The Famous Project : ouvrir la voie en mer comme à terre

Alexia Barrier, skipper of Ultim Idec Sport – CIC, training before the start of La Route du Rhum Destination Guadeloupe, off Brest Iroise sea, on october 1, 2026
Photo © Jean-Marie LIOT / The Famous Project

Alors que les entraînements s’intensifient et que les préparatifs pour la Route du Rhum – Destination Guadeloupe s’accélèrent, Alexia Barrier ne relâche pas non plus ses efforts à terre. La navigatrice, accompagnée de son équipe The Famous Project, profite de la vitrine de cette course légendaire pour porter haut ses convictions : transmettre aux plus jeunes, protéger l’océan et inspirer par un leadership au féminin.

Dans moins d’un mois, Alexia Barrier s’élancera en solitaire à bord de l’ULTIM IDEC SPORT-CIC pour une traversée de l’Atlantique aussi intense que symbolique. Au-delà du défi sportif, c’est aussi une manière d’ouvrir la voie et insuffler une envie de large aux jeunes filles et aux femmes qui en rêvent.

TRANSMETTRE : l’océan comme terrain d’apprentissage
Dans le village à Saint-Malo comme dans les écoles, Alexia Barrier a à cœur de partager son aventure avec les plus jeunes. Pour cette Route du Rhum 2026, plus de 50 classes, de Brest à la Guadeloupe, en passant par les Alpes-Maritimes, se sont déjà inscrites pour suivre le sillage d’Alexia grâce au kit pédagogique créé par son association 4myplanet. Au programme : comprendre le bateau, mieux connaître Alexia et son équipe, appréhender l’océan et les changements qu’il subit. Sur les pontons malouins, les plus chanceux auront l’opportunité d’échanger directement avec la navigatrice lors de temps dédiés.

Hélène Urrutti, enseignante et chargée de mission 4myplanet
« Lorsque Alexia arrive dans une classe, la majorité des élèves en ressortent en voulant devenir skipper ! Ils sont à la fois admiratifs et comprennent que c’est à leur portée. En novembre, lorsque Alexia sera sur l’eau, elle répondra à leurs questions par vidéo entre deux manœuvres. C’est important pour elle de garder ce lien avec la jeune génération, même en course. 
Nous sommes également partenaires des opérations mon cartable connecté, qui aide les enfants hospitalisés à suivre leur scolarité, et Adopt a float, qui permet à certaines classes d’adopter un flotteur scientifique et ainsi découvrir l’océan sous un autre regard. » 

INSPIRER : un leadership à visage humain
Seule à bord mais bien entourée à terre, Alexia a forgé un collectif solide, prêt à affronter toutes les tempêtes. Grâce à ses années de meneuse au basket-ball, elle a façonné au sein de son équipe The Famous Project, un modèle de management fondé sur la complémentarité et la confiance. Une approche qu’elle partage régulièrement auprès de dirigeants et de chefs d’entreprise. Elle intervient régulièrement auprès des collaborateurs du CIC et de SOPRA STERIA, et cette année elle a également eu l’opportunité de le faire  devant 1200 leaders de SANOFI, auprès de l’Institut Français des Administrateurs, ainsi qu’à l’ESCP Business School.

Alexia Barrier, skipper d’IDEC SPORT-CIC
« Je prends régulièrement la parole pour partager ce que la course au large m’a appris du leadership : faire de l’incertitude et de la vulnérabilité des forces, construire des liens de confiance, faire collaborer des personnalités très différentes et permettre à chacun d’être performant sans perdre l’humain. The Famous Project est finalement un laboratoire grandeur nature. Le Trophée Jules Verne a été particulièrement intéressant à ce titre : réunir des navigatrices internationales très expérimentées, créer un collectif autour d’un objectif qui n’avait jamais été atteint par un équipage féminin et apprendre à transformer les individualités en équipe. »

INNOVER : la course au large au service de la science
Depuis toujours, Alexia Barrier voue aussi une passion pour la science, surtout lorsqu’elle étudie l’écosystème marin. Entourée de ses partenaires, l’IOC-UNESCO, l’IFREMER et l’Océanopolis de Brest, elle embarquera en novembre prochain un baromètre haute précision et une bouée météo qu’elle larguera dans l’Atlantique. Des instruments qui permettront de mesurer des données essentielles comme la température de l’eau et la pression atmosphérique.

Alexia Barrier, skipper d’IDEC SPORT-CIC
« Je veux que chaque mille parcouru soit utile à la connaissance de l’océan. Lors du Trophée Jules Verne, nous avons déployé deux flotteurs ARGO et une bouée météo. Cela a permis de collecter des données océanographiques dans des zones extrêmement difficiles d’accès. Nous avons également travaillé sur la dimension humaine de la performance, autour du sommeil en collaboration avec l’Institut du Cerveau. Sur des bateaux comme mon maxi-trimaran, très exigeants, ces données sont précieuses pour les chercheurs. »

Une course au large, comme la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, est une compétition exigeante mais aussi une formidable tribune pour les marins. À travers les différentes initiatives menées avec The Famous Project, Alexia Barrier entend bien ouvrir la voie sur l’eau, mais faire aussi bouger les lignes à terre.

L’heure de Laurent Bourguès

Le navigateur Laurent Bourguès, marseillais, lorientais d’adoption, entame sa dernière ligne droite avant de prendre le départ de sa première Route du Rhum – Destination Guadeloupe, le 1er novembre à Saint-Malo, direction Pointe-à-Pitre.

Il disputera cette mythique transat à bord de son Ocean Fifty, désormais aux couleurs du mouvement La French Fab, qui rassemble celles et ceux qui font battre le cœur de l’industrie française. Cette collaboration a pour ambition de fédérer un collectif d’entreprises souhaitant faire rayonner ensemble les savoir-faire de l’industrie française à travers un défi de course au large ambitieux, comme celui porté par la structure Laurent Bourguès Sailing Team, autour de points communs tels que la force du collectif et la technologie.

Interview de Laurent Bourguès…

1) Es-tu prêt pour ta première Route du Rhum ?

Mentalement et physiquement, je me sens prêt. J’ai énormément travaillé pour arriver jusque-là et, maintenant, j’ai surtout hâte d’être sur la ligne de départ.
Côté bateau, nous sommes dans la dernière ligne droite. Avec mon équipe, nous cherchons à fiabiliser et optimiser notre Ocean Fifty La French Fab pour prendre le départ avec un bateau à la fois sûr et performant.
Il nous reste notamment trois améliorations importantes que nous aimerions pouvoir finaliser avant le départ : upgrader notre pilote automatique, installer un nouveau système de taquets largables et renforcer les protections du cockpit.
Ce sont des investissements supplémentaires, mais qui peuvent faire une vraie différence lorsque l’on traverse l’Atlantique en solitaire sur un trimaran Ocean Fifty.
C’est aussi pour cela que l’aventure reste ouverte à de nouveaux partenaires et soutiens jusqu’au départ. Chaque entreprise qui nous rejoint aujourd’hui peut contribuer très concrètement à rendre le bateau plus sûr, plus fiable et plus performant.

2) Comment s’est déroulée ta saison 2026 ?

2026 est avant tout une saison de progression et de montée en puissance. Après avoir consolidé le projet et fédéré de nouveaux partenaires, nous avons pu relancer le programme sportif au printemps.
Depuis, chaque course nous permet de franchir un cap : notre pourcentage de polaire augmente à chaque confrontation, preuve que nous exploitons de mieux en mieux le potentiel du bateau.
L’autre grande satisfaction, c’est la fiabilité : nous avons enchaîné les courses et les milles sans aucune avarie, ce qui est très rassurant à l’approche de la Route du Rhum.
Enfin, le travail avec mon routeur Benoît Mariette est de plus en plus précis et efficace. On apprend à mieux fonctionner ensemble à chaque course.
Je retiens donc surtout une dynamique très positive : un bateau plus rapide, fiable, et un ensemble skipper-équipe-routeur qui monte en puissance au bon moment.

3) Quels sont tes objectifs sur cette Route du Rhum ?

Mon but principal est d’arriver en face, quoi qu’il arrive. J’ai clairement le potentiel pour finir en milieu de tableau et je ne m’interdis pas de rêver d’un podium.
Sur une transatlantique, les éventuelles différences de vitesse entre les Ocean Fifty au départ seront davantage lissées. J’ai toutes mes chances de bien figurer avec mes armes.

4) Peux-tu nous parler de ton bateau, l’Ocean Fifty La French Fab ?

C’est un plan Irens/Cabaret de 2009. Il a été lancé pour Prince de Bretagne et Lionel Lemonchois. Il a gagné la Route du Rhum 2010 avec Lionel.
C’est un bateau fiable, un véritable 4×4. Il est haut sur l’eau et dispose d’un cockpit adapté au solitaire. Il a vraiment été pensé pour cette course, contrairement à d’autres voiliers de la classe Ocean Fifty, davantage typés « grand prix ».

5) La concurrence sera élevée en Ocean Fifty sur cette transat. Peux-tu la décrire ?

Depuis mes premiers pas en Ocean Fifty, en 2023, j’ai vu une sacrée évolution en termes de niveau. Il a clairement augmenté, aussi bien techniquement que sportivement.
Les marins ne lâchent rien et la concurrence sera très élevée, tout en étant assez homogène.

6) Tu as annoncé mi-septembre l’arrivée du mouvement La French Fab à tes côtés. Peux-tu nous en dire plus sur ce partenariat et nous dire où tu en es côté budget ?

Quatre de mes partenaires lyonnais m’ont présenté La French Fab et nous nous sommes vite entendus, car l’industrie et mon défi ont de nombreux points communs.
Mon projet est un concentré de technologies dans de nombreux domaines : l’accastillage, l’informatique, l’électronique, la conception et la construction, la fabrication des voiles… C’est également le cas des industriels qui appartiennent au mouvement La French Fab. Ils pourront s’identifier à chacune des dimensions techniques de mon bateau, sans lesquelles la performance globale serait impossible.
La French Fab, lancée en 2017 par Bpifrance, n’est pas un partenaire financier, mais elle va me permettre d’étoffer un réseau et de convaincre certaines entreprises de me soutenir pour la Route du Rhum et pour la suite.
Je rêve notamment de construire un nouvel Ocean Fifty, ce qui s’inscrirait totalement dans mon parcours.

7) En quelques mots, peux-tu nous relater ton parcours ?

Je suis avant tout un sportif de haut niveau. Jeune, j’étais au pôle France de Marseille en Laser. J’ai ensuite migré à Lorient pour faire de la course au large. J’ai le souvenir d’avoir toujours été féru de la fabrication et de la conception d’objets.
C’est Yvan Bourgnon et son trimaran ORMA qui m’ont véritablement mis le pied à l’étrier de la course au large, il y a près de vingt ans, lorsque je suis arrivé, fraîchement émoulu de mes expériences marseillaises.
J’ai ensuite pu enchaîner avec de nombreux chantiers de préparation d’autres trimarans ORMA, notamment Gitana, Sodebo ou Banque Populaire. Le multicoque est ainsi entré dans mon ADN de coureur, au rythme des convoyages et des navigations d’entraînement.
J’ai ensuite fait mes classes en Mini 6.50, avec deux participations à la Mini Transat, en 2007 et 2009, et en Figaro 2, avec la Transat AG2R 2010 et un début de saison qualificatif pour la Solitaire en 2011. Puis, faute de budget, je suis devenu boat captain et directeur technique, notamment pendant plusieurs années auprès de Thomas Ruyant, sur ses IMOCA Le Souffle du Nord puis LinkedOut.

8) Enfin, tu as couru ces dernières années pour l’association Bonnet Rose. Diffuseras-tu encore ses messages sur cette Route du Rhum ?

Oui ! Je continue, depuis le début de l’année, à soutenir cette association qui m’a beaucoup donné à travers les échanges et les partages de ces dernières années.
Je fais naviguer des adhérentes pour célébrer la rémission toute l’année et j’interviens également régulièrement auprès de l’association. Tout au long de ma carrière, j’ai toujours essayé d’accompagner des associations, en leur donnant un coup de main et en les faisant rêver au grand large.