Le sport pour tous : la preuve par l’exemple

Depuis 1988, la Fédération Française des Clubs Omnisports (FFCO) regroupe et soutient des clubs proposant plusieurs disciplines sportives sous un même toit, du loisir à la compétition.
La FFCO porte l’idée d’un sport accessible à tous les publics – enfants, adolescents, adultes, seniors -, vecteur de santé, de mixité sociale et de lien entre les habitants. Aujourd’hui, elle fédère plus de 1 200 clubs, près de 6 000 sections sportives et environ 880 000 pratiquants sur tout le territoire.

Tour d’horizon de clubs omnisports qui incarnent concrètement cette vision inclusive du sport.

Le sport pour les plus jeunes en Hauts-de-France

Le club omnisports « Lille Université Club » accueille des enfants de 4 à 14 ans sur le complexe sportif métropolitain d’Ennetières-en-Weppes. « Le sport pour les enfants, c’est hyper important » déclare les dirigeants du club.  « C’est une école de la vie ! Notre école fonctionne chaque mercredi et elle est articulée autour de quatre séances dans la journée et autour de quatre familles sportives comme les sports d’opposition, collectif, originaux et athlétiques. Cela permet aux enfants de découvrir de nombreuses pratiques et possiblement par la suite de faire un choix. L’idée est de proposer des activités ludiques tout en amenant les enfants vers l’appréhension et la compréhension des règles de chaque activité. »
À l’heure où la sédentarité et les écrans gagnent du terrain, ces programmes multisports contribuent directement à la santé et au développement psychomoteur des jeunes générations.

L’inclusion par le sport : un engagement quotidien

Le club sportif Bettonnais, commune située non loin de Rennes, propose toute l’année la pratique du sport pour des personnes en situation de handicaps. « Nous travaillons avec les résidents d’un foyer de vie qui ont des soucis mentaux et des déficiences visuelles. Ils participent chaque semaine à des séances multisports : sports de ballon, de raquettes, sur tapis et nous avons même du tir à l’arc. De plus, nous avons ouvert des séances pour certains jeunes provenant d’IME (Instituts Médico-Éducatifs). »  Ces activités sont encadrées par des éducateurs et des bénévoles très impliqués.
Cet engagement rejoint l’un des piliers de la FFCO : faire du sport un levier d’autonomie, de dignité et de reconnaissance sociale pour les publics les plus éloignés.

Le lien intergénérationnel, une richesse à préserver

Le VGA Saint-Maur, fondé en 1919, est l’un des grands clubs omnisports de l’hexagone. Comme dans beaucoup de clubs omnisports, il propose une pratique du sport pour les séniors à travers des séances proposées au résidents du domaine de l’abbaye de Saint-Maur et la résidence de la Cité Verte. « Nous animons deux groupes. L’un pour les séniors en capacité de marcher et l’autre pour les plus fragiles. Nous avons également lancé une activité autour d’un mur interactif qui permet de s’amuser tout en faisant du sport et surtout de mixer les générations. NeoXperiences est une console de jeu grandeur nature où le corps devient la manette. »
Dans un pays vieillissant, ces initiatives démontrent combien le sport peut être un outil de prévention santé et de lutte contre l’isolement.

Le sport comme tremplin social

Le Stade Bordelais est un chantre du sport pour tous. Ainsi, il propose de multiples activités pour les jeunes des QPV, pour les séniors avec des pathologies spécifiques et également un dispositif de remobilisation, d’insertion et de formation pour des jeunes NEET ((ni en emploi, ni en études, ni en formation). Enfin, le Stade Bordelais offre une formation BAFA pour des jeunes du Médoc qui habitent à la campagne. L’objectif est de former en soulevant les freins dont la mobilité et l’aspect financier.
Ce type d’action répond à un enjeu central pour la FFCO : remettre le sport au cœur du projet social des territoires.

Le sport toute la vie

L’AS Montferrand a pour raison d’être d’encourager et de promouvoir la pratique de l’activité physique tout au long de la vie afin que chacun puisse vivre plus longtemps et en bonne santé. Ainsi, le club propose à plus de 6000 licenciés de nombreuses activités au travers de 15 sections sportives et trois pôles d’excellence que sont l’ASM Sport-Santé Vitalité au service du grand public et au sein des entreprises et collectivités, l’ASM Performance et Innovation qui accompagne les sportifs de haut niveau en leur offrant un écosystème spécifique et favorable, l’ASM Sport Avenir Jeunesse pour favoriser l’éducation et l’intégration sociale et citoyenne des jeunes par le sport. De plus, l’ASM dispose d’un centre de santé de premier plan intégré délivrant 12000 actes par an. Il est réparti sur plusieurs sites : La Gauthière, la salle de lutte Diderot et le Centre de Formation Partagé entre l’ASM et le Clermont-Foot 63 sur le site des Gravanches, pour former la future élite du rugby.

Le sport, bien commun et enjeu d’avenir

Face aux défis de santé publique, de cohésion sociale et d’égalité des chances, les clubs omnisports représentent aujourd’hui un maillon essentiel du vivre-ensemble.
Ils s’adressent à toutes les générations, favorisent la mixité, créent du lien local et forment à la citoyenneté par l’action.
Soutenir ces clubs, c’est reconnaître le rôle structurant du sport dans la société : un outil d’éducation, d’émancipation et de solidarité, au-delà de la seule performance.
Pour la FFCO, « le sport n’est pas une activité comme une autre : c’est une force collective qui transforme durablement les individus et les territoires ».

FFCO : la Fédération qui défend le sport pour tous

Depuis 1978, la Fédération Française des Clubs Omnisports (FFCO) regroupe et soutient des clubs proposant plusieurs disciplines sportives sous un même toit, du loisir à la compétition.
La FFCO porte l’idée d’un sport accessible à tous les publics – enfants, adolescents, adultes, seniors -, vecteur de santé, de mixité sociale et de lien entre les habitants. Aujourd’hui, elle fédère plus de 1 200 clubs, près de 6 000 sections sportives et environ 880 000 pratiquants sur tout le territoire.
Alors que le gouvernement annonce la réduction du dispositif Pass’Sport, témoignage des deux coprésidents, Séverine Bardaud et Denis Lafoux, qui expliquent le rôle essentiel des clubs omnisports pour la société et nos territoires, ainsi que les enjeux et défis auxquels ils sont confrontés.

Une fédération unique en son genre

Créée il y a près de 50 ans, à une époque où le droit du sport était encore embryonnaire, la FFCO a vu le jour pour répondre aux besoins spécifiques des clubs omnisports, déjà structurés et confrontés à des problématiques complexes, notamment juridiques.
« À l’époque, tout reposait sur les usages, sans règles claires. Les clubs omnisports se retrouvaient souvent seuls face à ces défis », rappelle Denis Lafoux, coprésident.
Séverine Bardaud ajoute : « la création de la FFCO a permis de défendre leurs intérêts, de mutualiser les compétences et d’apporter un soutien, notamment juridique, indispensable à leur développement. »
Aujourd’hui, l’activité de la fédération s’est largement élargie notamment pour accompagner les clubs à développer des projets en lien avec les besoins de leurs territoires. Elle accompagne des structures très diverses, allant de « petits » clubs locaux aux grandes institutions sportives comme le Levallois Sporting Club ou le Cercle Paul Bert à Rennes. Parmi ses membres figurent aussi des clubs emblématiques du sport français, tels que le Racing Club de France ou le Stade Français, symboles de la richesse et de la diversité de l’omnisports en France.

Les clubs omnisports, acteurs sociaux et éducatifs

Pour la FFCO, le club n’est pas seulement un lieu de pratique sportive multiple : c’est un véritable acteur du lien social et du dynamisme local.. Séverine Bardaud explique : « nos clubs sont ouvert à tous, quel que soit l’âge, le niveau ou les moyens financiers. La diversité des disciplines permet à des publics très différents de se croiser, de partager des espaces, des temps et des valeurs communes. Certaines disciplines restent socialement marquées et le fait de les réunir sous un même toit favorise un décloisonnement. Dans un même club, un enfant issu d’un quartier populaire peut pratiquer aux côtés d’un autre issu d’un milieu plus aisé. C’est un outil formidable de cohésion sociale. »
Au-delà de l’inclusion sociale, ces structures sont aussi des leviers pour promouvoir la santé publique sur tous les territoires. La fédération s’appuie notamment sur un concept fort : la littératie physique, qui vise à donner à chacun, dès l’enfance, la confiance et les compétences nécessaires pour rester actif toute sa vie.
Cette philosophie se concrétise notamment à travers des projets comme les écoles omnisports, et leurs déclinaisons parasports, où les enfants découvrent différentes disciplines ou grandes familles d’activités, comme les jeux de raquette ou l’athlétisme. Denis Lafoux précise : « un enfant qui a expérimenté plusieurs disciplines aura plus de facilité à rester actif plus tard, quels que soient les aléas de la vie. C’est notamment important pour lutter contre le décrochage sportif, particulièrement fréquent chez les 14-17 ans. Ces écoles peuvent aussi servir de tremplin vers une pratique plus spécifique ».
Séverine Bardaud complète : « cela offre aussi la possibilité aux éducateurs au sein des clubs omnisports de renforcer leur polyvalence et contribue à pérenniser leur emploi. Développer ces écoles sur l’ensemble du territoire fait partie des grands enjeux de notre mandat 2025-2028. »

L’alerte sur le Pass’Sport : « un coup dur pour l’inclusion »

Pourtant, ces ambitions se heurtent parfois à des réalités économiques. Alors que la FFCO milite pour un sport accessible à tous, elle s’inquiète vivement des récentes annonces concernant le Pass’Sport, un dispositif mis en place en 2021 pour aider les familles modestes à financer une partie des inscriptions sportives de leurs enfants.
« Supprimer l’aide pour les 6-13 ans est un non-sens total. C’est précisément à cet âge que se construisent la motricité, la confiance en soi, le goût de l’effort. Sans cette aide, des centaines de milliers d’enfants risquent de rester sur le bord du terrain » déplore Séverine Bardaud.
Denis Lafoux souligne l’impact direct sur les clubs : « dans certains clubs omnisports, la moitié des enfants bénéficiaient du Pass’Sport. Sa suppression pourrait fragiliser économiquement ces clubs, surtout dans les quartiers populaires ou en zones rurales ». Autre point de désaccord : le recentrage du dispositif sur les 14-17 ans. « À cet âge, le frein n’est pas forcément financier. C’est souvent l’absence d’une offre adaptée, moins compétitive, plus axée sur le plaisir ou la santé. Le gouvernement se trompe de cible » estime Denis Lafoux.
Pour la FFCO, le Pass’Sport n’est pas qu’une aide financière : c’est un outil indispensable pour garantir l’accès au sport et prévenir le décrochage, essentiel à la cohésion sociale.

L’avenir : jouer collectif pour sauver le sport

La FFCO se bat également pour défendre un modèle économique plus sain. Contrairement à d’autres fédérations, elle ne dépend pas des licences individuelles payées par les pratiquants. Son financement repose sur les adhésions des clubs, les subventions, et d’autres ressources diverses (partenariats, formations, etc.). Cependant, le modèle économique des clubs repose encore pour parties sur les subventions des collectives locales. Or, la diminution de leurs budgets représente une source d’inquiétude. « Nos clubs craignent surtout la baisse des financements de proximité, car ce sont eux qui soutiennent la vie quotidienne des associations » prévient Denis Lafoux.
Au-delà de la question financière, la FFCO plaide pour maintenir la coopération entre les sections et éviter la fragmentation du sport en fédérations rivales. « L’important, ce n’est pas de savoir si quelqu’un fait du basket ou du foot, mais qu’il pratique une activité physique, tout simplement. Et le club omnisports porte cette vision transversale et inclusive du sport » martèle Denis Lafoux.
Malgré les défis, la FFCO reste déterminée. Elle poursuit son action autour de six grands co-engagements : féminisation, santé, environnement, développement économique, enfance et performance sociale.
Séverine Bardaud conclut : « si d’ici 5 ans, la FFCO est reconnue comme un acteur central des politiques publiques sportives, capable de proposer des solutions concrètes et locales aux grands enjeux de société, alors nous aurons réussi notre mission. »