Le doublé pour Hugo Deck sur la Adidas Terrex Maxi-Race

Le varois Hugo Deck remporte pour la deuxième fois consécutive la Maxi Race. Le trailer a bouclé le tour du lac d’Annecy par les montagnes soit 100 kilomètres et 5800 mètres de dénivelé à 11h13 ce jour en 9h48 de compétition. Le champion, au coude à coude longtemps avec Théo Detienne, a pris la tête définitivement après 74 kilomètres et a ensuite fait la différence au passage de la crête de l’Aigle.

C’est une nouvelle grande performance pour Hugo dont le prochain grand objectif sera une première participation à la Diagonale des Fous à la Réunion.

Hugo Deck : « C’est la plus belle course de ma vie. Je ne pensais pas atteindre un tel niveau un jour en compétition. Cela a été une bataille incroyable avec Théo. J’ai trouvé la course complétement folle avec beaucoup de rebondissements. Cela devait être super à suivre pour les spectateurs. J’ai beaucoup pensé à mon grand-père qui était encore en bonne santé lors de ma victoire l’année dernière. Il m’a donné le plus mental pour aller plus loin. Lors de la première partie de la deuxième partie de cette Maxi Race, Théo m’a attaqué. C’était difficile mentalement mais je suis revenu sur la descente pour ensuite attaquer à mon tour la partie finale notamment Semnoz. Je suis ravi. Merci à tous et à mes partenaires. »

Hugo Deck en piste pour la Maxi Race

Il est le tenant du titre. Hugo prendra le départ de la Maxi Race le 30 mai avec l’ambition affiché de remporter ce tour du lac d’Annecy par les montagnes à nouveau.  Au programme : 100km et 5800 mètres de dénivelé et un changement de sens du parcours. Vainqueur dernièrement de la Innsbruck Alpine Trailrun, le trailer, originaire du Var, est en pleine forme à quelques jours de l’échéance.

« Ma victoire à Innsbruck m’a donné pas mal de confiance avant de défendre mon titre à Annecy » explique Hugo. « Sur cette compétition autrichienne, j’ai fait les 15 derniers kilomètres seul en tête sur les 42 et les 2400 mètres de dénivelé. J’avais de très bonnes sensations et ma vitesse était bonne. Depuis, j’ai effectué de gros volumes avec pas moins de 193 km et 12 000 mètres de dénivelé par semaine et sur 15 jours. En approche de l’événement, j’ai naturellement réduit les volumes afin d’être dans les clous et en pique de forme le 30 mai. Il y a un peu de stress mais je reste dans une concentration optimale pour performer. Début mai, après Innsbruck, j’ai été reconnaître le parcours. Le fait qu’il change de sens change la donne. Les repères sont différents, les montées deviennent des descentes… La première partie du parcours est raide alors que la deuxième est plus « roulante ». Il faudra s’économiser afin de ne pas être cassé sur la fin. » Forza Hugo !

Hugo Deck, la passion du trail

À 26 ans, Hugo Deck fait partie des trailers français qui comptent. Originaire de La Roquebrussanne, près de Toulon, il remettra son titre en jeu sur la Maxi-Race, le mythique tour du lac d’Annecy par les montagnes, dont le départ sera donné le 30 mai. Cette année, il vise aussi une première participation à la Diagonale des Fous, à La Réunion, en octobre. En attendant, rencontre avec un champion qui s’entraîne actuellement avec intensité.

1) Tu te prépares actuellement pour tes deux grands objectifs de la saison. Comment cela se déroule-t-il ?

C’est un moment assez crucial dans ma préparation, car la Maxi-Race, que j’ai remportée l’an dernier, approche à grands pas. Concrètement, je suis les plans d’entraînement de mon entraîneur, Rémi Rivet, via une plateforme spécifique. J’essaie de courir deux fois par jour, avec pas mal de dénivelé au programme. Je prépare mes jambes à accumuler du positif en montée et du négatif en descente. Sur la Maxi-Race, nous avons tout de même 6 000 mètres de dénivelé à avaler.
J’alterne entre des séances de cinq heures et des séances plus courtes, où je travaille mon seuil physiologique. Je vais également participer, le 2 mai, à une compétition à Innsbruck, en Autriche. Elle présente un ratio de dénivelé assez similaire à celui de la Maxi-Race, sur un terrain qui y ressemble. Voilà, en gros, mon quotidien actuellement. Je suis clairement totalement tourné vers la Maxi-Race, avec l’envie de la remporter une deuxième fois.

2) Comment es-tu venu au trail et quel a été le fil de ta progression dans cette discipline ?

J’ai fait dix ans de basket à bon niveau quand j’étais plus jeune. J’allais aussi beaucoup en montagne avec mon père, qui est passionné de sports outdoor, comme le kayak ou la randonnée. À 17 ans, en voyant mon frère Pierre se préparer à l’Ironman de Nice, j’ai eu un déclic. Il m’a donné envie de courir.
Je sortais de mes années lycée, où je ne brillais pas vraiment dans mes études. J’avais besoin d’un défi. Je suis alors devenu boulimique d’entraînement. Je faisais 100 km par semaine et j’ai intégré le team Provence Endurance.
Ces premières années ont été difficiles. J’étais loin des meilleurs. Puis, peu à peu, à force de persévérance, j’ai commencé à récolter les fruits de mon travail, avec une première belle performance en 2020 et une sixième place au Trail du Ventoux. En 2021, j’enchaîne avec une cinquième place sur la CCC. J’entre alors sur la scène internationale à 21 ans, ce qui était assez rare, car j’étais encore espoir. Ce résultat m’a propulsé et j’ai signé un contrat avec Adidas à 22 ans. Cela m’a permis d’avoir un salaire et de vivre de mon sport.
Hélas, cette année-là, je me blesse au pied, ce qui ralentit ma progression. En 2022, je reviens bien avec une victoire marquante sur la Nice by UTMB, 165 km avec 9 000 mètres de dénivelé. En 2023, je termine troisième du 90 km du Mont-Blanc. Puis, en 2024, je franchis un vrai cap physique en devenant vice-champion de France de trail et champion d’Europe par équipe. Je remporte également l’UTCT à Cape Town. L’an dernier a été marqué par ma victoire sur la Maxi-Race et par la Coupe de France de trail. J’ai confirmé que je pouvais rivaliser avec les plus grands.

3) Qu’est-ce qui te plaît dans la pratique du trail ?

Le lifestyle. J’adore vivre de ma passion et m’entraîner. J’adore être au contact de la nature, avec des copains. J’aime courir et voir mon corps progresser chaque jour. Enfin, je suis un compétiteur, et tout ce qui entoure la performance me passionne. Le trail a été pour moi une école de la vie, après quelques années de lycée plus compliquées.

4) Quel est ton attachement au Var ?

Il est total. J’adore ma région, mon département. Mes parents habitent à La Roquebrussanne. C’est un havre de paix qui me permet de me ressourcer. Je me sens bien sur la Côte d’Azur, et c’est un terrain parfait, entre mer et montagne, pour ma pratique intensive du trail.