Un Horn pour l’Histoire

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Il était 15h14 ce mardi 6 janvier 2026 lorsque le Maxi Trimaran IDEC SPORT de The Famous Project CIC, mené par son très international équipage composé de Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson), a franchi le cap Horn. Un moment d’histoire à figer dans la longue et belle histoire des courses océaniques puisque jamais jusqu’alors, un équipage entièrement féminin n’avait paré, en course, sans escale et en multicoque, ce fameux rocher chilien. En leur 38ème jour de navigation et près de 16 000 milles parcourus (25 700 km), les navigatrices peuvent entamer le dernier morceau de bravoure de leur périple, la remontée de l’immense Atlantique. Plus que jamais, le colossal challenge rêvé par Alexia Barrier et ses navigatrices de boucler un tour du monde sans escale et en maxi multicoque prend, avec chaque mille avalé en direction d’Ouessant et Brest, corps et consistance.

 

Un Pacifique relativement clément

Entrées dans le Pacifique, à la longitude de la Tasmanie le 26 décembre dernier, les navigatrices de The Famous Project CIC auront mis un peu moins de 11 jours pour rallier le cap Horn distant alors de 3 800 milles. Une traversée rapide, marquée par 48 heures de très gros temps, avec une mer infernale et des vagues de plus de 8 mètres, et ce vent soufflant en rafales à plus de 50 noeuds. L’équipage, désormais parfaitement rôdé aux manœuvres et à la conduite du maxi trimaran y a fait preuve de solidité, de cohésion et de sang-froid, toujours confronté à ce hook de grand-voile récalcitrant qui l’a parfois contraint à mettre en fuite pour effectuer une prise ou un renvoi de ris. Une trans Pacifique placée sous le signe de la constance, le maxi trimaran alignant avec une belle régularité des journées à plus de 550 milles, sur une route certes très nord, mais efficace et rationnelle, en bordure des virulentes dépressions du grand sud. Soumises à la fatigue, au froid, à la neige, mais toujours aussi appliquées aux réglages, à l’anticipation et au pilotage affiné du Maxi Trimaran, les 8 navigatrices de The Famous Project CIC y auront affirmé cette solidarité et cette bienveillance permanente, signatures d’un tour du monde qui plus que jamais leur tend désormais les bras.

 

Des marqueurs internationaux

Si l’arrivée à Ouessant est encore loin et le parcours semé d’embûches, le Horn reste cependant un important marqueur dans ces navigations de l’extrême, toujours aussi difficile à franchir, au point que rares sont les navigatrices, en solitaire ou en équipage à l’avoir paré dans le cadre d’une circumnavigation sans escale. On le répète, l’équipage de The Famous Project CIC est le premier constitué à 100% de navigatrices à le doubler sans escale depuis Ouessant. D’autres femmes, 19 au total, en solitaire sur le Vendée Globe (13 femmes), la Barcelona World Race (2), Golden Globe race (1), Global Solo Challenge (1), ou en multicoque comme Ellen MacArthur en solo ou Dona Bertarelli au sein d’un équipage mixte, ont aussi réalisé ce véritable exploit. A bord de The Famous Project-CIC, elles sont nombreuses à tirer une gloire très personnelle de ce passage. La Néerlandaise Annemieke Bes pourra dorénavant se targuer d’être la première navigatrice du plat pays à franchir ainsi dans les conditions décrites plus haut ce fameux cap, qui doit par ailleurs son nom au grand explorateur Néerlandais Jacob Le Maire et sa ville natale de Hoorn. Une première que l’Italo-Américaine Molly LaPointe pourra elle aussi revendiquer pour l’Italie. Quant à la Britannique Deborah « Debs » Blair, du haut de ses 25 ans, elle serait la troisième plus jeune femme après Ellen MacArthur et Violette Dorange à naviguer ainsi en ces eaux antarctiques.

 

Un tiers du parcours encore à couvrir…

Pas plus que Bonne Espérance, Leeuwin ou la Tasmanie, ce cap Horn ne constitue une étape. Plus de 7 000 milles restent encore à parcourir, soit un tiers de l’épreuve. Chacune à bord en a pleinement conscience et tous les esprits, une fois passée la légitime célébration du passage sous le fameux rocher, se tourneront vers le passage à l’île des Etats, les Malouines et les retrouvailles avec cet arbitre des navigations en Atlantique Sud, l’anticyclone de Sainte Hélène.

 

Alexia Barrier : « Une émotion collective »

« L’émotion au passage du Horn n’est pas la même que celle connue en 2021 lors du Vendée Globe. Elle est tout aussi forte, mais elle est différente. Lors du Vendée Globe, le cap Horn était un moment très intime, presque solitaire, chargé de fatigue, de tension et de responsabilité individuelle. J’ai eu une très mauvaise météo et j’avais très peur. J’ai beaucoup pleuré. Aujourd’hui, l’émotion est profondément collective. Elle se partage. Elle circule dans les regards, dans les silences, dans les gestes. C’est un cap vécu ensemble, avec un équipage soudé, sur un bateau d’une puissance exceptionnelle. La solitude a laissé la place à la conscience de ce que nous vivons. »

 

« Un cercle très fermé ! »

« Franchir le cap Horn, c’est entrer dans un cercle très fermé. Peu d’équipages, encore moins d’équipages féminins, et absolument aucun équipage féminin à bord d’un multicoque géant lancé à haute vitesse autour du monde y sont parvenus. Ce passage est profondément engagé. Il demande une préparation extrême, une vigilance de chaque instant, et une confiance totale entre le bateau, l’équipage et les éléments. Quand on passe le Horn, on sait que le plus dur est derrière nous. Les mers du Sud, leur isolement, leur froideur, leur intensité permanente, forgent les marins et les collectifs. Cela ne veut pas dire que la suite est facile. »

 

La validation d’un projet solide

« Le Nord Atlantique en hiver peut être tout aussi coriace, imprévisible et exigeant. Mais ce cap marque une bascule. Une étape où l’on sent que l’équipage a tenu, que le projet est solide, et que l’aventure est entrée dans une nouvelle phase. C’est à la fois une libération et une transition. On sent que quelque chose s’ouvre, que l’horizon change. Pour The Famous Project CIC, ce passage est à la fois un symbole et une validation.

Celle d’un engagement total, d’un collectif international soudé, et d’un projet unique qui s’écrit au féminin, à très haut niveau, dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète. »

 

Un Pacifique clément

« Le Pacifique a été relativement clément, mais ce serait réducteur de s’arrêter à ce mot. Il a surtout aussi été exigeant. De longues phases rapides, de la pression, du froid, de l’humidité, et une vigilance permanente. Plus de 48 heures avec des vents établis autour de 40 nœuds et une mer formée, avec des vagues de près de 5 mètres.

Ces conditions ont été très éprouvantes physiquement et mentalement. Ce sont des moments où l’on ne triche pas : le collectif, la préparation et la confiance entre les navigatrices font toute la différence. Avoir traversé ces phases difficiles avant d’aborder le cap Horn renforce la conviction que l’équipage est prêt pour la suite du parcours. »

 

« L’équipage a mûri » :

L’équipage est plus calme, plus posé, plus confiant. Les automatismes sont là. Les décisions sont plus fluides. Chacune connaît sa place, ses forces, ses limites, et celles des autres. Il y a moins de mots, mais plus de compréhension. C’est le signe d’un collectif qui a mûri en mer. L’équipage est plus solide, plus aligné, plus expérimenté. Nous avons grandi ensemble, dans l’effort, dans la durée, dans la performance. C’est un équipage qui sait durer, s’adapter et avancer ensemble et qui a appris à naviguer plus vite. »

 

Gmür Hornell : « J’étais vraiment impatiente de passer le cap Horn. C’est un peu l’Everest de la voile, une expérience que peu de gens ont la chance de vivre, et je suis heureuse de pouvoir le rayer de ma liste.

Je pense avoir mûri en tant que navigatrice hauturière. J’ai appris à mieux gérer mes émotions et mon physique dans des conditions difficiles.

Rester en mer aussi longtemps est en soi un défi de taille et une expérience que peu de gens vivent, sans parler des conditions auxquelles nous sommes confrontées au quotidien.

Je suis vraiment heureuse de cocher l’océan Austral et de repartir vers le nord. Nous considérons chaque cap comme un nouveau départ, et le cap Horn ne fait pas exception. Maintenant que nous l’avons franchi, nous entrons dans un nouvel océan et affrontons un nouveau défi, et nous nous rapprochons un peu plus de notre objectif final, qui est d’arriver au bout ! »

 

Dee Caffari : « Chaque passage est unique et une bénédiction. Je sais que lorsque nous partons, tous les marins ne parviennent pas à le franchir, donc quand on y arrive, c’est spécial. J’ai la chance que chaque passage ait été très différent pour moi. En solo, en équipe, à la tête d’une équipe, dans le bon sens et dans le sens inverse. Cette fois-ci, c’est avec une équipe de marins remarquables sur un bateau très spécial, et cela a pris très peu de temps.

Le Sud a été très différent de mes expériences précédentes. Il n’a pas été aussi hostile, mais cela dit, l’état de la mer n’a pas toujours été facile. Sur un maxi trimaran, l’état de la mer est primordial. Cette machine ne demande qu’à aller vite, il a donc été crucial de la gérer dans des conditions maritimes difficiles. L’autre différence majeure est que ce bateau a un franc-bord élevé, ce qui donne l’impression d’être loin de la mer et donc d’être moins humide et d’avoir moins froid que dans mes souvenirs.

Je suis très heureuse pour les débutantes du bord, elles sont ravies d’avoir franchi cette étape importante et elles ont raison de l’être, c’est un exploit considérable. La difficulté, c’est qu’il reste encore 7 000 milles à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée et que l’Atlantique peut être cruel. Il est important de rester concentrées et diligentes pour les derniers milles, même si nous les parcourons avec plus de confiance et de vitesse.

Je pense qu’Alexia et moi travaillons bien ensemble et que nous avons une bonne maîtrise du bateau. Nous sommes également plus confiantes dans sa configuration et son contrôle. Comme c’est souvent le cas, maintenant que nous avons parcouru tous ces milles, nous sommes mieux préparées pour courir à fond ! »

 

Le saviez-vous ?

3,95 milliards de femmes sur la planète

870 femmes ont atteint le sommet de l’Everest

75 femmes ont volé dans l’espace

Et seulement 25 femmes ont passé le CAP HORN en course.

 

 

 

On continue !

Un Maxi trimaran, grand voile bloquée à hauteur du deuxième ris. 16 800 milles (31 114 km) de route à parcourir ainsi handicapé sur les océans les plus hostiles de la planète. La ville du Cap droit devant, dont les sirènes appellent à l’escale… autant d’axiomes, d’éventualités qui depuis 36 heures et l’avarie de hook, tournent en boucle dans les cœurs et les esprits des 8 femmes de The Famous Project CIC. S’arrêter pour réparer et continuer à naviguer, et c’est un Trophée Jules Verne qui capote. C’est surtout, par-dessus tout, un rêve, une envie, une passion, celle de devenir le premier équipage féminin à boucler un tour du monde sans escale, sans assistance et en maxi multicoque, qui s’éteint. Et ce projet d’une vie, ce Graal nautique inédit, aucune des 8 navigatrices du bord n’est en ce quinzième jour d’aventure, prête à l’abandonner.

Alors, hook ou pas, voilure réduite ou pas, la décision a été unanime, entre pleurs, soupirs et sororité, Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson), les yeux dans les yeux, ont irrévocablement choisi de poursuivre leur aventure. Elles iront au bout ! La longue route continue, malgré les aléas, les inconnues, les doutes. The Famous Project CIC tiendra ses promesses. « Because a dream is a lie if it dont come true » (Bruce Springsteen -The river).

Hook de grand voile récalcitrant

Six heures durant vendredi dernier, tout l’équipage de The Famous Project CIC s’est mobilisé sur le pont du Maxi trimaran IDEC SPORT au ralenti au cœur de l’Atlantique Sud. La cause, un « hook » récalcitrant, coincé, bloqué, empêchant de renvoyer la grand voile à hauteur du 2ème ris. Un « hook », c’est une sorte de crochet qui va prendre la charge de la tension d’un guindant d’une voile pour l’envoyer en tête de mât. On hisse et on bloque la voile en partie haute avec ce crochet. Démontage, inspection, réparation, remontage… au prix de plusieurs ascensions à l’extérieur mais aussi à l’intérieur du mât aile du bateau, chaque équipière a patiemment, assidument pris sa part dans ces tentatives de réparation : « Bex, d’abord. « explique Alexia, « Une volonté incroyable. Un talent brut. Elle est montée à l’intérieur du  mât, à plus de quinze mètres de haut, sur une mer formée, pour aller vérifier la pièce sur laquelle s’accroche le « hook ». Dans la VHF, on l’entendait. À chaque secousse, un gémissement. Là-haut, c’est violent. Et nous, en bas, on avait  mal pour elle. Molly, toujours prête à bricoler. Debs et Annemieke, à chercher, fouiller, trouver le bon matériel. Stacey, avec ses idées, son expérience, son regard. Pendant ce temps-là, Tamara tenait la barre. Dee écoutait, coordonnait, gardait la vision d’ensemble. Et moi, en lien permanent avec l’équipe à terre pour recevoir, croiser et transmettre les informations. »

Alors, pourquoi, comment continuer la route ?

Mais peine perdue ! La grand voile demeurait obstinément bloquée au niveau du deuxième ris. Avec le J3 (trinquette) à l’avant, le maxi trimaran se trouvait alors parfaitement toilé pour les conditions du moment, avec l’arrivée de cette grosse dépression australe et ses vents à près de 40 noeuds. Plein est, le voilier retrouvait une allure régulière et l’équipage remettait à plus tard, sous l’Afrique du Sud, ses espoirs d’éventuelles réparations. Insidieusement pourtant, la petite musique de l’arrêt au stand, voire, de l’abandon, commençait à s’insérer dans les esprits.
« On a pensé que c’était rédhibitoire et on a commencé à se faire à l’idée de devoir s’arrêter. » poursuit Alexia.  « J’ai demandé à Christian Dumard (routeur à terre) de faire des routages à 70 % de notre potentiel, pour évaluer notre capacité à naviguer à allure raisonnable. Il nous a fallu accepter de naviguer sous notre actuelle configuration, avec cette énorme contrainte de devoir arrêter le bateau plusieurs heures à chaque changement de ris. On est aux portes du Grand sud et on s’est dit que ça valait la peine de continuer. On a partagé ces perspectives entre nous, et c’est reparti ! »
L’aventure de The Famous Project CIC continue. Alexia et ses 7 équipières devront réinventer une autre manière de naviguer, parfois sous toilé, avec d’autres angles au vent, d’autres manières de porter leurs voiles d’avant, bref, d’autres difficultés ajoutées à leur titanesque challenge autour du monde. Défi accepté, qui donne encore plus de relief, de piment, de mérite à cette circumnavigation de toutes les découvertes et de toutes les inconnues.

Alexia Barrier….

« C’est que vous n’allez peut-être pas me croire… mais on a failli décider d’arrêter. Ça fait deux jours qu’on y pense. Deux jours qu’on ne pense qu’à ça. Qu’on évalue. Qu’on analyse. Qu’on retourne la question dans tous les sens.
Parce que, dans une grande aventure, la décision la plus difficile à prendre… ce n’est pas de partir. C’est celle d’abandonner.

L’avarie mécanique qui nous touche n’est pas anodine. Elle est sérieuse. Mais elle ne met pas en péril notre sécurité. Elle met en péril la vitesse. Le record. Les chiffres.
Elle ne met pas en péril notre histoire. Ni notre rêve. Ni notre ambition d’écrire une page de notre sport en devenant le premier équipage féminin à boucler un tour du monde sans escale et sans assistance sur un maxi multicoque.

Alors oui… on ira moins vite. Et oui… on est compétitrices. Donc ça pique un peu. Mais ce qu’on vit ici est exceptionnel. Unique. On va moins vite… mais on est ensemble.
Ensemble pour battre nos peurs. Nos doutes. Nos angoisses. Ensemble pour progresser. Ensemble pour vivre le Grand Sud. Et ça, franchement… ça n’a pas de prix.
En tout cas, pas celui de quelques nœuds volés par une pièce mécanique défaillante.
Alors cette décision, on l’a prise. Celle de continuer.
J’ai beaucoup échangé. Avec Christian Dumard. Avec  Brian Thomson aussi. Avec l’équipe à terre. J’ai senti la puissance du soutien. Technique. Humain.
Et puis il y a eu les regards. Celui de mes parents sur WhatsApp. Mes yeux qui ont pleuré ces deux derniers jours, en se demandant si on était folles… ou simplement vivantes.
Et puis on a regardé devant. Avec lucidité. Ça ne va pas être simple. On va encore bricoler. Adapter. Composer.
Mais on y va. Parce qu’on avance encore. Parce que le bateau avance. Parce qu’on fait des milles. Parce qu’on est dans les temps d’une aventure immense.
Parce que personne ne se souviendra d’un chiffre…mais tout le monde se souviendra d’un aboutissement. Parce que, quoi qu’il arrive, on est en train de vivre quelque chose que très peu de gens vivront un jour. Parce que traverser le Sud à 30 nœuds dans 40 nœuds de vent, ça ne s’apprend pas dans un manuel. Parce que passer le Cap Horn en équipage féminin, sur un trimaran, ça ne s’efface pas.
Parce que, si un jour il faut s’arrêter, on saura le faire en conscience.
Mais pas maintenant. Pas ici. »

Le premier quart du tour du monde

Routeur, météorologiste, stratégiste, Christian Dumard est surtout un passionné de navigation à la voile. Conseiller météo sur plus d’une dizaine de tentatives de records du tour du monde, en plus de ses conseils auprès d’organisateurs de pas moins de 3 Vendée Globe, 3 Ocean races et 2 Golden Globe, il est, pour les navigatrices de The Famous Project CIC, la voix de la terre qui aide Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) à décrypter et à déchiffrer la meilleure route pour tourner autour du globe à bord d’un Maxi Trimaran de course au large.

Alors que The Famous Project CIC aborde dans d’excellentes conditions la fin hautement symbolique de la première phase Atlantique de son parcours du Trophée Jules Verne, Christian voit son respect et son admiration pour cet équipage 100% féminin croitre au fil des milles. Son approche toute en humilité et en prudence raisonnée s’avère au regard de l’immensité du challenge, la seule et bonne manière pour ambitionner de « boucler la boucle », et devenir le premier équipage entièrement féminin à finir un tour du monde en équipage et sans escale, avec le meilleur chrono possible.

 Une entrée en matière raisonnée.

Tandis qu’Alexia, Dee et les équipières en terminent avec leur deuxième semaine en mer, plusieurs vérités s’imposent à l’observateur, qui viennent donner à cette aventure hors norme toute sa saveur et toutes ses épices. Jamais cet équipage récemment concocté, n’a navigué aussi longtemps ensemble à bord d’IDEC SPORT. Seules trois de ces femmes ont l’expérience du grand sud, aucune à bord de maxi multicoque. Rarissimes sont celles à avoir navigué en course, en multicoque, autour du monde, et on pense naturellement à Tracy Edwards et ses équipières du catamaran Royal et Sun Alliance, contraint à l’abandon à mi-parcours. Dona Bertarelli sur Spindrift et Dame Ellen McArthur sur le trimaran B&Q Castorama peuvent, elles, se targuer d’en avoir terminé avec un tour du monde en multicoque. « Entrer prudemment dans ce tour du monde relève de la simple intelligence de mer » souligne ainsi Christian Dumard. « Toutes ces navigatrices font preuve d’un grand professionnalisme et d’une prudence mesurée sur ce type de bateau exceptionnel, au regard de l’âge vénérable de ce trimaran lancé en 2006, et au regard de leur ambition de finir cette course. Je suis très admiratif de leur capacité à mettre le curseur au bon endroit et de leur incroyable sérénité. C’est le tour du monde de la bienveillance, du vouloir bien faire, du partage, dans le calme et la bonne humeur mais aussi de la sportivité. Elles prennent le temps d’entrer dans leur course et de prendre toute la mesure de cet incroyable bateau que peu de marins ont su maitriser. Elles progressent chaque jour, chaque mille un peu plus et s’enhardissent sans s’affoler et sans excès. Elles prennent toute la mesure des potentialités, des spécificités du bateau, de ses limites aussi, et vont progressivement, à leur main, le solliciter chaque jour davantage. C’est là une approche très intelligente, qui préserve les organismes et le matériel. »

A la table des Grands…

Alexia le répète à l’envi, les 7 navigatrices et elle-même se sont invitées à la table des grands, sur un Trophée Jules Verne qui n’a vu que d’immenses marins oser tenter de se l’approprier, Peter Blake, Steve Fossett, Olivier de Kersauzon, Bruno Peyron, Franck Cammas, Thomas Coville, Francis Joyon… « Nous naviguons sur les épaules des géants » murmurait avec humilité Alexia Barrier. Leur progressive montée en puissance relève d’un calcul, d’une réflexion assumée. « La mise en route dès le départ a été lente » admet Dumard, « mais justifiée par un état de mer « casse bateau », 4 à 5 mètres de creux dans lesquels elles n’ont pas voulu prendre le moindre risque. Bien leur en a pris et elles ont pu bénéficier ensuite d’un alizé version tranquille, parfait pour continuer leur entrée en matière. Certes, le pot au noir s’est agrandi sur leur passage, et leur a fait subir toute une journée au ralenti. L’alizé de sud-est s’est montré très modéré et l’équipage a pu poursuivre leur apprentissage du bateau, de la longue vie en communauté, et se projeter dans cette première grosse réalité de leur tour du monde, l’entrée dans les régimes perturbés du grand sud. Un enchainement des plus favorable se présente à elles pour rallier le sud du continent africain, dans la nuit de dimanche à lundi prochain, au terme d’environ 16 jours depuis Ouessant. »

L’entrée dans le Grand Sud

C’est déjà la réalité pour l’équipage de The Famous Project CIC en cette fin de deuxième semaine, l’entrée dans les latitudes australes, le « pays de l’ombre » dont elles n’émergeront qu’en parant le Cap Horn, d’ici 3 à 4 semaines.  Le schéma météo immédiat montre des signes de divergence, ce qui laisse penser que le vent va osciller en force. Une ligne de nuages visible sur les images satellites se trouve exactement sur la route du bateau. Les rafales sous ces nuages sont plus fortes que le vent établi, incitant à la plus grande vigilance. L’approche du Cap de Bonne Espérance présente d’emblée un choix de route très marqué, entre une route « normale » au sud, et une route « conservatrice » au nord. L’équipage et les routeurs s’accordent pour rester au nord pendant les 24 à 48 heures à venir afin d’éviter les vents « très forts » et les rafales plus au sud à plus de 60 noeuds. L’option sud est plus rapide mais jugée trop extrême pour un premier contact avec une dépression du sud. La route conservatrice au nord est privilégiée pour réduire la hauteur des vagues et la charge sur le bateau, permettant à l’équipage d’entrer progressivement dans ces nouvelles conditions. A noter, le courant des Aiguilles* est à surveiller de près. Il convient d’éviter les situations où le vent serait contraire au courant, ce qui lèverait une mer dangereuse.

Dans les jours à venir, l’équipage vise à dépasser les vitesses prévues par le routage, de choisir la voile idéale pour le vent variable en journée et prévoir un changement afin d’anticiper un éventuel renforcement du vent ou une visibilité réduite.

*Le courant des Aiguilles est un courant marin de l’océan Indien. Il tire son nom du cap sud-africain des Aiguilles. Il s’écoule le long de la côte est sud-africaine, vers le sud-ouest, et est par endroit mesuré à plus de 4 noeuds.

The Famous Project / Top départ !

BREST, FRANCE – NOVEMBER 29, 2025 : Boat and crew of The Famous Project CIC, 100% women crew, are photographed before start for Trophée Jules Verne on November 29, in Brest, France – (Photo by Jean-Marie Liot / The Famous Project CIC)

Il était 14h40 ce samedi 29 novembre quand les 8 femmes de The Famous Project CIC, à bord du maxi trimaran IDEC SPORT, ont franchi la ligne de départ du Trophée Jules Verne, ce tour du monde de l’extrême, en équipage et en multicoque, sans escale ni assistance.

La date et l’heure méritent d’être soulignées, car depuis 1998 et la tentative hélas avortée de la Britannique Tracy Edwards sur le catamaran Royal&Sun Alliance, aucun équipage 100% féminin n’a relevé le gant de cet immense défi. L’Antiboise Alexia Barrier a d’ores et déjà réussi ce tour de force de se présenter au départ, avec un équipage international de 8 navigatrices de 7 nationalités différentes, âgées de 23 à 52 ans, venues de tous les horizons de la planète voile, de l’Olympisme à la course au large, et qui se sont ainsi élancées pour plus de 40 000 km de navigation de tous les dangers via les trois grands caps, Bonne Espérance, Leeuwin et Horn, à l’assaut du plus fabuleux des records à la voile, ce chrono établi il y a déjà 9 ans par Francis Joyon et ses 5 hommes d’équipage, 40 jours, 23 heures et 30 minutes.

Mais c’est bien l’instant, l’immédiat qui mobilise dorénavant toutes les incroyables énergies de ce remarquable attelage aux multiples compétences. Le golfe de Gascogne secoué par le passage d’un front, accueille les navigatrices avec sa mine des jours tumultueux, vagues de 4 à 5 mètres, et un vent de Nord Ouest heureusement bien orienté pour favoriser la glisse au portant. Un seul mot d’ordre, la prudence ! Ne pas casser, et s’amariner le mieux possible en attendant l’affaiblissement du vent et l’aplanissement de la mer, en milieu de semaine prochaine, quelque part au large du Portugal. Reviendront alors les sourires, la bonne humeur, la bienveillance dont Alexia a fait sa marque de fabrique, augurant d’un tour du monde décidément hors normes.

ALEXIA BARRIER, captain. « On est forte ensemble.  »

« Je suis très heureuse  aujourd’hui, en ce jour de départ pour le Trophée Jules Verne avec mon équipe. Je me sens très chanceuse et reconnaissante de tout le travail qui a été effectué ces derniers mois, ces dernières années, tous ensemble. C’est vraiment une célébration collective de partir sur cette ligne de départ.
Évidemment, j’ai un peu les chocottes parce que c’est énorme ce qu’on est en train de faire. Mais ce qui me rassure beaucoup, c’est d’avoir ces filles incroyables à mes côtés. Je ne suis pas en solitaire et je sais que mon équipe est au niveau.
On va être au portant jusqu’à l’équateur. Ce sont des conditions qu’on connaît bien. Plus loin, le pot au noir est encore mouvant. Comme dirait Brian Thompson qui nous a beaucoup aidé sur tout ce parcours de formation sur les trimarans avec les filles, « vous allez vivre les 24 heures les plus dures de votre trophée Jules Verne. »
Donc, il faut rester concentré et conservatrice pour ne pas se faire mal et ne rien casser le premier jour.
On n’a pas de cri de guerre, on se serre juste fort dans les bras.  Je sais qu’une fois qu’on aura quitté le pont, ça va recommencer à chanter, à sourire. Notre zone de confort, c’est d’être heureuses toutes ensemble. Je vois beaucoup d’émotions dans les yeux des filles et je suis contente de les embarquer là-dedans.
Je suis fière de ce qu’on a fait tous ensemble encore une fois. »

DEE CAFFARI : « Un très bon départ ! »

« Je suis étonnamment calme, mais je pense que je le suis pour aider tout le monde, car on peut sentir une certaine nervosité. L’objectif principal a toujours été d’arriver à la ligne de départ, et je pense qu’aujourd’hui, nous avons fait un grand pas en avant. C’est une étape importante, et je pense que cela mérite une petite célébration.
Le chemin a été long, avec des avancées et des reculs, mais Alexia n’a jamais perdu confiance ni foi en elle, et je l’ai soutenue tout au long du parcours. Je suis donc très heureuse d’être ici. Il s’agit aujourd’hui de rappeler aux filles que nous allons simplement naviguer, que c’est ce qu’elles font parfaitement, mais simplement qu’elles ne dormiront pas dans un lit pendant quelques jours. C’est exactement ce que nous avons pratiqué à l’entrainement, donc nous allons simplement partir, profiter et faire ce que nous savons faire. Nous voulions un départ parfait, mais la perfection n’existe pas en voile, car nous sommes à la merci de Mère Nature. Cela dit, c’est un très bon départ. »

Ils ont dit :

Daniel Baal, président du CIC : 
« Le moment est donc venu de souhaiter le meilleur à tout l’équipage de The Famous Project CIC. Bravo à Alexia d’avoir réussi à tenir son rêve et monter ce projet contre les vents contraires, et toujours avec enthousiasme et professionnalisme. Ce départ est déjà une victoire à mes yeux et prouve combien cet engagement va au-delà de la performance sportive. Le CIC est fier de soutenir The Famous Project CIC, car à travers cette action, nous souhaitons démontrer notre soutien à l’engagement au féminin dans toutes ses dimensions. Place maintenant au sport. A Alexia, Dee, Stacey, Tamara, Molly, Deborah, Rebecca et Annemieke, d’écrire leur histoire, leur aventure. Nous sommes avec elles. Faites-nous rêver »

Patrice Lafargue,  Président Groupe IDEC : 
« Nous sommes heureux d’accompagner Alexia Barrier et son équipage dans cette tentative du Trophée Jules Verne. Le maxi-trimaran IDEC SPORT porte une histoire unique, et le voir s’élancer aujourd’hui avec un équipage 100 % féminin prêt à relever l’un des records les plus exigeants est une immense source de fierté pour l’ensemble des collaborateurs du GROUPE IDEC.
Le Trophée Jules Verne incarne des valeurs fortes que nous partageons : respect de l’environnement, inclusion, passion, dépassement de soi et engagement. Oser, se fixer des défis et repousser les limites : voilà ce qui anime l’esprit d’IDEC SPORT et de l’ensemble du GROUPE IDEC. »

Eric Pasquier, Vice-Président du Conseil d’administration et directeur de la stratégie chez Sopra Steria :
« Nous sommes fiers d’accompagner ces huit navigatrices qui s’élancent dans une aventure hors norme. Au-delà des technologies que nous mettons au service de leur défi, c’est tout Sopra Steria qui porte avec elles cette tentative de record.
Leur audace et leur détermination résonnent profondément dans notre entreprise. Nous leur souhaitons le meilleur et saluons la portée de ce qu’elles vont tenter d’accomplir. »

Amanda Mille, directrice de la marque Richard Mille et des partenariats :
« Aujourd’hui marque une grande étape : le départ de The Famous Project CIC. Toute l’équipe Richard Mille se tient à vos côtés avec admiration et fierté. Votre audace, votre détermination et votre capacité à repousser tous les défis sont une source d’inspiration. » 

L’équipage The Famous Project CIC : 

Alexia Barrier (46) – France – Captain
Dee Caffari (53) – Great Britain – First Officer
Annemieke Bes (47) – Netherlands
Rebecca Bex Gmuer (25) – Switzerland – New Zealand
Deborah Blair (23) – Great Britain
Molly Lapointe (30) – American-Italian – Boat Captain
Tamara Xiquita Echegoyen (41) – Spain
Stacey Jackson (42) – Australia

The Famous Project CIC sur le Trophée Jules Verne ; départ samedi

Skipper Alexia Barrier and his crew training onboard the Maxi-Trimaran The Famous Project CIC, off Groix island, on July 8, 2025, Photo © Jean-Marie LIOT / The Famous Project CIC

Top départ prévu samedi pour le grand défi lancé au Trophée Jules Verne par Alexia Barrier et les 7 femmes de The Famous Project CIC ! Une « fenêtre » météo s’entrouvre sur le proche Atlantique en cette fin de semaine, et le maxi trimaran IDEC SPORT quittera dès samedi matin, entre 11 heures et midi, le ponton du port de Brest (quai du commandant Malbert), pour rejoindre la ligne de départ officielle des grands records à la voile, entre le phare du Créac’h sur l’île d’Ouessant et le phare du cap Lizard à la pointe occidentale de la Cornouaille anglaise. Alexia, Dee (Cafari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmuer), Deb (Blair), Molly (Lapointe), Xiquita (Etchegoyen) et Stacey (Jackson) se lancent à l’assaut du plus ultime des tours du monde, sans assistance, sans escale et en maxi multicoque. Leur longue préparation touche à sa fin, et c’est remplie d’envie, de confiance mutuelle et d’excitation qu’elles s’attaquent à l’époustouflant chrono signé en 2017 par Francis Joyon et ses 5 hommes d’équipage à bord de ce même trimaran de légende IDEC SPORT, 40 jours et 23 heures. Elles ambitionnent par-dessus tout de « boucler la boucle », et devenir ainsi le premier équipage entièrement féminin à réaliser cet exploit.

Franchissement de ligne de départ samedi après-midi !

« Il n’existe pas de fenêtre météo idéale », répète à l’envie Alexia Barrier, soutenue en cela par Christian Dumard, routeur à terre. Choisir son heure de départ est forcément un compromis, de vent, de mer, d’alignement des systèmes météos à court, moyen et long terme. L’espace offert ce samedi par la circulation de deux anticyclones sur le proche Atlantique incite au départ, avec d’emblée une course contre la montre et contre le déplacement d’une zone de haute pression en capacité de fermer la porte au large du cap Finisterre. « Le front passera sur la zone de départ samedi matin », explique Christian Dumard, spécialiste météo rodé à l’ultra vigilance sur l’évolution des masses d’air. « L’idée est de partir juste derrière, en début d’après-midi, dans un flux de Nord Ouest inférieur à 30 noeuds, qui ira mollissant. Cette fenêtre est très courte, et n’offre pas forcément de chances absolues de réaliser un temps « canon » à l’équateur. Mais elle propose des conditions de vent et de mer favorables à la glisse au portant, et à une entrée en matière relativement confortable pour l’équipage. »

Départ au portant dans une mer formée…

Un critère souhaité par Alexia et ses 7 femmes d’équipage qui refusent de se mettre d’emblée « dans le rouge ». « Nous quitterons Brest samedi, avant midi, et franchirons la ligne deux heures plus tard environ. Il y aura de la mer, avec une houle de plus de 4 mètres, parfaitement gérable à bord d’IDEC SPORT. » poursuit Alexia. « Le danger est que l’anticyclone centré au large du Portugal, en enflant, vienne nous bloquer au moment du passage au cap Finisterre. Il nous faudrait alors faire demi-tour et reprendre notre stand by à Brest. » Un scenario que les 8 femmes de The Famous Project CIC n’envisagent même pas, tant l’envie se lit sur les visages. « Toutes les équipes, navigantes et terrestres sont plus mobilisées que jamais pour réussir ce départ, et entrer enfin dans la belle aventure qui nous est promise… »

Le parcours du Trophée Jules Verne :
>> Couper la ligne de départ définie par une ligne reliant le phare du Créac’h sur l’île d’Ouessant et le phare du cap Lizard.
>> Faire le tour du monde en laissant à bâbord le cap de Bonne-Espérance, le cap Leeuwin et le cap Horn.
>> Recouper la ligne définie ci-dessus en sens inverse.
Distance orthodromique de 21 760 milles marins (40 300 km).

Record du Trophée Jules verne : IDEC SPORT, Francis Joyon 2017
40 jours, 23 heures, 30 minutes
22,84 noeuds de moyenne
Equipage détenteur : Francis Joyon, Sébastien Audigane, Gwénolé Gahinet, Alex Pella, Clément Surtel, Bernard Stamm

The Famous Project CIC entre en stand by….

The Famous Project CIC, l’immense défi de l’équipage 100% féminin concocté par Alexia Barrier pour s’attaquer au record du Trophée Jules Verne, le tour du monde à la voile, en équipage, sans escale et sans assistance, démarre aujourd’hui lundi 17 novembre sa phase de veille météo, son stand-by. Alexia et ses 7 femmes d’équipage, aidées par la cellule de routage à terre orchestrée par Christian Dumard, vont désormais scruter quasiment d’heure en heure l’évolution des grands systèmes météos non seulement en proche Atlantique Nord, mais aussi au-delà de l’équateur. Des discussions entre météorologistes et navigatrices émergeront, à plus ou moins long terme, une date et une heure fatidiques de départ à l’assaut de la planète mer et du chrono référence établi en 2017 par ce même Maxi trimaran, IDEC SPORT, 40 jours, 23 heures, 30 minutes et 30 secondes.

A la grande différence d’une course océanique où la date et l’heure de départ sont, sauf extraordinaire, gravées dans le marbre longtemps à l’avance, une tentative de record offre à ses protagonistes le privilège de choisir librement sa fenêtre météo « idéale » pour s’élancer dans les meilleures configurations de route possibles, afin de placer d’emblée le défi sur de bonnes bases contre les temps références du parcours.

Comme au casino
« Chercher la fenêtre idéale pour partir en record, c’est comme essayer au casino d’aligner toutes les cerises sur la machine à sous. Cela n’arrive jamais !» s’amuse Alexia Barrier. Une réflexion partagée par Christian Dumard ; « Les planètes ne s’alignent jamais vraiment. Avec le perfectionnement des outils d’analyse météo, les navigateurs, navigatrices, deviennent de plus en plus gourmands, et cherchent des prévisions et possibles choix de route à échéances de plus en plus longues. Nous entrons en réalité dans une phase de discussion, entre cellule de routage et équipage, pour décider du meilleur compromis. Car la décision finale sera forcément un compromis, entre court, moyen et long terme, estimations de route rapides à court, moyen et long terme, état de la mer, évolution des systèmes proches et éloignés….  Un choix dicté par la quête de performance, bien sûr, mais aussi par les impératifs de sécurité pour les femmes et le bateau, et de mise en jambes. Nous allons définir en amont ce que Alexia et ses filles considèrent comme leur fenêtre météo idéale, en prenant en compte le nécessaire amarinage, et l’absolue nécessité de ne pas casser !»

Patience et clairvoyance
« L’exercice du stand-by est nouveau pour moi » avoue Alexia, pourtant forte de plus de 20 ans de course au large sur tous les supports océaniques. « C’est la première fois que je me lance sur un record. Il faudra savoir être patiente. C’est rassurant d’avoir Christian Dumard à nos côtés. Je le connais depuis ma Transat Jacques Vabre 2007. Il va nous soumettre chaque jour une analyse précise des différents scénarios, à court et long terme. Nous en discuterons de manière très collégiale entre membres d’équipage, pour peser les pours et les contres des conditions de vent et de mer, des routes proposées, en regardant le plus loin possible, l’équateur et au-delà. A l’idéal, nous souhaitons naturellement des vents portants, générés par une dépression d’Atlantique Nord et sa rotation au Nord-Ouest qui n’aurait pas encore levé trop de mer, ou un anticyclone et ses vents d’Est, ou encore une dépression centrée très Sud que nous contournerions en sa bordure Nord. Partir avec l’idée, l’envie, l’ambition de parcourir un océan, Atlantique, Indien, Pacifique puis de nouveau Atlantique, tous les 10 jours, soit 40 jours de mer ! Quoi qu’il advienne, nous voulons surtout tracer notre sillon, profiter de chaque mille, et inscrire un temps référence pour un équipage féminin. »

Fermer les derniers dossiers….
« Nous clôturons tous les dossiers techniques cette semaine » poursuit Alexia. « Nous allons naviguer une dernière fois pour d’ultimes vérifications. Mais toute l’équipe à terre, pilotée par Clément Surtel, est en mode opérationnel. Un travail phénoménal a été accompli depuis le début de l’été, dans un temps et avec un budget impartis. L’équipage est incroyablement motivé et impliqué dans la gestion de ce stand-by. Avec l’aide du comité santé-nutrition que nous avons mis en place, nous veillons désormais à nous préserver, afin de partir au mieux de notre forme. »

Pour info….
Le record actuel entre Ouessant et l’équateur dans le cadre du Trophée Jules Verne est de 4 jours 19 heures 57 minutes, établi par le trimaran Spindrift 2 (skippé par Yann Guichard) en janvier 2019. IDEC SPORT (skipper Francis Joyon) avait, lors de sa tentative triomphale en 2017, mis 5 jours 18 heures 59 minutes, couvrant sur ce segment, une distance de 3 556,3 milles à 25,6 noeuds de moyenne.

Tracy Edwards (MBE), première supportrice de The Famous Project CIC

MayKa0015215. Tracy Edwards for DT Sport. Picture shows round the world yachtswoman Tracy Edwards, picture to illustrate a Oliver Brown interview. Picture date 20/08/2025

S’il est une navigatrice en capacité de parler de la place et de l’avenir des femmes en course au large, c’est bien la Britannique Tracy Edwards. Née en 1962 à Pangbourne, la Britannique, un peu en rupture de ban, découvre très jeune la mer, les bateaux, la voile. Elle est hôtesse à bord de yachts de luxe et navigue comme cuisinière lors de sa première Whitbread en 1985/86. C’est alors que lui vient cette idée un peu folle d’engager un équipage 100% féminin dans cette prestigieuse et internationale course autour du monde, la Whitbread. Elle motive 12 femmes désireuses de s’engager à bord de son voilier, Maiden, lors de l’édition 1989 de l‘épreuve. Elle signe une formidable deuxième place, après avoir remporté 2 des 6 étapes. On lui décerne le Yachtsman of the Year Trophy, et elle est intronisée « Member of the Most Excellent Order of the British Empire” (MBE).

Et pourquoi pas le Jules Verne ?
Forte de ses expériences autour du monde, par étapes et en équipage féminin, Tracy porte assez naturellement son dévolu sur ce challenge nouveau à l’époque, un tour du monde sans escale, le Trophée Jules Verne. En 1998, Tracy finalise un projet pour participer à ce nouveau défi en multicoque, cette fois dans le but d’être le premier équipage entièrement féminin à faire le tour du monde à la voile sans escale et de remporter le Trophée Jules Verne, en signant la circumnavigation à la voile la plus rapide possible. Sponsorisé par Royal & SunAlliance, son équipage féminin avait déjà battu cinq records du monde et était en bonne voie pour battre le record Jules Verne, lorsque le catamaran de 92 pieds a démâté à 2000 miles au large des côtes chiliennes.

Première supportrice de The Famous Project CIC
Tracy s’affiche comme première supportrice du Défi The Famous Project CIC dont elle connait personnellement certains membres de l’équipage, Dee Cafarri et Molly Lapointe. Elle scrutera la tentative d’Alexia Barrier et de ses girls avec passion et un seul message : « Remember girls, you can do this ! »

« Naviguer au plus haut niveau des défis sportifs et technologiques à la voile demeure difficiles pour les femmes car trouver les budgets nécessaires est plus compliqué que pour les hommes.  Mais une fois sur l’eau, si la force physique demeure une différence notable entre marins et navigatrices, la cohésion, l’état d’esprit et l’habileté nivellent ces différences. Ce Trophée Jules Verne constitue un challenge important pour toutes les femmes.
Le Maxi Trimaran IDEC SPORT est un bateau monumental, une bête de course ! Mais quand je regarde la liste d’équipage, je suis convaincue que ces filles n’auront aucun problème à la maîtriser. Je sais qu’elles auront de la ressource quand les situations pénibles et ardues surviendront. Elles sauront trouver les bons compromis durant le record pour maintenir un haut niveau de compétitivité tout au long du parcours. La clé réside dans la cohésion de l’équipage, et dans sa capacité à échanger. Bien sûr, il y a des leaders à bord, mais sur Sun Alliance, c’était vraiment l’échange, le partage et la discussion qui prévalaient. Je connais Dee (Caffari). Son sang-froid en toutes circonstances est impressionnant. Elle affiche beaucoup de sérénité et de positivité. Molly (Lapointe) a un caractère fort et déterminé, mais elle est aussi gentille, empathique et enthousiaste. C’est l’une des personnes les plus travailleuses qu’on ait jamais vues chez Maiden. Elle se porte toujours volontaire pour les tâches que personne ne veut faire, elle apprend tout le temps, elle est curieuse et elle pose plein de questions. Je sais qu’Alexia privilégie ce type de qualités humaines. Il faudra rester, en toutes circonstances, focalisé sur l’objectif. Et ne pas oublier de profiter à fond de cette incroyable opportunité ! »

THE FAMOUS PROJECT CIC : un équipage de 7 navigatrices pour le tour du monde

THE FAMOUS PROJECT 2025; Alexia Barrier

La navigatrice méditerranéenne Alexia Barrier présentait aujourd’hui, mardi 16 septembre au Musée de la Marine à Paris, les 6 navigatrices sélectionnées pour l’accompagner cet automne dans une tentative contre le record du tour du Monde à la voile, en équipage, sans assistance et sans escale, le fameux Trophée Jules Verne.

Pour l’occasion, les partenaires représentés par Daniel Baal, Président du CIC, Patrice Lafargue, Président du Groupe IDEC, et Eric Pasquier, Vice-Président du Conseil d’Administration de Sopra Steria, étaient réunis autour d’Alexia Barrier pour l’annonce de l’équipage international de the Famous Project CIC.
Six navigatrices ont ainsi été retenues, aux expériences très diverses, allant de l’Olympisme à The Ocean Race. Les drapeaux de pas moins de 6 nationalités flotteront dans le gréement d’IDEC SPORT : ceux des Britanniques Dee Caffari et Deborah Blair, de la Néerlandaise Annemieke Bes, de la Suisse-Néo-Zélandaise Rebecca Gmuer, de l’Espagnole Tamara « Xiquita » Echegoyen, de l’Américaine Molly Lapointe et de la Française Alexia Barrier, fondatrice du projet. L’Anglais sera la langue officielle du bord !

Un long et minutieux processus de sélection de l’équipage

Le processus de sélection a été long et passionnant pour Alexia et Dee ont défini une short-list de 15 noms, dont certaines ont navigué à bord du MOD 70 The Famous Project CIC. L’accent, lors de la sélection, a été mis sur la polyvalence, le savoir bien vivre en mer, la convivialité et la responsabilité individuelle (l’envie d’apprendre, la bienveillance et la performance).
« On dit à juste titre que la course au large est très Franco-Française. Là aussi, The Famous Project CIC apporte la contradiction, en révélant des talents dignes des meilleurs Français. Ces filles viennent de tous les horizons, de l’Olympisme à l’IMOCA, et présentent une très large culture maritime, avec des expériences très diverses mais aussi très riches au large comme en inshore. A leurs compétences de navigatrices propres, nous recherchons cette envie d’apprendre et de partager toutes les expériences nautiques. Cette nécessité de transmission est primordiale à nos yeux. Et tout cela doit baigner dans un constant esprit de bienveillance. », explique Alexia.

Un équipage international pluri-culturel !

Alexia Barrier – Française – Capitaine
Née à Paris le 26 novembre 1979, Alexia Barrier grandit à Nice où, dès l’âge de 3 ans, elle découvre la voile à bord du bateau de plaisance de ses parents. Elle navigue en solitaire, double, équipage… Mini 6.50, Figaro, Class40, IMOCA, Maxi-yachts, mais aussi en multicoque et avec des skippers de renom comme Florence Arthaud, Peter Holmberg, Andy Beadworth ou Dennis Conner. Alexia a parcouru plus de 200 000 milles nautiques et traversé l’océan Atlantique en course à 18 reprises dont 5 fois en solitaire.
Le 8 novembre 2020, Alexia Barrier se lance dans l’édition 2020-2021 du Vendée Globe. Elle le boucle en 24e position au terme de 111 jours de solitude. Elle est nommée chevalier de l’ordre du mérite maritime en 2024.

Dee Caffari – Grande Bretagne – Seconde
Dee Caffari, née le 23 janvier 1973 à Watford, Hertfordshire, Royaume‑Uni. En 2006, elle devient la première femme à faire le tour du monde en solitaire, sans escale, et surtout « à l’envers », dans le sens ouest‑est, contre les vents et courants dominants. En 2009, elle termine le Vendée Globe, et devient ainsi la première femme à avoir bouclé un tour du monde non‑stop dans les deux sens. Elle a été nommée MBE (Member of the Order of the British Empire) en 2007 pour son service exceptionnel à la voile. En 2011, en duo avec Anna Corbella, elle achève la Barcelona World Race, devenant la seule femme à avoir fait trois fois le tour du monde sans escale Elle a également pris part à plusieurs éditions de la Volvo Ocean Race.

Annemieke Bes – Pays-Bas
Annemieke Marileen Bes, née le 16 mars 1978 à Groningen (Pays-Bas), est une navigatrice accomplie aux parcours en voile olympique et en course au large. Elle a participé à trois éditions des Jeux olympiques : Athènes 2004, Pékin 2008 et Londres 2012. Après sa carrière olympique, elle se tourne vers la course au large et participe à la Volvo Ocean Race en 2017‑2018 avec l’équipage Team Sun Hung Kai/Scallywag. Depuis 2022, elle navigue sur les IMOCA, notamment à bord de Holcim‑PRB dans l’IMOCA Globe Series.

Rebecca Gmuer – Suisse Nouvelle-Zélande
Rebecca Gmuer est une jeune navigatrice suisse-néo-zélandaise et gréeuse professionnelle,. Née le 21 décembre 1999. Elle a participé à des courses majeures telles que la Sydney-Hobart, la Caribbean 600 et la Fastnet Race, et a pris part à la première traversée transatlantique entièrement féminine en 2024 à bord du MOD 70 Limosa. En 2025, elle navigue sur The Ocean Race Europe à bord de l’IMOCA TEAM AMAALA.

Deborah Blair- Grande Bretagne
Deborah, âgée de 23 ans, licenciée au Weymouth Sailing Club, est diplômée en informatique à l’université de Southampton et a commencé à naviguer à l’âge de 8 ans sur un Pico avec Andrew Simpson Centres Portland. Elle est désormais accro aux courses de quillards.

Molly Lapointe – Américano-Italienne – Boat Captain
Elle est le boat captain du bateau, et travaille étroitement avec Clément Surtel. Molly a appartenu à l’équipe de Maiden Factor avec qui elle remporte The Ocean Globe race. C’est d’ailleurs Tracy Edwards qui l’a fortement recommandée à Dee Caffari et à Alexia.

Tamara Xiquita Echegoyen – Espagne
Tamara Echegoyen Domínguez est une navigatrice espagnole née le 17 février 1984 à Orense en Galice. Elle est championne olympique d’Elliott 6m en 2012, championne du monde de match racing en 2013 et deux fois championne du monde de 49er FX, en 2016 et en 2020. En juin 2024, elle est nommée porte-drapeau de la délégation espagnole aux Jeux olympiques d’été de 2024.

Un voilier déjà légendaire…

« IDEC SPORT, le grand multicoque construit en 2006 pour Groupama et Franck Cammas, sur plan VPLP, est le bateau que nous voulions. Il est, assez curieusement, un bateau simple, épuré, très sain à la mer, fiable, et naturellement très rapide, y compris dans le petit temps. Il est très haut sur l’eau et se montre ainsi très rassurant.
Nous avons récupéré le bateau en juin 2023, et nous avons entrepris de le remettre en forme, pas à pas, jusqu’à cette mise à l’eau en juin 2024. Nous y sommes allés progressivement, pour changer tout ce qui devait être changer, matériel courant, poulies, enrouleur, batteries etc… », continue Alexia.
L’achat préalable d’un MOD 70 a servi de plateforme pour tester la capacité de l’équipage à gérer un grand multicoque, et inciter les meilleures navigatrices à venir naviguer sur ce challenge multicoque très exigeant. Mais le bateau souhaité pour le tour du monde a toujours été IDEC SPORT. « J’ai rencontré Patrice Lafargue, le patron du Groupe IDEC qui m’a proposé de me prêter le bateau après le Rhum 2022. Pour la petite histoire, mon rendez-vous avec Patrice a eu lieu rue Pierre1er, à Paris, clin d’œil à Florence Arthaud. »

Les 7 navigatrices se sont durant tout l’été préparées à l’immense défi qui les attend. Le bateau subit actuellement une ultime et complète vérification technique en chantier avant une nouvelle série d’entrainement. Le stand-by pourra comme prévu démarrer mi-novembre dans l’attente de la meilleure fenêtre météo possible pour partir à la conquête du Tour du monde.

Elles ont dit :

Alexia Barrier :  » Depuis mon Vendée Globe bouclé en 2020, je n’ai cessé de m’interroger non seulement sur la nature de mon prochain projet nautique, mais surtout sur comment donner du sens à cette nouvelle aventure. Avant de partir sur le Vendée Globe 2020 je savais que je voulais ensuite naviguer en multicoque, autour du monde. Je connaissais donc mon prochain projet sportif. Et je voulais donner du sens à cette nouvelle aventure. Quand j’ai regardé de plus près le nombre de femmes ayant eu accès au Trophée Jules Verne depuis 30 ans, ça a été pour moi une évidence, j’allais réunir un équipage exclusivement féminin, tendu vers un challenge ultime, un tour du monde à la voile, sans assistance ni escale. Restait à solliciter puis convaincre des femmes de talent motivées par un tel challenge. A ma grande surprise, ce ne fut pas un problème et les candidatures ont afflué. »

Dee Caffari : « Je connais Alexia depuis longtemps, mais j’ai appris à mieux la connaitre depuis qu’elle m’a sollicitée pour ce projet. On a tout de suite été sur la même page. On est connectées.  Elle nous offre une incroyable opportunité ! Un challenge énorme ! Ce défi est plus qu’un événement sportif. C’est une chance d’écrire l’histoire. On a trouvé les personnes qu’il fallait, et pour ce challenge, leur personnalité est plus importante que leurs talents. Il leur est demandé d’élargir leurs habituels champs d’investigation. Chacun doit pouvoir tout faire à bord. Ce bateau est légendaire, et cela nous impose certaines responsabilités, dans la manière dont nous allons le mener. On ne cesse d’apprendre à son bord. C’est passionnant. »

The Famous Project CIC : un Trophée Jules Verne par des femmes, pour les femmes

Skipper Alexia Barrier and his crew training onboard the Maxi-Trimaran The Famous Project CIC, off Groix island, on July 8, 2025, Photo © Jean-Marie LIOT / The Famous Project CIC

C’est une nouvelle voie de la course au large que l’équipage de The Famous Project CIC, mené par Alexia Barrier, se propose d’ouvrir cet automne : un tour du monde 100% féminin, qu’aucun équipage n’a encore jamais réussi à boucler.. Soutenu par la Banque CIC, le groupe IDEC, la société Sopra Steria et Richard Mille, ce collectif s’élancera également à la conquête du prestigieux Trophée Jules Verne :  ce tour du monde par les trois grands caps, en équipage, sans assistance et sans escale, à bord de maxi multicoque.

Alexia Barrier, fondatrice de The Famous Project CIC, et 7 femmes d’équipage sélectionnées ambitionnent d’inscrire leur nom au palmarès du tour du monde en équipage féminin. La seule tentative répertoriée remonte à la Britannique Tracy Edwards, hélas contrainte à l’abandon en 1988. A travers ce défi, l’équipage de The Famous Project CIC souhaite avant tout partager de valeurs fortes :  repousser les limites, relever l’un des défis océaniques les plus difficiles au monde, inspirer les générations futures à poursuivre leurs rêves, à la fois sur l’eau et au-delà et transmettre.« J’ai terminé un Vendée Globe en 2021, mais l’aventure collective d’un groupe de femmes marins déterminées est pour moi un défi encore plus grand. Le Trophée Jules Verne m’a longtemps semblé totalement inaccessible. Mais après mon Vendée Globe, l’idée de faire un autre Tour du monde, en multicoque, en équipage, à partir d’une page blanche, m’a attirée. », explique Alexia Barrier.
La navigatrice française est dans la dernière ligne droite avec la fin de la sélection de l’équipage. Sur une quinzaine d’athlètes féminines, seuls 6 seront confirmées. Le team sera dévoilé le 16 septembre prochain au Musée Nationale de la Marine à Paris et le stand-by débutera le 15 novembre.

Un long processus de sélection de l’équipage

« J’ai réalisé que, mis à part Tracy Edwards et Dona Bertarelli, aucune autre femme ne s’était lancée à la tête d’un défi autour du monde en multicoque géant. Je me suis alors demandée s’il existait le potentiel pour monter un équipage 100% féminin. J’ai appelé 6 filles navigatrices, juste pour voir, et en 5 minutes je n’avais que des réponses positives et enthousiastes. J’ai depuis reçu plus de 300 candidatures, venues de toute la planète, et qui m’ont imposé un sévère processus de sélection, long et passionnant. Nous avons rapidement pu, avec l’aide de l‘incontournable Dee Caffari, définir une short-list de 15 noms. Lors de la sélection, l’accent a été mis sur la polyvalence et le savoir bien vivre en mer, la convivialité. Ces athlètes viennent de tous les horizons, de l’Olympisme à l’Imoca, et présentent une très large culture maritime, avec des expériences très diverses mais aussi très riches au large comme en inshore et nous représentons 7 nationalités. Et tout cela dans un constant esprit de bienveillance et de gentillesse. », raconte Alexia.

Le choix d’IDEC SPORT

La navigatrice poursuit : « IDEC SPORT, le grand multicoque construit en 2006 pour Groupama et Franck Cammas, sur plan VPLP, est le bateau que je voulais. IDEC SPORT est, assez curieusement, un bateau simple, épuré. Il est très sain à la mer, fiable, et naturellement très rapide, y compris dans le petit temps. Il est très haut sur l’eau et se montre ainsi très rassurant.
J’ai rencontré Patrice Lafargue, le patron du Groupe IDEC qui a accepté de me prêter le bateau après le Rhum 2022. Pour la petite histoire, mon rendez-vous avec Patrice a eu lieu rue Pierre1er, à Paris, clin d’oeil à Florence Arthaud.… »

Tour du monde ou Trophée Jules Verne ?

« A la question : allez-vous battre le record de Francis Joyon ? Nous répondons : c’est le challenge, la carotte, mais notre objectif principal est d’établir ce premier temps de référence absolu autour du monde pour un équipage féminin, et inscrire notre nom sur les tablettes d’un Tour du monde. Nous voulons marquer notre sport au féminin, monter qu’un tel projet est possible pour des navigatrices déterminées, qui pourront ainsi rêver de battre notre chrono et, pourquoi pas, détenir le record ultime avec le Trophée Jules Verne, détenu par ce même bateau avec l’équipage de Francis Joyon en 2017.
Nous serons épaulées depuis la terre pour notre routage météo par Jonny Malbon, Christian Dumard et Brian Thompson. »

Des partenaires convaincus

Le projet est soutenu par plusieurs entreprises françaises comme Le CIC, banque implantée dans 36 pays, IDEC Sport, acteur de l’immobilier et de la transition énergétique, Sopra Steria, acteur majeur de la tech en Europe, et la marque horlogère Richard Mille. L’engagement de ces structures s’inscrit dans une volonté commune de promouvoir la mixité, le collectif, la performance et la durabilité.

Pourquoi s’engagent-ils ?

Pour le CIC, partenaire titre de The Famous Project CIC : « Pour faire bouger les lignes et dire à de nombreuses jeunes filles de ne jamais hésiter à réaliser leurs rêves. »
Pour le Groupe IDEC : « GROUPE IDEC est fier de soutenir l’audace et la solidarité d’un équipage 100 % féminin qui, à bord du légendaire maxi-trimaran IDEC SPORT, détenteur du Trophée Jules Verne, s’élance dans une aventure humaine hors du commun. »
Pour Sopra Steria, partenaire technologique : « La technologie prend tout son sens lorsqu’elle soutient le progrès et la performance collective. Nous sommes fiers d’apporter notre soutien à ce défi collectif, qui conjugue exigence sportive et dépassement humain, innovation et engagement sociétal.»
Pour Richard Mille : « Oser, se lancer des défis et prendre des risques : The Famous Project CIC écrit une nouvelle page de l’histoire au féminin, animé par la passion de tous et par la volonté d’Alexia Barrier de se surpasser quelles que soient les règles du jeu. »

Pour mémoire….

Le maxi trimaran IDEC SPORT détient le Trophée Jules Verne en 40 j 23 h 30 min 30 sec, avec Francis Joyon et ses 5 hommes d’équipage en 2017.
IDEC SPORT est aussi le triple vainqueur de la Route du Rhum, aux couleurs de Groupama, Banque Populaire et Idec.
Toutes éditions confondues, jusqu’à l’édition 2024-2025, seules 18 femmes ont pris le départ du Vendée Globe sur 155 skippers au total. 13 l’ont terminé, dont Dee Caffari et Alexia Barrier.
Catherine Chabaud (1996-1997, 6e place)
Ellen MacArthur (2000-2001, 2e place)
Anne Liardet (2004-2005, 11e place)
Karen Leibovici (2004-2005, 13e place)
Samantha Davies (2008-2009, 4e place)
Dee Caffari (2008-2009, 6e place)
Clarisse Crémer (2020-2021, 12e place)
Pip Hare (2020-2021, 19e place)
Miranda Merron (2020-2021, 22e place)
Alexia Barrier (2020-2021, 24e place)
Et en 2025, Justine Mettraux (8e), Clarisse Crémer (11e), Samantha Davies (13e), Isabelle Joschke (19e) et Violette Dorange (25e)

The Famous Project : du Mod70 au Maxi-trimaran

Aux côtés de ses partenaires le groupe IDEC, le CIC, Wipro et Richard Mille, l’équipe de The Famous Project a procédé ce jour, vendredi 31 mai, à la mise à l’eau du Maxi trimaran IDEC SPORT à Vannes, devant le chantier Multiplast, constructeur du trimaran géant en 2006. Au terme de 5 mois de travail, le légendaire voilier triple vainqueur de la Route du Rhum et détenteur depuis 2017 du Trophée Jules Verne, a retrouvé son élément naturel, son mât, ses voiles, et rejoint La Trinité-sur-Mer. La capitaine Alexia Barrier va pouvoir s’approprier en douceur et progressivement le géant de 32 mètres. Un été studieux s’avance, qu’Alexia et son équipe mettront à profit pour affiner la mise au point du bateau, tout en poursuivant la subtile sélection de l’équipage pour tenter l’aventure du record du Trophée Jules Verne en 2025.

Une nouvelle page se tourne ainsi pour Alexia Barrier, appelée à prendre physiquement cette fois la barre de son rêve ultime, une tentative contre le record du Trophée Jules Verne avec un équipage 100% féminin. Elle a porté son dévolu sur le bateau tenant du titre depuis 2017, le Maxi trimaran IDEC SPORT que Francis Joyon et seulement 5 hommes d’équipage avaient mené au firmament des records océaniques, avec ce temps qui confère aujourd’hui au mythe, 40 jours, 23 heures et 30 minutes pour tourner autour de la planète via les trois grands caps (Bonne Espérance, Leeuwin et Horn). Le voilier mis à l’eau en juin 2006, sous les couleurs de Groupama, a grandement mérité une inspection en profondeur et ultra détaillée. « Nous avons mis le bateau totalement à nu » explique Alexia. « Coques, cloisons, bras et mât ont été minutieusement inspectés, à la recherche de la moindre faiblesse, de la moindre trace de vieillissement. Accastillage, gréement dormant et courant, tout a été démonté et vérifié dans les plus infimes détails. », précise Eric Lamy, ancien membre du Groupama Sailing Team, qui connait parfaitement le navire, a conduit les travaux en compagnie de 8 personnes. « Tout ce qui devait être changé l’a été, dans la limite de nos budgets » poursuit la navigatrice antiboise. « Avec sa nouvelle déco signée Jean-Baptiste Epron, le bateau semble avoir retrouvé une seconde jeunesse. »

C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour l’équipe de The Famous Project et Alexia. Apprivoiser le géant, en trouver les clés et les secrets, pour son équipage féminin cela prendra du temps et nécessitera de nombreuses navigations. Sélectionner les bons profils pour l’accompagner fait actuellement l’objet, d’une minutieuse campagne de recrutement. « Il n’y a pas pénurie de talents féminins dans la voile » martèle Alexia, « IDEC SPORT est ouvert sur le monde et à toutes les navigatrices qui osent leurs rêves. Notre projet est NO Limit ! »

Mots des partenaires

Daniel Baal, président du CIC : « Lorsque nous nous sommes engagés aux côtés d’Alexia Barrier en tant que partenaire fondateur de The Famous Project, l’équipe ne comptait qu’une poignée de professionnels engagés dans cette aventure et un bateau d’entrainement. La mise à l’eau du trimaran IDEC SPORT marque aujourd’hui une étape importante qui va permettre à cet équipage 100 % féminin de s’attaquer au mythique Trophée Jules Verne et se préparer à relever un défi sportif unique. »

Patrice Lafargue, Président du groupe IDEC : « Nous sommes très heureux que l’histoire du maxi-trimaran IDEC SPORT, ce bateau de légende, puisse se poursuivre avec ce nouveau défi de Trophée Jules Verne 100 % féminin, mené par Alexia Barrier. Cette aventure humaine exceptionnelle, riche en valeurs telles que le dépassement de soi, la passion, la solidarité et l’esprit d’équipe, incarne parfaitement les principes et les aspirations du Groupe IDEC. En soutenant ce projet audacieux, nous réaffirmons notre engagement envers l’excellence et l’innovation, tout en promouvant des initiatives qui repoussent les limites et inspirent par leur audace, leur détermination et leur résilience. Ce défi représente non seulement une course contre le temps, mais aussi une véritable célébration des valeurs humaines et sportives qui nous animent au quotidien. C’est une occasion unique de démontrer notre soutien aux femmes dans les sports extrêmes et de valoriser l’égalité des chances, la diversité et l’inclusion, des valeurs fondamentales qui sont au cœur de notre entreprise. »

Wipro et Richard Mille se joignent à l’équipe de The Famous Project et ses co-partenaires pour célébrer cette étape importante dans la préparation du trophée Jules Verne.

L’élégance feinte du maxi-trimaran de The Famous Project

La navigatrice Alexia Barrier procédera le 31 mai prochain à la mise à l’eau du Maxi trimaran IDEC SPORT. Avec l’aide du designer-navigateur bien connu Jean Baptiste Epron, elle a choisi pour nouvelle robe du voilier, une déco très graphique, en accord avec ses partenaires principaux le Groupe Idec, la banque CIC, Wipro et également Richard Mille, tout en conservant les étraves rouges d’IDEC SPORT, toujours détenteur depuis 2017 du record du Trophée Jules Verne, challenge ultime du projet 100% féminin d’Alexia. Un défi qu’a su relever Jean Baptiste, pour atténuer la rude masculinité du voilier, en soulignant la féminité du projet, tout en respectant la personnalité du bateau.

L’élégance des Classiques
« Ce bateau est viril et très masculin. Les formes de visage choisies pour habiller les voiles, tendent à suggérer l’essence très féminine du projet d’Alexia » explique Jean-Baptiste Epron. Le designer très recherché par les acteurs de la course au large a une vraie histoire avec ce bateau, dont il avait dès sa conception signé la livrée, aux couleurs de son premier partenaire Groupama, puis des deux sponsors suivants, la Banque Populaire et le Groupe Idec. Le maxi trimaran triple vainqueur de la Route du Rhum sous ces trois différentes couleurs tient une place à part dans l’imaginaire de Jean-Baptiste. « J’adore ce bateau. Il a l’élégance des yachts classiques. II est le témoin de toute une génération de multicoques d’avant les bateaux volants, sorte de synthèse de ce qu’étaient les trimarans ORMA. Il n’a pas de lignes très marquées, signe d’une très grande liberté architecturale de son cabinet créateur VPLP. Il respire la douceur, sentiment feint en vérité, quand on connait sa fureur dans la brise. »

Une déco qui raconte une histoire…
« Jean-Baptiste Epron est l’artiste des bateaux par excellence » souligne Alexia. « Je lui ai fait entièrement confiance. Nos partenaires, le groupe Idec, le CIC et Wipro ont tous adhéré à l’histoire que nous raconte Jean-Baptiste avec ces visages esquissés dans nos voiles, et ces codes couleurs sur fond noir. Il s’agit de raconter une histoire, de solidarité, d’aventure commune. Mais Jean-Baptiste n’a pas voulu « sur féminiser » le projet, car il pense avec raison qu’à terme, les femmes sur de telles aventures, ne seront plus une exception, mais la règle évidente. Il a aussi su trouver les codes couleurs qui renvoient à nos trois partenaires, avec ce clin d’oeil au record du Trophée Jules Verne établi par Francis Joyon sous les couleurs rouges d’IDEC SPORT, maintenus sur nos étraves, comme une marque de respect pour ce trimaran de légende. »

Alexia va rejoindre la Bretagne dès cette fin de semaine, pour participer et superviser la fin du long chantier de remise en forme du géant entrepris chez Multiplast à Vannes, sous le regard avisé d’Eric Lamy. 15 personnes oeuvrent sans relâche à donner au bateau lancé en 2006 une énième jeunesse. Suite à sa mise à l’eau, IDEC SPORT ralliera La Trinité sur Mer pour ses ultimes mises au point, avant les premières navigations tests programmées fin juin, les premiers entrainements en juillet, et le convoyage en septembre vers la Méditerranée.

Alexia Barrier : de navigatrice solitaire à Capitaine

Le Mod70 Limosa d’Alexia Barrier a fait ce matin son entrée dans le port de Portimao au Portugal, terminus de la première transatlantique effectuée par un équipage entièrement féminin à bord d’un trimaran de 20 mètres. Les 8 femmes d’un Team très international concocté par Alexia et sa co-skipper Dee Caffari, avaient quitté Antigua le 13 avril dernier dans le cadre de la campagne de détection menée par les deux femmes pour définir l’équipage 100% féminin qui présidera d’ici 18 mois environ, aux destinées du Maxi trimaran IDEC SPORT dans une nouvelle tentative contre le record du Trophée Jules Verne.

25 navigatrices au ban d’essai

Avec méthode, empathie et bienveillance, teintées d’une forte exigence technique, Alexia poursuit ces rencontres et découvertes des talents si particuliers dont elle souhaite s’entourer pour boucler un tour du monde à la voile et sans escale. Marie Riou (FRA), Joan Mulloy (IRL), Deborah Blair (GBR), Annie Lush (GBR), Rebecca Gmuer (NZL) et la media Woman Georgia Schofield (NZL) ont ainsi enrichi une liste déjà forte de 25 profils parmi lesquels Alexia définira la start-list finale des 10 femmes retenues pour leurs compétences nautiques, leurs qualités humaines, et leurs capacités à bien vivre durant 40 jours en mer.

Une Transat découverte…

« Je me découvre en capitaine » avoue avec sa franchise coutumière Alexia Barrier. Cette finisher du Vendée Globe 2020 (24ème), connue du grand public pour ses aventures solitaires, a pourtant effectué une bonne partie de sa carrière comme équipière à bord de grandes unités de course au large. Elle revêt depuis une année une casquette de skipper et de chef d’équipe qui lui sied un peu mieux avec chaque sortie. Et celle qui vient de s’achever à Portimao était de taille, puisque pour la première fois, elle menait à son terme une expédition transatlantique à bord d’un véloce et volatile Mod70 exclusivement manié par des femmes. « Certes, nous n’avons pas poussé le bateau dans ses retranchement » poursuit la navigatrice Méditerranéenne. « Nous n’avons pas non plus cherché la difficulté. L’idée dominante était de trouver cohésion et bonne entente entre 8 femmes qui avaient très peu navigué ensemble, même si nous nous connaissions toutes à titre individuel. En ce qui me concerne, il m’importait de me prouver que je savais assumer ce rôle de capitaine et de leader. Il me semble que sur ces deux tableaux, notre transat est un succès. La bonne humeur a régné tout au long du parcours. Chacun a rapidement trouvé sa place, et j’ai pu à loisir observer mes co-équipières et évaluer au large leurs réactions, tant d’un point revue technique que sur le plan humain. J’ai apprécié leur bonne humeur et leur capacité à se soutenir les unes les autres. Il y avait à bord la bienveillance qui me semble indispensable pour réussir un tour du monde en équipage.»

Entre 8 et 10 femmes sur le Trophée Jules Verne

Alexia, toujours épaulée de la Britannique Dee Caffari, et à terre de son team manager Jonny Malbon, se donne encore plusieurs mois pour poursuivre ses expérimentations et ses essais avec d’autres navigatrices. « Nos portes sont ouvertes à toutes, quels que soient leurs horizons d’excellence, voire le volume d’expérience. Nous portons cette idée que chacun peut oser et réaliser ses rêves. Mes critères fondamentaux sont la capacité d’adaptation et de vie en groupe à long terme. Je pense devoir tester encore une dizaine de filles avant de décider d’une short-list de 14 personnes, pour un équipage final au départ du Trophée Jules Verne de 8 à 10 équipières. De nouvelles confrontations avec les autres Mod70 toujours opérationnels (Phaedo de Brian Thompson, Zoulou d’Erik Maris et Loick Peyron ou Argo de Jason Carroll) sont au programme, notamment à Palma de Mallorca cet été et en Grèce avec la Aegean 600. Le Maxi trimaran IDEC SPORT aura entre temps, le 31 mai, été mis à l’eau, et les premières navigations à bord du géant pourront débuter. »

A peine le temps de se reposer dans la quiétude printanière de Portimao. Alexia rejoindra dès ce milieu de semaine Lorient et le site de départ de The Transat CIC. Elle retrouvera le Maxi Trimaran IDEC SPORT à Vannes aux bons soins du chantier Multiplast et supervisera le 31 mai prochain la mise à l’eau du voilier détenteur du Trophée Jules Verne.

The Famous Project : une transatlantique 100% au féminin en Mod70

Après une très belle troisième place sur la course RORC Caribbean 600 et de nombreux entraînements autour de l’île d’Antigua, les sept membres de l’équipage de The Famous Project quitteront Antigua le mardi 27 février pour leur première traversée de l’Atlantique au féminin, en direction de Portimao, au Portugal, à bord de leur Mod70 The Famous Project.

Cette traversée de l’Atlantique est une étape importante dans la formation de l’équipe, le renforcement de la cohésion et l’acquisition de compétences sur une période prolongée à bord du trimaran de 70 pieds. Ce bateau est considéré comme volage et rapide et doit être mené « sur le fil du rasoir » pour obtenir les meilleures performances.

L’équipage composé de sept personnes comprend la capitaine Alexia Barrier (FRA), la co-skipper Dee Caffari (GBR), les équipières : Pam Lee (IRL), Joan Mulloy (IRL), Annie Lush (GBR), Annemieke Bes (NED) et Deborah Blair (GBR), à cela Muriel Vandenbempt, mediawoman, complète l’équipage.

RORC Caribbean 600 : Un vrai pas en avant
Après une semaine de récupération, de travail sur le bateau et d’entraînement, le bilan de la RORC Caribbean 600 est extrêmement positif. L’équipage de la course de 600 milles, qui passe par 11 îles sur un parcours en forme de 8 sur 12 étapes, comprenait cette fois les entraîneurs confirmés en multicoques : Jack Bouttell, Miles Seddon et Tom Dawson. Avec un  temps de course de 01 jour 10 heures 16 minutes et 46 secondes, The Famous Project n’est qu’à deux heures et deux minutes derrière le vainqueur de la classe Multicoque, Argo.

La co-skipper Dee Caffari s’enthousiasme : « Quelle course ! C’était intense, c’était génial. En termes d’entraînement avec les objectifs que nous avons, c’était parfait. Il y a eu beaucoup de virements, beaucoup de changements de voile et nous avons navigué sous toutes les allures. Il y avait de l’action en permanence. Toutes les heures ou toutes les deux heures, il se passait quelque chose. C’était vraiment un très bon entrainement et nous avons tous pu ressentir les améliorations. C’était un véritable pas en avant et aussi de finir à seulement quelques heures des deux autres Mod70 est une bonne chose. Nous avons pu les voir pendant la plus grande partie de la course et nous savons où nous en sommes avec les différentes erreurs que nous avons commises. »

Dee ajoute : « Nous avons maintenant beaucoup plus de confiance dans la prise en mains et les réglages du bateau et beaucoup plus de confiance les uns envers les autres. Il faut aussi comprendre à quel point les réglages de ces bateaux sont dynamiques pour pouvoir naviguer en ligne droite, parce qu’on est littéralement sur le fil du rasoir tout le temps. Les garçons ont fait du très bon travail lors de l’entraînement qui a précédé l’épreuve. J’ai quitté la barre après avoir navigué à une vitesse constante de 30 nœuds pendant une heure et je n’aurais pas été capable de le faire sans l’entraînement que nous avons eu avant la course. Nous avons donc vraiment progressé. »

Et maintenant, une transatlantique 100% au féminin
Cette transatlantique des Caraïbes au Portugal, suivie d’une traversée d’entraînement jusqu’à leur base méditerranéenne de La Grande Motte, est un passage essentiel dans ce processus d’entraînement et de sélection des équipières. Jusqu’à présent, des navigateurs tels que Jack Bouttell, Sidney Gavignet et d’autres étaient à bord pour former le team. Il est maintenant temps de passer à l’action…

La co-skipper Caffari, qui mènera le bateau tandis que la capitaine du projet, Alexia Barrier, sera responsable de la navigation, explique : « Pour la première fois, nous n’aurons pas le filet de sécurité des gars sur le bateau, avec toute leur expérience, tous les milles qu’ils ont parcourus sur le bateau avec nous. Ce sera donc une bonne chose de franchir cette étape. De plus, nous passons maintenant à ce moment où Alexia et moi, avec un peu plus d’expérience, emmenons plus de personnes avec nous, ce qui va vraiment renforcer notre confiance aussi. »

L’objectif principal est de naviguer avec différentes navigatrices et de les former. « C’est un peu comme si de nouvelles personnes naviguaient avec nous, c’est un peu comme si nous pouvions le faire parce que jusqu’à présent, c’était : elles ne naviguent qu’avec les gars à bord. Et nous n’avons pas besoin d’eux pour naviguer, mais c’est bien parce qu’ils nous permettent d’aller plus vite dans l’apprentissage et maintiennent l’intensité. Maintenant, nous devons le faire nous-mêmes.  »

Alexia, Dee et les équipières ne se réjouissent pas vraiment de la météo, notamment du retour à une Europe froide et venteuse : « La météo prévoit beaucoup de navigation au près. Je pense que c’est ce qu’il y a de mieux et cela rend les choses un peu plus sûres, nous ne sommes pas souvent dans la zone de danger du vent arrière. Mais trouver le bon état de la mer et rester dans les bons modes sera la clé pour faire avancer le bateau. »

La répartition des rôles avec des responsabilités définies est également une « nouvelle étape » dans le processus de formation.
« Alexia apprend à travailler en équipe, car elle est habituée à naviguer en solitaire sur son Vendée Globe, et je suis là pour l’aider. Une communication claire et concise est essentielle, tout le monde doit utiliser le même type de langage, d’autant plus que nous avons différentes nationalités à bord, surtout quand les gens sont fatigués. » conclut Dee.

Avec Joan Mulloy, Pam Lee, 35 ans, est l’une des deux navigatrices irlandaises à bord de la Transat. Pam Lee a plus de 10 Transatlantiques à son actif, dont une sur un Ocean 50 et la dernière Transat Jacques Vabre sur un Class40. Elle participe à la préparation du maxi-trimaran à Vannes et espère être l’une des principales expertes techniques à bord.

Après ses premiers jours d’entraînement à Antigua, Pam raconte : « Au quotidien, tout le monde a les pieds sur terre, ce ne sont que des marins professionnels qui font du bon travail, c’est incroyable, nous sommes tous des marins qui aiment la voile et ce que nous faisons. C’est une grande opportunité et je veux en profiter au maximum. Je veux apprendre autant que possible et donner le meilleur de moi-même chaque jour, car il y a une sélection pour l’équipe qui participera aux Trophée Jules Verne. Mais en attendant, pour moi, il s’agit d’être concentrée, d’être humble et d’être moi-même. »

C’est la première fois qu’un équipage féminin réalise une transatlantique sur un Mod70. Toutes ont hâte de larguer les amarres demain, mardi 27 février, un grand pas vers la route du Trophée Jules Verne 2025 !