potentiel pour finir en milieu de tableau et je ne m’interdis pas de rêver d’un podium.
Sur une transatlantique, les éventuelles différences de vitesse entre les Ocean Fifty au départ seront davantage lissées. J’ai toutes mes chances de bien figurer avec mes armes.

4) Peux-tu nous parler de ton bateau, l’Ocean Fifty La French Fab ?

C’est un plan Irens/Cabaret de 2009. Il a été lancé pour Prince de Bretagne et Lionel Lemonchois. Il a gagné la Route du Rhum 2010 avec Lionel.
C’est un bateau fiable, un véritable 4×4. Il est haut sur l’eau et dispose d’un cockpit adapté au solitaire. Il a vraiment été pensé pour cette course, contrairement à d’autres voiliers de la classe Ocean Fifty, davantage typés « grand prix ».

5) La concurrence sera élevée en Ocean Fifty sur cette transat. Peux-tu la décrire ?

Depuis mes premiers pas en Ocean Fifty, en 2023, j’ai vu une sacrée évolution en termes de niveau. Il a clairement augmenté, aussi bien techniquement que sportivement.
Les marins ne lâchent rien et la concurrence sera très élevée, tout en étant assez homogène.

6) Tu as annoncé mi-septembre l’arrivée du mouvement La French Fab à tes côtés. Peux-tu nous en dire plus sur ce partenariat et nous dire où tu en es côté budget ?

Quatre de mes partenaires lyonnais m’ont présenté La French Fab et nous nous sommes vite entendus, car l’industrie et mon défi ont de nombreux points communs.
Mon projet est un concentré de technologies dans de nombreux domaines : l’accastillage, l’informatique, l’électronique, la conception et la construction, la fabrication des voiles… C’est également le cas des industriels qui appartiennent au mouvement La French Fab. Ils pourront s’identifier à chacune des dimensions techniques de mon bateau, sans lesquelles la performance globale serait impossible.
La French Fab, lancée en 2017 par Bpifrance, n’est pas un partenaire financier, mais elle va me permettre d’étoffer un réseau et de convaincre certaines entreprises de me soutenir pour la Route du Rhum et pour la suite.
Je rêve notamment de construire un nouvel Ocean Fifty, ce qui s’inscrirait totalement dans mon parcours.

7) En quelques mots, peux-tu nous relater ton parcours ?

Je suis avant tout un sportif de haut niveau. Jeune, j’étais au pôle France de Marseille en Laser. J’ai ensuite migré à Lorient pour faire de la course au large. J’ai le souvenir d’avoir toujours été féru de la fabrication et de la conception d’objets.
C’est Yvan Bourgnon et son trimaran ORMA qui m’ont véritablement mis le pied à l’étrier de la course au large, il y a près de vingt ans, lorsque je suis arrivé, fraîchement émoulu de mes expériences marseillaises.
J’ai ensuite pu enchaîner avec de nombreux chantiers de préparation d’autres trimarans ORMA, notamment Gitana, Sodebo ou Banque Populaire. Le multicoque est ainsi entré dans mon ADN de coureur, au rythme des convoyages et des navigations d’entraînement.
J’ai ensuite fait mes classes en Mini 6.50, avec deux participations à la Mini Transat, en 2007 et 2009, et en Figaro 2, avec la Transat AG2R 2010 et un début de saison qualificatif pour la Solitaire en 2011. Puis, faute de budget, je suis devenu boat captain et directeur technique, notamment pendant plusieurs années auprès de Thomas Ruyant, sur ses IMOCA Le Souffle du Nord puis LinkedOut.

8) Enfin, tu as couru ces dernières années pour l’association Bonnet Rose. Diffuseras-tu encore ses messages sur cette Route du Rhum ?

Oui ! Je continue, depuis le début de l’année, à soutenir cette association qui m’a beaucoup donné à travers les échanges et les partages de ces dernières années.
Je fais naviguer des adhérentes pour célébrer la rémission toute l’année et j’interviens également régulièrement auprès de l’association. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours essayé d’accompagner des associations, en leur donnant un coup de main et en les faisant rêver au grand large.

Julia Simon : laisser revenir l’envie

septembre, 29Julia Simon...

Ce n’est que début juin dernier que Julia Simon s’est remise à l’entraînement, à l’issue d’une saison 2025-2026 particulièrement réussie et d’un printemps tout entier consacré à se ressourcer. La triple championne Olympique de Milan-Cortina a volontairement prolongé la nécessaire coupure entre deux saisons, désireuse de renouer avec les choses simples de la vie avant de replonger avec envie dans la frénésie de sa carrière de biathlète. L’heure n’est pas encore aux objectifs ni aux ambitions. Le plaisir du tir, de l’effort, de la glisse et de la concentration revient naturellement et Julia laisse progressivement s’installer en elle son appétence naturelle pour la compétition et la gagne. L’été s’achève et la préparation monte progressivement en puissance, à coups de stages, de ski roulettes et bien entendu de tirs, un domaine où chez Julia, les bonnes sensations ne tardent jamais à très vite revenir.

Un long break bienvenu.
« J’ai profité du printemps pour voir un peu mes amis, pour faire aussi un peu la fête. Je suis pas mal montée à Paris, pour profiter un peu de la capitale et du bruit. Il est vrai que je ne prends habituellement pas beaucoup le temps de vivre des moments comme ça. Je me suis aussi octroyée une vraie semaine de vacances où je suis partie à la mer. Mais sinon, j’ai vraiment pris le temps de voir les amis, de faire des choses un peu différentes de ma routine sportive, et ça m’a fait vraiment du bien. »

Une reprise tardive
« J’ai repris l’entraînement un petit peu plus tard que d’habitude, début juin. J’ai fait une coupure totale de quelques semaines. A l’issue de la saison, je n’avais plus du tout le goût au sport. J’ai ressenti le besoin de tout couper. Et j’ai pris le temps de faire d’autres choses et de voir les amis surtout.
L’envie de refaire un peu de sport est revenue assez rapidement en juin. J’ai eu besoin de plus de temps mentalement. J’ai donc fait une reprise plutôt physique au printemps et je n’ai retouché la carabine qu’à partir de fin juin à peu près. Ça m’a demandé plus de temps pour me remettre au tir. Je n’étais pas prête mentalement à me replonger dans les exigences de cet exercice. »

L’aisance naturelle au tir
« La cara, ça revient vraiment vite. A partir du moment où il y a l’envie, les sensations reviennent vite. Au début, on se dit « est-ce que je vais encore savoir faire ? »  Il est vrai que la sensation de la posture du tir à la carabine n’est pas très agréable. Ça tire un petit peu partout dans le corps. Et puis, au bout de deux séances, c’est reparti. »

Endurance d’abord !
« J’ai commencé par un travail d’endurance mais en douceur, car j’ai tendance à avoir des petits problèmes de pieds et de chevilles, donc un peu de vélo, des petits footings pour préparer déjà mes pieds et une montée en puissance régulière en course. L’été, on profite des bons moments, des bonnes températures d’entraînement, malgré la canicule qui nous a contraint à adapter nos horaires. »

Un peu de compétition…
« On a remis le dossard de compétition en Norvège pour un Festival. Au mois d’août, c’est toujours bien de remettre les dossards pour faire du tir dans des conditions de stress et aussi d’excitation, quand on est essoufflé.
Les compétitions sérieuses vont revenir pour nous donner un peu de réponses quant à la qualité de la préparation. Ma routine d’entraînement me convient bien, mais j’avoue qu’à présent,  après ce bel été, je commence à avoir envie de mettre les dossards, de réduire un petit peu le volume horaire pour passer à de l’intensif, et de faire plutôt des compétitions ou du moins des séances qui me préparent à la compétition de cet hiver. »

Des roulettes à la glisse…
« Avec l’âge, j’apprécie de mieux en mieux l’alternance roulettes-skis. Je n’ai plus besoin de temps d’adaptation comme quand j’étais plus jeune.
A présent, de manière immédiate, je suis tout de suite techniquement bien placée. Donc, en fait, ça se passe vraiment bien. On prend plus de plaisir l’hiver sur la neige forcément. On est dans un environnement qui nous correspond plus. Mais en termes de travail technique, de gestuelle, le travail sur roulettes est le même qu’à skis, donc c’est vraiment bien pour nous permettre de nous entraîner avec une technique qui ressemble autant au ski. »

Les skis, bientôt !
« On est censé aller en Autriche sur un glacier de Ramsau en octobre. Mais avec toute la canicule et avec tout ce qui s’est passé, les glaciers ont dû beaucoup fondre, donc on attend de voir s’il y aura de la neige ou pas. Sinon, ce sera fin novembre pour la reprise. Il n’y a pas de révolution technologique d’une année sur l’autre en termes d’équipements, on est sur des choses acquises, des choses connues, avec des réglementations qui ont évolué sur les fartages. »

Dans le bon tempo
« La préparation estivale s’est vraiment bien passée. Je suis très contente. Physiquement, je ne suis jamais quelqu’un de très impressionnant l’été. Il me faut toujours des compétitions. J’ai tendance à dire que je suis un vrai diesel. J’ai besoin d’intensité, mais ça viendra avec le temps. Mais je suis satisfaite du travail que j’ai fait cet été. »

Le passé et l’avenir
« Je fais table rase des bons résultats du passé. Ça fait 4 ans que les saisons sont toujours aussi belles les unes que les autres. Quand je prends un peu du recul, je me dis qu’à un moment, ça va s’arrêter, ça va être difficile. Il faut savoir profiter des instants à venir. Oui, je fais table rase et en même temps j’arrive avec de la confiance. Mes titres, on ne me les enlèvera pas. Je peux aussi m’appuyer sur mon expérience. En tout cas, j’ai toujours envie de prendre autant de plaisir. C’est aussi ça qui fait que je suis toujours là, parce que je prends beaucoup de plaisir, que ce soit à l’entraînement ou en compétition. Donc j’ai toujours autant envie de vivre les moments de stress de la compétition. »

Sérénité !
« Après le tumulte des dernières années, je me sens plus sereine. C’est comme si j’avais accompli les choses dont j’avais toujours rêvé étant enfant. Un objectif, ça te fait vivre, tu ne sais jamais si tu vas y arriver, mais ça te fait te lever le matin. Et là, de les avoir atteints, oui, ça m’amène beaucoup de sérénité. »

Aujourd’hui, je laisse venir les choses parce qu’en termes d’objectifs de résultats, je n’ai pas du tout encore réfléchi à ça. J’ai envie de vivre les moments intensément. Je pense que l’objectif, ce sera de faire de belles compétitions. Je ne m’impose pas de performer à tel endroit, ou de jouer tel Globe. Ça prend tellement d’énergie mentale et que ces quatre dernières années m’ont pris tellement d’énergie. Depuis cette année, j’ai juste envie de faire du beau biathlon, me faire plaisir, faire les choses très posément, très calmement, aimer faire des performances. Bien sûr, je ne vais pas prendre le départ pour faire de la figuration, mais peut-être aborder les choses avec plus de relâchement.

Et la nouvelle saison ?
« Je sais que cette année, je ne pourrai pas faire le nouvel an avec les copains. Il y a des rendez-vous qui me tiennent à cœur, comme le Grand Bornand, avec du monde, à la maison, c’est toujours un bel événement. Il y a la famille, il y a des amis. Donc ça forcément c’est une date importante. Il me manque une victoire au Grand-Bornand, donc ça je commence à y penser de plus en plus, à me dire qu’il faudrait que je sois performante.
Et à Oslo aussi. Je n’ai jamais gagné à Oslo. Et il y a forcément les championnats du monde en février où on n’a pas envie de passer à côté. »

La concurrence ?
« C’est toutes les années pareil, la première Coupe du monde, on va toutes arriver motivées, on va se jauger, on va se regarder en chien de faïence. Personne n’est irremplaçable, donc forcément qu’il y a des gros noms qui vont arriver aussi. Et c’est intéressant aussi de se sentir poussée par les petites jeunes. »