Une deuxième place en OR !
Quel finish ! Dix-sept minutes : tel aura finalement été l’écart entre V and B et AINA Enfance et Avenir sur la ligne d’arrivée de la 13e édition de la Transat Jacques Vabre, peu après minuit, la nuit dernière. Dérisoire à l’échelle de l’Atlantique et des 4 350 milles du parcours entre le Havre et Salvador de Bahia (Brésil), mais parfaitement représentatif de l’intensité de la course qui s’est jouée au contact du début à la fin pour le trio de tête. Si l’avantage a tourné dans tous derniers milles à l’avantage de Maxime Sorel et Antoine Carpentier, Aymeric Chappellier et Arthur Le Vaillant bouclent l’aventure à une très belle deuxième place après avoir fait preuve d’une détermination et d’une volonté remarquables.
« Le match a été incroyable entre V and B, Imerys Clean Energy et nous. De Madère jusqu’à l’arrivée, nous nous sommes tirés la bourre en mode « régate », en nous rendant coup pour coup », a commenté Aymeric Chappellier qui a avalé les 4 350 milles du parcours à un rythme effréné et qui n’a jamais cessé de se battre lors de ces 17 jours de course. « Nous avons laissé filer la première place dans les 150 derniers milles, après une nuit difficile lors de laquelle nous avons déchiré notre spi avant de prendre successivement deux filets dans la quille », a indiqué le skipper d’AINA Enfance et Avenir qui a, malgré ça, continué de s’accrocher jusqu’au bout. « Sans doute qu’avec la fatigue accumulée, nous avons manqué d’un peu de lucidité car nous avons réussi à nous dépatouiller rapidement du premier, mais nous avons percuté un peu tard que nous en avions un deuxième alors que nous avions, de ce fait, un petit déficit de vitesse par rapport à V and B », a avoué le navigateur Rochelais qui n’a ensuite plus réellement été en mesure de réussir à revenir sur son concurrent. « Alors qu’on avait de l’avance (environ 5 milles, ndlr), avec cette histoire, on s’est retrouvé un demi mille derrière lui. Dès lors, ça a été compliqué d’imaginer se refaire », a ajouté Aymeric qui n’a, de fait, pas eu de petit coup à tenter pour revenir au score et qui a ainsi laissé filer la victoire.
Un potentiel énorme
« C’est un peu dur de passer si près et de ne pas y arriver. Ça s’est joué à très peu de chose. Evidemment, c’est un peu frustrant mais c’est ainsi. L’année prochaine, à Pointe-à-Pitre, ce sera la bonne », a assuré Aymeric qui a, de fait, confirmé encore une fois après les Sables – Horta – Les Sables en juillet dernier, qu’il était incontestablement l’un des hommes à battre du circuit Class40. « Lors de ces 17 jours de course, j’ai énormément appris, sur moi et sur le bateau », a confié le jeune marin, rappelant à juste titre que son bateau a été mis à l’eau en juin dernier alors que Maxime Sorel dispose, lui, de deux années de recul, de fiabilisation et de perfectionnement de sa monture. « AINA Enfance et Avenir a un très gros potentiel. Cela me transcende et me donne deux fois plus de motivation pour la Route du Rhum », a relaté l’ingénieur qui peut non seulement se satisfaire des grandes capacités de sa machine, mais aussi de la manière dont lui et Arthur ont mené leur transat. « Dans l’ensemble, on a effectivement bien maîtrisé notre course. On a su lâcher des milles dans le vent fort au début pour ne rien casser, tout en restant au contact. Ensuite, on a suivi notre plan tranquillement, sans bourriner. Bien sûr, on a commis quelques petites erreurs, la plupart du temps liées au fait qu’on ne connait pas encore le bateau à 100%, mais globalement, on a fait de belles trajectoires », a annoncé le skipper, par ailleurs ravi de son duo avec Arthur Le Vaillant.
La Route du Rhum d’ores et déjà en ligne de mire
« On a pris énormément de plaisir à naviguer ensemble. On a toujours été très complémentaire et on s’est constamment motivé mutuellement », a-t-il expliqué. Sentiment partagé par son acolyte. « On a vraiment bien fonctionné ensemble. On s’est donné à fond en permanence. On s’est investi corps et âme dans l’histoire pour performer et faire plaisir à tous les gens formidables qui soutiennent ce projet. Au final, on monte sur la deuxième marche du podium. C’est assurément un bon résultat. Notre objectif de départ était de finir dans le Top 3. Le contrat est ainsi rempli », a commenté le jeune co-skipper d’AINA Enfance et Avenir qui gardera en tête une foule de choses. « Il y a eu des très bons moments. De plus, j’ai appris énormément au côté d’Aymeric qui est quelqu’un de très exigeant. La victoire était vraiment à notre portée et c’est précisément ce que nous allons retenir. Globalement, cette Transat Jacques Vabre a été magique. Vraiment magique. Il y a eu des jours où je me suis demandé comment il allait être possible de tenir la cadence mais à chaque fois, on a réussi à se dépasser et ça, c’est formidable », a terminé Arthur Le Vaillant qui va, tout comme son co-skipper, profiter de quelques jours de repos bien mérités après cette Route du Café digne d’une épreuve de match-racing. « On va atterrir doucement mais l’idée, c’est de ne pas perdre de temps. De mon côté, je rentre en France début décembre et j’ai d’ores et déjà prévu de commencer les entraînements dans la foulée car je n’ai d’ores et déjà plus qu’un seul objectif : la Route du Rhum 2018 », a terminé Aymeric Chappellier.
Le duo mixte clôture la 13ème édition de la Transat Jacques Vabre aujourd’hui, en début d’après-midi, à la 8ème place au classement général après 16 jours et 33 minutes de navigation à bord du monocoque de 60 pieds IMOCA Generali à la vitesse moyenne de 12,11 noeuds. Pour leur première traversée de l’atlantique dans cette catégorie de voiliers, Isabelle Joschke et Pierre Brasseur réalisent une belle performance. Hormis un pot-au-noir, cette zone de convergence intertropicale particulièrement difficile à franchir et qui aura été très pénalisant au classement, le tandem cher à Alain Gautier aura été dans la partie démontrant beaucoup de pugnacité, de clairvoyance et de détermination. C’est une page qui se tourne pour Isabelle Joschke avec cette Transat Jacques Vabre puisqu’elle ne naviguera plus sous les couleurs de Generali et recherche activement un ou des nouveaux partenaires pour courir la prochaine Route du Rhum puis le fameux Vendée Globe dont le départ sera donné à l’automne 2020.
Le kitesurfer français, Alexandre Caizergues, a battu hier sur le canal de Salin-de-Giraud et dans le cadre du Salt and Speed, son propre record du monde de vitesse en kitesurf sur 500 mètres avec une moyenne stratosphérique de 57,97 nœuds soit 107 km/h. Son précédent record était de 56,62 nœuds. Le rider provençal entre, à nouveau, dans l’histoire de son sport et des records de vitesse au sens strict et s’approche de plus en plus des 65,45 nœuds du Sail Rocket, détenteur du record de vitesse absolu à la voile. Dans des conditions dantesques, un mistral soufflant parfois à 50 nœuds, Charlotte Consorti, détentrice du record féminin, et Alexandre Caizergues ont enchaîné les runs toute la journée. Ils ont tutoyé des vitesses supersoniques pour des engins à voile. Le Salt and Speed acte 5 a débuté de la meilleure des manières. L’Américain Rob Douglas rejoindra Charlotte et le « Usain Bolt » du kite dans les jours qui viennent afin d’aller encore plus vite !
Ian Lipinski, skipper du voilier Griffon.fr, remporte la Mini Transat La Boulangère 2017 au Marin en Martinique. Le navigateur francilien, lorientais d’adoption, a coupé la ligne d’arrivée de la deuxième étape de cette traversée de l’atlantique en solitaire, sans assistance et sans communication en tête aujourd’hui à 14h30 après 13 jours 22 minutes 34 secondes de navigation et une trajectoire parfaite. Ian Lipinski avait remporté la première étape entre La Rochelle et Las Palmas aux Canaries pour 113 secondes. Cette fois, il n’aura pas laissé beaucoup de places à ses adversaires. Ian entre dans l’histoire de la Classe Mini et de la course au large en devenant le premier marin à gagner la Mini Transat en voilier de série et en prototype, le tout consécutivement. C’est une grande victoire pour cet athlète singulier, attachant, ingénieur de formation et qui est venu à la compétition à la voile sur le tard. Ian Lipinski entre ce jour au panthéon des grands navigateurs français.
Le Class40 AINA Enfance et Avenir a été baptisé ce mercredi 2 novembre, au Havre, par Laurent Voulzy, chanteur, compositeur et parrain de l’association. Un moment chargé d’émotion pour Aymeric Chappellier, son équipe et ses partenaires qui ont œuvré durant de longs mois à la construction du bateau et au lancement du projet. Un projet ambitieux dont le prochain volet n’est autre que la Transat Jacques Vabre, course en double que le marin rochelais va disputer avec Arthur Le Vaillant, et dont le coup d’envoi sera donné dimanche prochain, à 13h35.
Sur le fil, le skipper francilien, lorientais d’adoption, remporte ce jour la première étape de la Mini Transat La Boulangère. Ian Lipinski aura mis 9 jours 23 heures et 22 minutes pour parcourir la distance La Rochelle – Gran Canaria à la moyenne de 5,64 nœuds. Griffon.fr devance de 113 secondes « Antal – XPO » mené par Arthur Leopold – Léger qui lui aura mené la vie dure ces derniers jours dans le petit temps. Ian enchaîne avec une 16ème victoire d’affilée dans la catégorie des prototypes de 6 mètres 50. Il va désormais se concentrer sur la deuxième étape de la Mini Transat La Boulangère qui débutera le 1er novembre en direction de La Martinique.