Etonnant voyageur ! L’italien Andrea Lodolo arpente les arcanes de la vie en perpétuel émerveillement. Alors qu’il se prépare avec une assiduité quasi monacale, à disputer l’an prochain la Golden Globe race, course autour du monde en solitaire, sans escale et sans électronique moderne à bord, il aborde en réalité un nouveau chapitre d’une vie tumultueuse, contrastée, marquée par une insatiable quête d’harmonie en une solitude réfléchie. Car depuis sa plus tendre enfance, Andrea recherche, chéri la solitude qu’il ne vit pas comme une rupture au monde. Bien au contraire. Elle est pour lui une connection et un moyen de capter, d’arrêter le temps. La mer lui offre l’espace infini et désolé où seuls importent le présent et les exigences de son bateau. Andrea voyage au coeur du temps, en quête d’équilibre entre création, improvisation et auto-détermination. L’ancien chef d’entreprise à succès vit la navigation comme une méditation. Le temps et l’espace s’y confondent, et de l’instabilité permanente de la mer naissent l’imagination, la créativité, moteurs essentiels de son existence.
Un remarquable parcours professionnel
Avant d’endosser le ciré de marin au long cours, Andrea Lodolo s’est d’abord singularisé par plusieurs parcours professionnels remarquables, notamment dans le monde de l’entreprise maritime numérique. Formé à la London School of Economics, il a notamment été CEO (directeur général) de Seably, une plateforme SaaS (Software as a Service) dédiée à la formation et à la performance des équipages maritimes, visant à moderniser et digitaliser l’industrie maritime. Il a dirigé cette entreprise vers des partenariats innovants, acquisitions et initiatives sectorielles, comme l’intégration de programmes de bien-être pour les marins. Sous sa direction, Seably a formé des dizaines de milliers d’utilisateurs et développé des partenariats industriels majeurs, comme par exemple une collaboration avec The Ocean Race, la célèbre course autour du monde. En 2023, à l’âge de 52 ans, il quitte délibérément l’activité managériale pour se consacrer à la voile et participer à la Golden Globe Race 2026 (départ le 6 septembre des Sables d’Olonne), course autour du monde en solitaire, sans escale et sans aide à la navigation moderne et électronique à bord. Andrea ne fait pas les choses à moitié. Il a déjà complété une qualification de 4 736 milles en Atlantique en solitaire à bord de Bibi, son Rustler 36, devenant ainsi l’un des premiers Italiens à se qualifier pour cette course particulièrement exigeante.
Naviguer, pour se réapprendre soi-même.
C’est donc peu dire qu’Andrea débute une nouvelle vie, dans le prolongement direct de ce qu’il a, depuis l’enfance, perçu comme sa véritable quête, le profond désir d’harmonie en solitude. La mer et la Golden Globe race lui offrent exactement le cadre et les moyens de vivre pleinement ses aspirations les plus profondes. Des aspirations sur lesquelles il met dès son plus jeune âge un nom, autisme Asperger. Un cadeau, pas un handicap aime-t’il souligner : « Je fais juste certaines choses plus vite que les autres, et d’autres moins vite… » Andrea a soif de découvertes, au premier rang desquelles la découverte de sa propre diversité. « La Golden Globe race, c’est une market place pour apprendre » répète-t’il à l’envie. » Seul en mer, une routine s’installe. On ressent chaque instant avec intensité. Le temps n’est plus celui des terriens. On ressent une présence. Naviguer seul, c’est une méditation infinie pour se découvrir, sans soucis, sans algorithmes pour décider de nos vies. Cette course, c’est une cure de détoxication pour ne plus vivre sous influence, mais se redécouvrir. »
« Je suis un marin d’eau douce… »
Enfant, Andrea réalise très vite que partir seul à bord d’un petit dériveur sur le lac de Côme répond à ses désirs encore mal formulés de solitude. Mais ce n’est qu’en 2022 qu’il décide de pousser à fond l’expérience maritime en solitude et au très grand large. « J’ai acheté Bibi, un Rustler 36, voilier robuste adapté aux exigences extrêmes de la course avec sa quille longue, ses grandes capacités de charge, et sa stabilité pour les mers du Sud. Je me suis lancé d’emblée et pendant 6 mois dans des navigations en solitaire, vers les Açores, les Canaries et la Mer d’Irlande. J’ai découvert que j’étais un marin d’eau douce. Alors je me suis installé en Bretagne (Port La Forêt) où j’ai été merveilleusement accueilli. J’y apprends toutes les ficelles du métier de marin, voilerie, matelotage… J’apprends à devenir marin d’eaux salées. »
L’oeil espiègle, la mèche rebelle, il tournoie et virevolte depuis de 15 ans en apesanteur autour des mâts de ses voiliers à une deux ou trois coques. Tel un Peter Pan, Thibaut Vauchel-Camus porte en lui les parfums d’aventure aux saveurs ambrés des îles caribéennes chères à son coeur, qui nourrissent sa singularité, sa fantaisie et ses inextinguibles envies de voyages. A bientôt 48 ans, l’éternel adolescent aborde pourtant son métier de coureur au large avec lucidité et réalisme. Il a réalisé la symbiose rare du plaisir et du rationnel, de la compétition et du partage. Pionnier convaincu de la première heure de la pertinence et de l’excellence du format de la Classe des Ocean Fifty, Thibaut distille saison après saison l’alchimie quasi parfaite entre la performance, la pédagogie, le partage des savoirs et des expériences vers un large panel d’observateurs qu’il parvient avec un naturel désarmant à conquérir autour des valeurs fondamentales propres aux hommes de mer, la générosité, l’inclusion et cette touche d’imaginaire, étincelle de ses passions.
The show must go on….
C’est un Thibaut Vauchel-Camus meurtri, touché plein coeur par la disparition subite d’un ami, confident, fidèle d’entre les fidèles, son boat captain Laurent Gourmelon décédé le 12 février dernier. The show must go on et toute l’équipe de Solidaires En Peloton, riche du souvenir de ce pilier de leur équipe de course au large, s’attèle à préparer une nouvelle saison de la Classe des trimarans de 50 pieds, les Ocean Fifty, à l’alléchant programme qui mixte harmonieusement épreuves en équipages, runs de vitesse et navigations en solitaire. « Laurent était non seulement notre boat captain, mais aussi un équipier de base en Grand Prix. Son départ marque une certaine rupture dans la continuité du projet, qu’il nous faut gommer au plus vite. » précise Thibaut avec lucidité. « Mais cette année 2026 est particulière pour nous avec ce grand rendez-vous Malouin et Guadeloupéen de l’automne, la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. Il nous faut tirer le meilleur parti des épreuves de l’année, 4 ACTS de fin avril à mi septembre, en Méditerranée, Atlantique et Manche, parfaits pour se préparer au solitaire entre Saint Malo et Pointe-à-Pitre. »
Fiabiliser et mieux connaitre le bateau dans la perspective du Rhum
Depuis l’acquisition en 2023 de l’ex Arkema de Quentin Vlamynck, plan Neyhousser de 2020, Thibaut n’a guère eu l’occasion d’appréhender son rapide coursier en solitaire. « Avec la fiabilisation, l’apprentissage en solo de cette nouvelle monture sera une des grandes priorités de la saison » souligne t’il. Car une échéance particulièrement importante s’avance, cette transat mythique en solitaire entre ses deux villes de coeur, Saint Malo, où il est basé, et Pointe-à-Pitre, la Guadeloupe où il a grandi. « Mon chavirage dans l’édition 2022 de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe est toujours présent dans un coin de ma tête » reconnait-il. « Je tiens à remettre l’histoire dans le bon sens. C’est le moteur de notre engagement de l’année, pour faire honneur à Laurent. »
Un circuit à maturité
« La Classe Ocean Fifty a gagné ses galons de la crédibilité » poursuit Thibaut, convaincu de la première heure et fier de sa deuxième place au classement du championnat 2025. » Le plateau affiche 11 voiliers très performants et présente un circuit particulièrement homogène où chacun peut s’exprimer et prétendre à la victoire. Avec l’arrivée de partenaires de qualité, le programme est plus attrayant que jamais, et propose différents formats sur tout le littoral de l’hexagone. On note aussi l’arrivée de nouveaux marins très prometteurs, preuve du dynamisme de la Classe. Nos bateaux savent tout faire, du solo, de l’équipage, des Grands Prix et des transats, avec un ratio coût/expérience très intéressant pour nos annonceurs. La Classe Ocean Fifty propose une véritable immersion de vie nautique à ses partenaires. Il existe ainsi une authentique harmonie entre nos partenaires et l’environnement sportif de haut niveau proposé par ce circuit. »
Un retour émotionnel percutant
Thibaut n’en fait pas mystère, la puissance émotionnelle de la course au large telle qu’il aime la pratiquer se partage, et son projet Solidaires En Peloton voué aux 140 000 patients atteints de la sclérose en plaques en résume l’essence ; « Nous tournons résolument le dos aux projets qui ont leur part égocentriques de la voile hauturière classique. Les vibrations, les émotions générées par nos courses, par la mer, la nature, se partagent avec intensité dans l’euphorie des compétitions. La Classe Ocean Fifty privilégie cette approche ». Alors bien sûr, tout n’est pas idéal et Thibaut perçoit viscéralement les revers d’une si brillante médaille ; « L’obsolescence programmée de nos bateaux est problématique. Notre éco système est loin d’être vertueux et il nous faut donner de la longévité à nos voiliers tout en uniformisant les performances. Nous refusons les courses à l’armement. »
« Se nourrir de notre expérience développée sur notre voilier de compétition Mini 6.50 Nicomatic – Petit Bateau, totalement volant, pour la dupliquer à la plaisance de façon raisonnée » : la citation est de Benoît Marie, cofondateur de la société lorientaise SKAW Sailing, pour définir le travail du réacteur de l’entreprise, SKAW LAB, son bureau d’études. Zoom…
Mettre au point la technologie des bateaux de demain
« Nous sommes partis, ces dernières années, du constat que la plaisance n’avait pas beaucoup évolué et reste toujours éloignée de ce qui se fait dans la course au large, à savoir des bateaux volants à foils, des scows (étrave ronde)… La compétition à la voile doit apporter au plus grand nombre quelque chose de meilleur.
Partant de ce principe, nous avons fondé SKAW LAB, un bureau d’études en architecture navale qui imagine, développe et met au point la technologie des bateaux de demain. Je pense aux foils, aux formes de carène, aux structures, aux systèmes embarqués, au pilote automatique, aux analyses de données, à l’hydrodynamique et évidemment à la construction…
Nous proposons de couvrir la totalité de cette chaîne de valeur à nos clients, avec l’ambition très concrète d’avoir l’impact le plus positif possible sur la planète », explique Benoît Marie.
En quelque sorte, SKAW LAB accompagne ses clients de A à Z, en commençant par la définition du cahier des charges jusqu’aux tests sur l’eau. SKAW LAB, véritable bureau d’études augmenté, est composé de six ingénieurs : deux architectes, deux ingénieurs en optimisation numérique et deux ingénieurs spécialisés dans la gestion de projet et la construction, réalisées avec des chantiers partenaires avec lesquels SKAW a l’habitude d’opérer.
De plus, Caroline Boule et Benoît Marie collaborent régulièrement avec le designer Clément Bercault (Berco Design), avec qui ils sont particulièrement complémentaires, ainsi qu’avec un pool d’experts – prestataires choisis en fonction des projets – comme l’architecte Sam Manuard ou des spécialistes de la Coupe de l’America.
Mais qui sont les clients de ce bureau d’études novateur ?
« Nos innovations profitent à notre Mini 6.50 de compétition, que nous continuons de développer et qui sera en compétition cette année avec Caroline et notre fidèle pool de partenaires », répond Benoît.
« Nous avons dernièrement co-dessiné avec Clément un Zodiac de 4 mètres de la gamme Yacht Line de la marque. Zodiac souhaitait redonner du souffle à cette gamme. Il est assez différent de ce qui se fait sur le marché, avec des formes concaves, et pensé en fonction des retours des utilisateurs, qui peuvent l’utiliser comme une annexe.
Nous travaillons également actuellement pour un grand constructeur de bateaux et pour des projets disruptifs en repartant d’une page blanche pour améliorer l’expérience utilisateur et l’efficience afin de diminuer les consommations de carburant notamment. »
SKAW LAB a également opéré pour Nautic Boat en concevant un bateau à moteur électrique de 8 mètres et en imaginant de nouveaux foils pour de nombreux monocoques volants sur le lac Léman.
SKAW A : le premier scow de plaisance au monde
Enfin, cette pépinière bretonne innovante a imaginé le SKAW A, plan Marie-Bercault, un voilier qui devrait révolutionner le monde de la plaisance. Benoît Marie précise :
« Le SKAW A est en phase de fin de construction à Lorient. C’est, à mon avis, le bateau de plaisance idéal. Il sera fun, rapide, sûr et simple à la fois. Son objectif est d’appliquer la technologie de la course au large au plus grand nombre à travers cette première unité. Il sera le premier scow de plaisance au monde, avec une carène très large à l’avant, des innovations partout pour améliorer la vie de l’utilisateur, de grands foils qui permettront au SKAW A non pas de voler pleinement, mais d’offrir une stabilité hors norme tout en restant très simples à manier, ainsi que des aménagements modulables. »
La mise à l’eau du SKAW A est attendue cet été. Il sera un voilier durable, avec, dès sa conception, de nombreuses techniques innovantes, comme l’utilisation de résines et de fibres biosourcées.
Après ses formidables Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina, où il a décroché la médaille de bronze en sprint et remporté le relais avec Emily Harrop, Thibault Anselmet, après un peu de repos, s’est rapidement remis en piste afin de préparer la suite de la saison. Leader du classement général de la Coupe du monde à ce moment-là, le Français n’a toutefois pas participé à l’étape disputée en Azerbaïdjan, la délégation tricolore ayant décidé de ne pas s’y rendre pour des raisons géopolitiques évidentes.
Le champion olympique occupe désormais la deuxième place du classement général, à 119 points du Suisse Rémi Bonnet. À trois étapes de la fin de la saison, il devra réaliser de grandes performances pour espérer décrocher un quatrième gros Globe de cristal, ce qui le placerait à hauteur historique de l’Italien Robert Antonioli.
« Il y a du suspense pour cette fin de saison », confie Thibault Anselmet. « En gros, il faut que je fasse des podiums à chaque compétition ou que je gagne au moins deux courses. C’est possible, mais il va falloir que je sois très bon et en grande forme. Cette relative longue pause depuis les Jeux m’a permis de me reposer, mais aussi de reprendre graduellement et sérieusement l’entraînement. Je me sens prêt et capable de l’emporter en Italie, en France et en Suisse lors des trois dernières étapes de la Coupe du monde. Il faudra tout de même que je prenne quelques risques pour rattraper les 119 points qui me séparent actuellement de Rémi. Mais je ne me mets pas trop de pression, car ma saison est déjà réussie avec mes résultats aux Jeux. »
Justement, peux-tu revenir sur tes premiers Jeux olympiques ?
« J’en garde surtout du positif. Cela a été une superbe expérience pour la suite de ma carrière. Sur le sprint, même si j’aurais pu faire mieux, je suis très satisfait de cette troisième place. Je me suis battu jusqu’au bout en remontant progressivement et en réussissant parfaitement ma manipulation avant la descente. Je suis revenu de loin : en quart de finale, je ne suis pas passé loin du correctionnel après une grosse erreur de manipulation en remettant mes skis dans mon sac. Puis en demi-finale, je suis repêché au temps. J’étais clairement un peu bloqué par l’enjeu lors de cette journée, avec une charge émotionnelle très forte qui m’a certainement joué des tours. Cette séquence m’a toutefois permis de mieux me connaître dans une situation de pression olympique. Et je dois dire que cela m’a servi deux jours plus tard lors du relais, où j’étais beaucoup plus libéré, jusqu’à remporter l’épreuve avec Emily. »
De nombreuses ces derniers jours pour Julia Simon, Alexia Barrier, Thibault Anselmet, Thomas Ruyant, Le Belem, Pierre Le Roy … avec de multiples JT TV, Radios et sujets en presse écrite et radio…
De nombreuses ces derniers jours pour Julia Simon, Alexia Barrier, Thibault Anselmet, Thomas Ruyant, Le Belem, Pierre Le Roy … avec de multiples JT TV, Radios et sujets en presse écrite et radio… Voici quelques exemples… https://www.tf1info.fr/jeux-olympiques/video-reportage-jo-2026-a-la-rencontre-de-thibault-anselmet-n-1-mondial-de-ski-alpinisme-mordu-de-photo-animaliere-2424869.html https://www.latribune.fr/article/la-tribune-dimanche/sports/4080227175863414/les-jo-n-ont-jamais-ete-un-sujet-a-la-maison-dans-lintimite-de-thibault-anselmet-ce-forcat-de-la-montagne https://rmcsport.bfmtv.com/jeux-olympiques/biathlon-jo-julia-simon-ecrit-l-histoire-et-devient-la-premiere-francaise-triple-championne-olympique-aux-jeux-d-hiver_AV-202602180682.html https://www.lefigaro.fr/sports/jeux-olympiques/jo-2026-en-video-l-arrivee-triomphale-de-julia-simon-avec-le-drapeau-francais-pour-decrocher-l-or-20260218 https://www.lequipe.fr/Jo-2026-milan-cortina/Biathlon/Actualites/Histoire-de-quatre-relayeuses-en-or-jamais-reellement-inquietees-c-est-agreable-de-ne-pas-avoir-besoin-de-se-faire-mal/1653344 https://www.voileetmoteur.com/voiliers/actualite-voile/le-belem-se-refait-une-beaute-a-saint-nazaire-pour-preparer-la-saison-de-ses-130-ans/210322 https://figaronautisme.meteoconsult.fr/actus-nautisme-bateaux/2026-02-16/85887-le-belem-est-unique-irremplacable-dernier-temoin-dune-epoque-revolue https://www.lequipe.fr/Voile/Actualites/Alexia-barrier-qui-a-boucle-le-trophee-jules-verne-avec-un-equipage-100-feminin-repartir-dans-deux-ans-serait-un-bel-objectif/1636995 https://www.lemonde.fr/sport/article/2026/01/26/trophee-jules-verne-alexia-barrier-et-son-equipage-etablissent-un-temps-de-reference-feminin_6664160_3242.html https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/franceinfo-sport/voile-l-exploit-des-navigatrices-du-trophee-jules-verne-5507601 https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/finistere/brest/direct-video-trophee-jules-verne-alexia-barrier-et-son-equipage-100-feminin-terminent-leur-tour-du-monde-suivez-leur-arrivee-des-11h15-3280817.html https://www.ouest-france.fr/route-du-rhum/route-du-rhum-pour-le-moment-le-bateau-est-blanc-on-na-pas-de-partenaires-confie-thomas-ruyant-5f540350-0100-11f1-9e89-9e77cb2f3c37 https://www.francebleu.fr/emissions/ma-france-le-journal-des-regions/aucun-aidant-ne-devrait-naviguer-seul-declare-le-navigateur-pierre-le-roy-9301005
Julia Simon, que TB Press accompagne en relations presse, décroche à l’instant une troisième médaille d’Or Olympique suite à la performance MAJUSCULE du relais féminin (Julia, Lou, Camille et Océane). La championne entre dans l’histoire puisqu’elle est la première française à remporter 3 médailles en OR sur des Jeux Olympiques d’Hiver. Elle rejoint les légendes Fillon-Maillet, Fourcade et Killy, 34 ans après la médaille d’Or d’une équipe de France féminine biathlon aux Saisies, la station de Julia. Epoustouflant !
Il est concentré sur la recherche de partenaires pour une quatrième participation au Vendée Globe et à plus court terme pour la Route du Rhum Destination Guadeloupe et The Ocean Race. Il construit aussi un nouveau voilier à Lorient. Entre-temps, Thomas Ruyant, qui ne s’est pas posé depuis quelques années, retrouve les plaisirs de la vie à terre et surtout de la pratique intensive du sport. Grand fan de sport, le patron dunkerquois de l’écurie de course au large TR Racing cultive son physique afin d’être au top lorsqu’il retrouvera son ciré. Il suit également de nombreuses compétitions derrière son écran. Zoom…
Le sport en spectateur
« Je suis un passionné de sport et de tout ce qu’il représente. Je le suis beaucoup derrière mon écran. Il n’y a quand même pas grand-chose qui donne autant d’émotions. Je regarde activement actuellement les Jeux Olympiques d’Hiver de Milan – Cortina. Je regarde aussi le foot, le rugby, la Formule 1, le golf. J’aime la beauté des gestes et évidemment la compétition et les réactions qu’elle génère. Je trouve ça passionnant. Je me rends aussi de temps en temps dans les stades de foot à Dunkerque, Lorient ou Paris. J’ai également un sacré souvenir d’un match de basket au Madison Square Garden et au Yankee Stadium pour le baseball à New York. Enfin, samedi soir, j’étais à Dunkerque pour donner le coup d’envoi d’un match de Hockey. Je suis supporter des Corsaires de Dunkerque. »
La pratique du sport dès l’enfance
« J’ai toujours pratiqué. Dès l’âge de 5 ans, mes parents m’ont inscrit au club de hockey sur glace de Dunkerque. Mon père a pas mal patiné au Canada et il m’a refilé son virus. Je me revois pousser des chaises sur la patinoire afin d’apprendre à patiner. J’en ai fait pendant 10 ans, 3 à 4 fois par semaine, avec un emploi du temps aménagé en CM1 et CM2. Nous nous déplacions très souvent, notamment en Allemagne. J’en garde de très bons souvenirs. J’arrête le hockey à 15 ans et je me mets à l’athlétisme et à la course à pied. Entre-temps, habitant à Malo-les-Bains, j’ai toujours fait un peu de bateau. »
La voile sur le tard
« Je prends part à ma première régate à 16 ans au lac du Der, une interligue en Laser Radial. C’est là que je découvre la compétition vélique. J’enchaîne ensuite avec le First Class 8 au sein de l’association des jeunes régatiers dunkerquois. Je participe alors à un championnat de France. Ensuite, après le bac, je fais STAPS dans le Nord, en première année, période durant laquelle je faisais beaucoup de Class 8. Je fais ma deuxième année à La Réunion, où je rencontre pas mal de sportifs réunionnais, dont le niveau est incroyable. Je découvre alors le surf. À mon retour, je participe au Tour de France à la Voile à bord du Mumm 30 Défi Jean Bart, puis je navigue avec Géry Trentesaux et Daniel Souben à bord des Courriers Dunkerque. Je découvre alors l’exigence d’une équipe de haut niveau et tout ce que demande la course au large pour être performant. Cela me plaît vraiment, ce qui me décide à me lancer en Mini 6.50 en 2005. Dès 2009, je remporte la Mini-Transat. Je décide alors de faire de la voile mon métier jusqu’à ce jour : de belles victoires en transat (6), trois Vendée Globe et de nombreuses compétitions. »
Le sport comme mode de vie
« Le sport a toujours été très présent dans ma vie. Je le pratique à raison de 5 à 6 heures par semaine selon les périodes, quand je ne suis pas en mer. Ces dernières années, pour le plaisir et parce que j’aime ça, je pratique le surf, le wingfoil à volonté. Au-delà de la course au large, j’aime les sports tournés vers la mer. Tous les matins, je me lève en regardant les conditions du jour pour savoir sur quels supports je vais pouvoir m’éclater. Je cours aussi régulièrement et récemment je teste le padel ou l’Hyrox. J’aime aussi les sports de montagne. Dans une autre vie, je serai montagnard : j’aime le ski-alpinisme. »
Le sport pour la course au large de haut niveau
« La pratique de multiples sports me permet naturellement de me préparer pour mes saisons sportives sur l’eau. Nous naviguons sur des voiliers très exigeants et il faut savoir encaisser les chocs, ne serait-ce que pour vivre à bord de nos IMOCA. On enchaîne aussi des séances intensives avec des manœuvres de voiles de 45 minutes d’effort ou de matossage. Il est donc primordial d’être en très bonne condition physique. Quand j’ai des objectifs sportifs, j’ajoute à tout ça du travail en salle (gainage, cardio…). J’ai fait une petite pause ces derniers temps, me consacrant surtout au sport de façon ludique, mais je vais m’y remettre afin de préparer la Route du Rhum, course à laquelle je ne me vois pas ne pas participer avec mon nouveau bateau, car je suis tenant du titre. La Route du Rhum 2026 ne peut pas se faire sans moi ! »
Karting, bowling, trampoline park, laser game, jeux d’arcade… Le loisir indoor figure aujourd’hui parmi les trois sorties préférées des Français, derrière le cinéma et les musées. En France, le marché a dépassé le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2023 et totalise près de 13 millions de visites annuelles, selon le SPACE, l’association professionnelle du secteur. Un marché encore très fragmenté, mais en pleine structuration.
Dans ce paysage, NIKITO s’est rapidement imposé comme un acteur de référence. Fondé en 2020, le groupe figure aujourd’hui parmi les cinq principaux acteurs du marché français et s’affirme comme le numéro 1 en Île-de-France. En cinq ans, son chiffre d’affaires est passé de 2,5 millions d’euros en 2023 à 14 millions en 2025, avec près de 700 000 visiteurs accueillis l’an dernier.
Mais l’intérêt de NIKITO ne tient pas seulement à cette croissance. Il réside dans le modèle défendu par son fondateur, Hugo Perpere, ancien directeur des achats et du digital chez Nature & Découvertes : repenser le loisir indoor comme une destination immersive, capable de rassembler des publics très différents et de redonner de l’attractivité aux territoires.
Deux formats complémentaires, une même ambition
NIKITO s’appuie aujourd’hui sur deux formats complémentaires. Les premiers parcs, d’environ 3 000 m², implantés notamment à Alfortville et Franconville (ouverture février 2025), sont centrés sur les loisirs actifs et familiaux : trampoline park, Parcours Ninja, Plaine de jeux (pour les enfants de moins de 3 ans) activités physiques ludiques, à destination des enfants de 7 à 12 ans et de leurs familles.
Le second format marque un changement d’échelle. Inauguré en avril 2024 à Rosny-sous-Bois, au sein du centre commercial Domus, NIKITO Rosny s’étend sur 10 000 m² et se présente comme un véritable parc d’attractions indoor. Bowling, karting électrique, jeux immersifs, restauration, espaces événementiels : le lieu est conçu pour accueillir familles, adultes et entreprises. En moins d’un an, ce site a accueilli près de 400 000 visiteurs, plaçant NIKITO Rosny dans le top 10 des parcs d’attractions français, toutes catégories confondues. Cette dynamique se poursuit avec l’ouverture, en octobre dernier, d’un nouveau site de plus de 7 000 m² à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne), confirmant l’ambition du groupe sur les formats de grande envergure.
Cette diversité de formats permet aux parcs NIKITO de vivre toute la semaine : les familles le week-end, les groupes d’amis en soirée et les entreprises en semaine. Le team building représente aujourd’hui près de 20 % du chiffre d’affaires du groupe, une part appelée à croître. À Sainte-Geneviève-des-Bois, NIKITO a ainsi aménagé L’Octogone, un espace événementiel immersif (projection 360) et modulable de 200 places, permettant aux entreprises d’enchaîner réunions, restauration et activités de loisirs sur un même site.
« Notre ambition, explique Hugo Perpere, c’est de développer des lieux où se croisent des publics très différents sans segmentation sociale ou générationnelle. Des lieux conviviaux, aux tarifs accessibles, qui encouragent les interactions et les moments partagés, loin des écrans et du quotidien. »
Réinventer les loisirs par l’expérience
Au-delà de la diversité des activités proposées, NIKITO s’appuie sur la technologie pour réactualiser des loisirs dits « classiques ». Bowling interactif, fléchettes augmentées, quiz inspirés des jeux télévisés : les formats sont retravaillés pour créer de l’engagement et répondre aux attentes d’un public de plus en plus exigeant. « L’idée, ce n’est pas de venir consommer une attraction, explique Hugo Perpère. C’est de choisir ce qu’on a envie de faire et de construire sa propre expérience. »
Cette approche s’incarne notamment dans Prison Island, un action game collaboratif à la différence des escape games traditionnels, ce jeu de coopération repose sur un format ouvert. Les équipes circulent librement entre 35 cellules (37 à Sainte-Geneviève), choisissent leurs défis et construisent leur propre parcours, mêlant défis physiques et tactiques.
L’immersion comme signature
Inspirés des parcs d’attractions et des codes du jeu vidéo, les parcs NIKITO placent l’immersion au cœur de l’expérience. Tous les sites du groupe accordent une attention particulière à la cohérence des univers, mais c’est à NIKITO, à Rosny-sous-Bois, que cette ambition s’exprime de la manière la plus aboutie.
Avec ses 10 000 m², ce parc situé à une vingtaine de minutes de Paris-Centre en métro est conçu comme un univers narratif à part entière. Le visiteur embarque dans un vaisseau spatial qui donne accès à différentes « planètes » thématiques — volcans, glace, univers sucré. Chaque zone possède ses décors, ses ambiances lumineuses et sa propre identité. Les activités ne sont plus juxtaposées : elles deviennent les étapes d’un parcours continu.
Ce choix repose sur des investissements lourds et assumés. « À Domus, près d’un million d’euros ont été consacrés à la seule scénographie lumineuse », souligne Hugo Perpère. Plus largement, le groupe a investi plus de 20 millions d’euros sur la période 2024-2025, et prévoit 20 millions supplémentaires d’ici 2026-2027. Un choix stratégique qui constitue à la fois un facteur de différenciation fort et une véritable barrière à l’entrée sur un marché de plus en plus concurrentiel.
La qualité du service et l’humain comme facteurs de différenciation
Dans un marché très concurrentiel, NIKITO mise avant tout sur une forte culture opérationnelle. Accueil, propreté, gestion des flux de visiteurs, mais aussi confort sonore et lumineux sont considérés comme des éléments centraux de l’expérience. « On ne vient pas chez nous pour une attraction isolée, mais pour passer du temps, explique Hugo Perpere. Chaque détail compte, de l’entrée jusqu’à la sortie. »
Cette exigence se traduit très concrètement dans la conception des parcs. Des designers lumière et des acousticiens ont été mobilisés pour éviter les ambiances agressives et permettre aux visiteurs de rester plusieurs heures sur place sans fatigue sensorielle. Les outils digitaux viennent compléter ce dispositif pour fluidifier les parcours et gérer des volumes de fréquentation élevés, jusqu’à 5 000 visiteurs par jour sur les plus grands sites.
Mais pour NIKITO, la vraie différence se joue d’abord sur le terrain humain. En deux ans, le groupe a créé près de 200 emplois. Les équipes sont jeunes, autour de 23 ans, souvent issues de parcours non linéaires, avec ou sans diplôme. Le modèle repose sur la formation interne et la responsabilisation : 90 % des managers sont issus de la promotion interne. « Nous croyons beaucoup au pouvoir d’agir. Donner des responsabilités, faire confiance, c’est ce qui crée l’engagement. Et l’engagement des équipes, c’est la clé d’une expérience client réussie », résume Hugo Perpere.
Un impact structurant pour les centres commerciaux
Implantés au cœur de centres commerciaux, notamment à Domus (Rosny-sous-Bois) et au Quai des Marques (Franconville), les parcs NIKITO participent à la redynamisation de sites confrontés à la baisse de fréquentation. Dans ces deux centres, l’arrivée d’un parc NIKITO a entraîné une hausse de plus de 30 % des flux de visiteurs, avec des effets directs sur l’activité locale et l’emploi.
Cette dynamique explique l’intérêt croissant des bailleurs pour l’intégration de loisirs indoor. « Ayant vécu plusieurs années aux États-Unis, j’ai pu observer très tôt l’émergence de ces lieux hybrides mêlant commerce, restauration et loisirs. C’est clairement l’avenir des centres commerciaux », explique Hugo Perpère. « Notre modèle montre qu’on peut recréer de l’attractivité commerciale en répondant aux nouveaux usages et au besoin de lien social », conclut-il.
Le Belem fête cette année ses 130 ans d’histoire. Après son traditionnel chantier hivernal à Saint-Nazaire, il reprend la mer dès le 1er mars et embarque la jeunesse. 130 jeunes issus d’associations d’insertion embarqueront sur 4 navigations, dans le cadre d’une initiative portée par la Caisse d’Epargne, mécène de la Fondation Belem Caisse d’Epargne.
Pour sa première navigation publique, le Belem s’offre, du 10 au 21 mars, un contournement de la péninsule ibérique entre Bayonne et Barcelone. Ce convoyage, propice à la contemplation, sera ponctué d’ateliers d’écriture animés par l’autrice et artiste Françoise Le Golvan. La saison se poursuivra par une tournée des ports français, permettant au public de venir célébrer au plus près ce navire légendaire et son 130ᵉ anniversaire.
3 questions à Christelle de Larauze, déléguée générale de la Fondation Belem Caisse d’Epargne…
1) Pouvez-vous nous rappeler en quelques mots l’histoire du Belem ?
L’histoire du Belem peut être découpée en quatre grandes périodes. Il a tout d’abord été navire marchand de 1896 à 1914, puis yacht de luxe britannique de 1914 à 1951, navire-école italien de 1951 à 1979 et enfin, navire pour tous depuis 1979.
Le trois-mâts a été construit à la fin de la grande période des grands voiliers, alors que la machine à vapeur existait déjà. Il a donc bénéficié de toutes les innovations techniques de l’époque. Je pense à ses vergues volantes qui facilitaient les manœuvres.
Alors qu’à l’orée de la 1ère guerre mondiale, tous les grands voiliers disparaissent, faute d’utilité, le Belem est repéré par un notable fortuné, le duc de Westminster, qui le transforme en yacht pour ses loisirs. C’est à cette époque qu’il prend son apparence britannique avec ses balustres. Les luxueuses décorations sont encore visibles aujourd’hui. Le brasseur Guinness prend la relève et effectue un tour du monde en famille.
Il est ensuite racheté par le comte Vittorio Cini, de la fondation éponyme, à Venise, qui l’adapte en navire-école, une nouvelle destinée. Enfin, il est acquis par les Caisses d’Epargne qui créent une fondation pour assurer sa sauvegarde et le refaire naviguer. Il devient alors le fleuron de la marine à voile française.
Porté par sa bonne étoile, le Belem échappe miraculeusement à de nombreuses catastrophes (éruption de la montagne Pelée, incendie, tsunami ….). Le monument résiste au temps grâce à ses armateurs successifs qui ne cessent de l’entretenir. Il devient un symbole qui émerveille toutes les générations. Il est unique, irremplaçable car dernier témoin d’une époque révolue.
2) L’année « anniversaire » va débuter par l’opération 130 ans – 130 jeunes. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?
La venue de 130 jeunes dès le début de saison pour quatre navigations exceptionnelles est très symbolique de l’année des 130 ans du Belem. C’est un trait d’union entre son passé et son futur, et rien de mieux que cette opération orchestrée par la Caisse d’Epargne pour démontrer l’intemporalité du Belem. Il plaît à toutes les générations et il n’a pas pris une ride !
L’engagement des Caisses d’Epargne envers la jeunesse sera renforcé d’une part en navigation, grâce à des ateliers innovants autour des questions d’argent, favorisant la réflexion, l’autonomie et la confiance des jeunes dans la gestion de leurs finances personnelles. Et aussi à l’issue des navigations, grâce à une proposition de mentorat personnalisé. Chaque jeune pourra être accompagné sur plusieurs mois pour construire ses projets d’avenir.
3) Enfin, comment s’est déroulé le chantier hivernal à Saint-Nazaire ?
Le Belem a passé plusieurs semaines en cale sèche dans la forme de radoub de Saint-Nazaire afin d’y effectuer ses travaux d’entretien annuels, notamment de structure. Le spardeck a retrouvé son étanchéité et le mécanisme de barre a été restauré.
Pour permettre au Belem de continuer à naviguer, un entretien régulier et minutieux est essentiel. Nous prévoyons, à l’hiver 2026–2027, un important chantier de restauration de la poupe. Une partie de la coque endommagée sera remplacée, nécessitant des travaux techniques d’envergure, rares et coûteux. Ces interventions permettront au Belem de retrouver une nouvelle jeunesse et de continuer à faire naviguer les prochaines générations.
C’est le seul titre qui manquait à son palmarès. Julia Simon est championne Olympique de biathlon en relais mixte. La championne des Saisies, avec Lou Jeanmonnot, Quentin Fillon – Maillet et Eric Perrot, remporte le graal ! 10 fois championne du Monde, lauréate du gros Globe de Cristal, Julia entre dans la légende du biathlon et a frappé fort hier sur les Jeux Olympiques italiens en démontrant à nouveau au grand monde ses qualités de finisseuse.
TB Press est fière d’accompagner Julia en relations presse… La quinzaine Olympique a formidablement débuté pour Julia !
La voile est un sport dont l’une des particularités est de former des athlètes pluridisciplinaires, à la tête bien faite, aux épaules solides, et au coeur bien accroché. Caroline Boule et Benoît Marie sont de ces spécimens remarquables, non contents de briller sur l’eau, mais qui bouillonnent à terre de l’envie, du désir profond d’extrapoler en laboratoire et en chantier les fruits de leurs tribulations intellectuelles nourries par leurs succès sportifs. Fervents partisans des « scows » à foils, ces voiliers à gros nez, aux étraves larges, puissantes et planantes, dotés d’ailes d’eau, ce couple à la ville se démultiplie pour performer en régates, innover en laboratoire, et appliquer industriellement le fruit de leurs expérimentations et de leurs aspirations. Leur société SKAW, homophone du mot scow, résume en 4 lettres bien scandées un projet hydréen en pleine ascension, tracté par l’ambition sportive, décliné dans la construction de SKAW A, bateau novateur alliant vitesse et confort, et activé par SKAW Lab, véritable hub d’innovation et d’optimisation.
A la vie, à la mer !
Vainqueur de la Mini Transat en 2013 pour sa route première participation, Benoît Marie s’est depuis imposé comme le maitre incontesté ès foils, ces appendices qui soulèvent la coque du bateau hors de l’eau. Appliquée à son Mini Nicomatic-Petit Bateau, cette technologie désormais bien maitrisée, lui a permis d’écraser littéralement la saison 2025, remportant les 6 épreuves à son programme, signant le record de plus grande distance parcourue en 24 heures par un Mini, avec ces ébouriffants 352,59 milles. Une exceptionnelle saison logiquement couronnée par un titre de champion de France de course au large en solitaire. Ingénieur, chef d’entreprise, navigateur de très haut niveau, Benoît a trouvé en Caroline Boule un alter ego totalement impliquée dans les projets sportifs et technologiques de leur société SKAW. « Mon parcours mêle navigation de haut niveau, ingénierie et engagement entrepreneurial. Chaque phase nourrit la suivante. » résume celle qui partage la vie de Benoît. Absente du circuit Mini pour d’excellentes raisons, la venue au monde de leur premier enfant, Caroline prendra cette année la barre de Nicomatic – Petit Bateau, avec la très légitime ambition d’égaler Benoît, en récupérant, pourquoi pas, et au passage, ce record des 24 heures qui fut longtemps sa possession.
SKAW A, un scow à foils, pour la régate et le plaisir
SKAW Sailing, la société créée par Benoît et Caroline, traduit en trois axiomes sa raison d’être : tester en course, construire en chantier, valider en navigation. Le couple a cristallisé autour de sa propre passion une équipe d’enthousiastes qui travaillent sur des projets tous plus ambitieux les uns que les autres, animés par l’innovation et la performance. SKAW Sailing concrétise en 2026 la construction du SKAW [A] à Lorient, un bateau inédit, qui allie confort et vitesse, luxe et compétition, sensations et tranquillité. L’objectif avoué est de créer le bateau du futur, “plus fun, plus rapide, plus sécurisé et plus simple”, totalement inspiré de leur Mini de compétition.
SKAW Lab – design et optimisation
SKAW Lab est l’unité d’innovation technique de SKAW Sailing qui explore, teste et développe des solutions avancées pour les voiliers contemporains afin de pousser les limites de la performance, de la sécurité et de l’efficacité en mer , en particulier dans les domaines du foil et du design naval innovant. Le bureau d’étude, le “lab”, a développé un logiciel très précieux dans la conception de ces bateaux volants. Il permet aux designers de prédire les performances des éléments hydrodynamiques (foils, coques, voiles) des bateaux conçus chez SKAW.
Un scow est un type de bateau à fond plat.
À l’origine, le scow est un bateau de travail utilisé pour transporter des marchandises (sable, gravier, bois…) surtout sur des eaux calmes comme les rivières, les canaux ou près des côtes. Son fond plat lui permet de naviguer en eaux peu profondes et d’être facilement chargé et déchargé. Le mot « scow » vient de l’anglais, lui-même issu du néerlandais schouw ou schuit, qui désignaient des bateaux à fond plat.
SKAW en chiffres :
2 : fondateurs Caroline Boule et Benoït Marie,
6 le nombre de salariés,
10 le nombre de prestataires,
56 le département de Skaw,
1067 le numéro du Mini 6.50,
2 la place de Benoît sur la dernière Mini Transat,
40 pieds la longueur du futur Skaw A
352,7 milles le record de la distance parcourue sur 24 heures en Mini 6.50 par Benoît Marie
Programme 2026 de SKAW SAILING :
La Plastimo Lorient Mini (PLM), départ de Lorient le 16 avril en double (Caroline Boule et Benoît Marie)
La Pornichet Select, départ le 2 mai de Pornichet en solitaire (Caroline Boule)
Mise à l’eau du SKAW A à Lorient – Mai
La Mini en Mai, départ le 25 mai de La Trinité-sur-mer en solitaire (Caroline Boule)
Le Trophée Marie – Agnès – Péron (MAP), départ le 4 juin de Douarnenez en solitaire (Caroline Boule)
La Mini Fastnet en juin, départ le 14 juin de Douarnenez en double (Caroline Boule et Benoît Marie)
Les Sables – les Açores – Les Sables (SAS), départ le 25 juillet des Sables d’Olonne (Caroline Boule)
Salon de Cannes avec le SKAW A – Septembre
Caroline Boule : Née à Varsovie, en février 1998, élevée en Pologne, Caroline Boule a commencé la voile très jeune en eaux douces.
Elle a poursuivi ses études au Royaume-Uni, à l’Imperial College of London, où elle s’est spécialisée en sciences des matériaux et ingénierie nucléaire, tout en intégrant l’équipe de voile de l’université.
Après avoir obtenu son diplôme en 2020, elle s’est installée en France pour débuter un doctorat à l’École Polytechnique tout en développant des projets de course.
Caroline s’est fait remarquer en construisant et en faisant naviguer son propre mini-voilier à foils « Bill » dans la classe Mini 6.50, une embarcation innovante capable de « voler » au-dessus de l’eau grâce à ses foils.
Elle a participé à la Mini Transat 2023 à bord de ce prototype, terminant 20ème.
En juillet 2024, elle a battu le record des 24 heures dans la catégorie Mini 6.50 en solitaire, parcourant 322,7 milles nautiques et devenant ainsi la première femme à établir ce record toutes catégories confondues dans cette classe.
Benoît Marie : Skipper professionnel et ingénieur français né en 1987, passionné par l’innovation dans la voile, notamment les voiliers volants (foilers).
Il s’est fait connaître en remportant la Mini Transat 2013, une course transatlantique en solitaire sur Mini 6.50, dès sa première participation.
Depuis, il a participé à de nombreuses compétitions en voiles performantes, y compris sur Moth International, Class A, Class C, ETF26 et Ultime — des catégories où les bateaux « volent » au-dessus de l’eau grâce aux foils.
Il est également spécialiste du développement technique des coques et voiles, concevant et optimisant des projets de pointe (comme le prototype Nicomatic-Petit Bateau).
En 2025, il a réalisé des performances remarquables, battant notamment des records de distance parcourue sur un Mini 6.50 en 24 h lors de la Mini Transat.
Les partenaires de Caroline et Benoît en Mini 6.50 :
La voile est un sport dont l’une des particularités est de former des athlètes pluridisciplinaires, à la tête bien faite, aux épaules solides, et au coeur bien accroché. Caroline Boule et Benoît Marie sont de ces spécimens remarquables, non contents de briller sur l’eau, mais qui bouillonnent à terre de l’envie, du désir profond d’extrapoler […]
C’est une journée à part, de celles qui ont le goût de l’histoire et des souvenirs marqués à jamais. Ce lundi, huit femmes, huit sourires et huit visages façonnés par le large ont offert la démonstration éclatante que les rêves peuvent devenir réalité. La Française Alexia Barrier, les Britanniques Dee Caffari et Deborah Blair, la Néerlandaise Annemieke Bes, la Suissesse et Néozélandaise Rebecca Gmuer, l’Espagnole Tamara « Xiquita » Echegoyen, l’Américaine Molly Lapointe et l’Australienne Stacey Jackson ont constitué le premier équipage 100 % féminin à boucler un tour du monde à bord d’un multicoque et sans escale. Jusqu’au bout, elles ont dû résister à une météo capricieuse. Sans grand-voile (déchirée par une tempête mercredi dernier) mais avec un grand cœur, elles ont bouclé la boucle après 57 jours, 21 heures et 20 minutes de mer.
Le franchissement de ligne à 12 heures a eu valeur de délivrance. C’était enfin le temps de la légèreté, des embrassades et d’une bière bien fraîche et bien méritée. À l’arrivée à Brest, elles ont allumé des fumigènes et goûté à l’accueil chaleureux des Brestois. Si la pluie a redoublé d’intensité, elle n’a eu raison ni de leur enthousiasme, ni de leur bonheur communicatif. Thomas Coville et Benjamin Schwartz, détenteurs du Trophée Jules Verne depuis la veille, leur ont remis des fleurs aux pontons, symbole du respect qui unit les femmes et les hommes de mer. Des centaines de spectateurs se sont ensuite massés autour de la scène pour les applaudir et les féliciter. Une communion avec le public, à Brest comme partout dans le monde à travers les réseaux sociaux, qui a montré la forte adhésion populaire qui les a accompagnés pendant 57 jours. Au fil de cette aventure hors norme, ces drôles de dames du large ont créé un précédent et une première marque de référence. Désormais, les huit navigatrices cultivent le doux espoir de susciter des vocations chez les petites filles et les convaincre d’écrire à leur tour leur propre histoire. Alexia et ses “girls”, elles, resteront à jamais les premières, à toujours des pionnières.
PAROLES DE NAVIGATRICES
Alexia Barrier (Française, 46 ans) :
« C’est une grande fierté et une grande délivrance. Ces derniers jours ont été très compliqués avec la météo, les avaries alors le fait d’arriver, c’est vraiment incroyable, je suis tellement fière de nous et des progrès. Ce qu’il y a de plus beau, c’est de voir la force du collectif et la manière dont nous avons pris soin de nous. Entre Deborah Blair, la plus jeune (23 ans) qui n’avait jamais franchi l’équateur et Dee Caffari (53 ans), la « daronne » et ses 7 tours du monde, nous avons su former une belle équipe et nous avons appris. On s’est lancé dans un défi de géant. Personne ne pouvait imaginer ce qui allait se passer. Nous y sommes allés avec insouciance, détermination et surtout avec la rage au ventre. Partir faire le tour du monde en multicoque, c’était culotté mais je suis heureuse de savoir qu’on fait désormais partie des géants. »
Dee Caffari (Britannique, 57 ans) :
« Après 57 jours en mer, nous avons la chance d’être de retour ici, à Brest, avec tout le public présent et tous ceux qui nous ont soutenus. Bien entendu, nous étions huit à bord mais cette performance, c’est aussi celle de tous ceux qui nous ont accompagnés pendant cette incroyable aventure. Merci aussi à ceux qui nous ont encouragés autour du monde. Le fait que Thomas Coville et Benjamin Schwartz nous offrent un bouquet de fleurs sur le ponton, c’est très symbolique. Ils ont réalisé une prouesse exceptionnelle mais on n’a pas dit notre dernier mot (rires) ! Quoi qu’il en soit, ce qu’on vient de réaliser pose les fondations pour construire l’avenir. »
Molly Lapointe (Américano-Italienne, 28 ans) :
« C’est un bonheur de voir la terre et de respirer à nouveau ! Bien sûr que ça a été long et ça n’a pas tous les jours été facile donc forcément, ça fait du bien d’être rentrée ! Les derniers jours, les conditions à bord ont été vraiment dures et le pire, c’est que ça a continué après avoir franchi la ligne d’arrivée ! Mais maintenant, c’est derrière nous. On va pouvoir prendre une douche et dormir dans un lit donc tout va bien ! »
Rebecca Gmuer (Suisse – Néozélandaise, 25 ans) :
« Je suis vraiment très fière de nous, de ce qu’on a fait et de savoir qu’on a réussi à revenir à Brest. Il y a eu des moments durs, nous avons été confrontées à des choses qui ne sont pas faciles à gérer. Pourtant, on a toujours réussi à être soudées dans les bons et les mauvais moments et à avancer ensemble, coûte que coûte. Maintenant on va pouvoir profiter ! »
Stacey Jackson (Australienne, 41 ans) :
« C’était un sacré challenge, on a eu tout ce qu’on peut affronter dans ce genre de défi. Ce qui est le plus difficile, c’est de réussir à ramener le bateau sans rien casser. Je suis très heureuse de cette aventure. En 57 jours, tu as forcément des jours difficiles mais ce qui compte, c’est de se rappeler pourquoi on est là, pourquoi on se bat. Et à la fin, c’est juste incroyable de le célébrer. J’ai la chance que mon copain soit venu de Sydney. Il a traversé le monde pour me retrouver ! »
Annemieke Bes (Néerlandaise, 47 ans) :
« Je crois que le moment dont je suis le plus fière, c’est celui que l’on vit aujourd’hui. Être là avec toute l’équipe et être aussi heureuse, c’est génial. Nous avons vécu des moments durs, des hauts et des bas, on a parfois douté, parfois pensé qu’on n’arriverait jamais au bout. Mais avec de la détermination, on a réussi, on a fini et j’en suis très heureuse. »
Deborah Blair (Britannique, 23 ans) :
« Comme nous toutes, je suis super contente de retrouver mes proches. Mon copain et mes parents sont venus ici, ils étaient déjà là au départ. Nous avons vécu de supers moments à bord, des instants de joie intense. Je pense au “Secret Santa” qu’on a fait à Noël et de notre petite et courte fête pour célébrer le nouvel an… C’était sympa mais j’ai quand même prévu de fêter à nouveau Noël avec mes proches dès que je rentrerai en Angleterre ! »
Tamara Echegoyen (Espagnole, 41 ans) :
« Je ressens beaucoup de bonheur de terminer ce tour du monde et cette sacrée aventure au sein de cette belle équipe. Il me tient à cœur de remercier profondément Alexia (Barrier). C’est elle qui a eu l’idée de ce projet, qui nous a rassemblées, qui y a cru, qui nous a permis d’aller au bout. Elle a transformé ce rêve en réalité et je lui en serais toujours reconnaissante ! »
PAROLES DE PARTENAIRES
Daniel Baal, président du CIC :
« Elles l’ont fait ! Pour la première fois, un équipage 100% féminin vient d’établir un temps de référence autour du monde et sans escale sur un maxi trimaran. Je tiens au nom du CIC à féliciter Alexia Barrier et ses sept coéquipières de The Famous Project CIC, ainsi que toute l’équipe qui les a accompagnées. Le défi était réel, il a été relevé dans l’adversité et contre les éléments. Ce tour du monde révèle la force d’un collectif au service de la performance, mais surtout il restera dans l’histoire. La performance des 8 femmes de The Famous Project CIC devient aujourd’hui le marqueur d’une évolution nécessaire de la société, dans le monde sportif autant que dans le monde de l’entreprise. »
Patrice Lafargue, président du GROUPE IDEC et d’IDEC SPORT :
« Jour après jour, à bord du maxi-trimaran, Alexia Barrier et son équipage ont démontré que toute réussite repose avant tout sur la force du collectif et l’engagement total. Envers et contre tout, elles ont avancé avec conviction et détermination, sans jamais dévier de leur cap. La performance ne se résume pas à une question de vitesse, mais à la capacité de tenir une trajectoire malgré les changements et les épreuves. Dompter un tel bateau n’est pas chose aisée. Les miles accumulés et les difficultés rencontrées ont forgé une expérience précieuse. Là où beaucoup auraient renoncé en cours de route, les huit navigatrices ont fait le choix de poursuivre, coûte que coûte. On ne peut que les féliciter. IDEC SPORT est fier d’avoir soutenu le projet The Famous Project CIC d’Alexia Barrier dans ce défi d’une exigence exceptionnelle. »
Eric Pasquier, Directeur général adjoint de Sopra Steria :
« L’exploit de ces huit navigatrices force le respect : tenir, jour après jour, seules face aux éléments, dans des conditions qu’on peine à imaginer depuis la terre ferme. Malgré les avaries accumulées, les décisions à prendre en quelques secondes qui engageaient tout, elles ont fait preuve d’une résilience exceptionnelle et sont allées jusqu’au bout. Chez Sopra Steria, nous sommes très fiers d’avoir été à leurs côtés tout au long de cette aventure, avec nos technologies et l’élan de nos 50 000 collaborateurs. »
Amanda Mille, Directrice de la marque et des partenariats de Richard Mille :
« Cette tentative du Trophée Jules Verne a été une véritable performance, autant sportive qu’humaine. Malgré les avaries et les conditions exigeantes, l’équipage est allé au bout avec une résilience remarquable, démontrant que terminer dans ces conditions relève d’un véritable exploit. Nous sommes fiers de la prouesse réalisée par les filles qui ont su rester engagées jusqu’au bout. »
Les 8 navigatrices de The famous Project CIC naviguent depuis hier soir 20 heures 53 minutes la tête à l’endroit. Elles ont en effet franchi l’équateur en leur 48ème jour de mer, et naviguent à présent dans l’hémisphère nord. Devant leurs étraves, les dernier 3 000 milles de leur incroyable périple, soit une pleine semaine de navigation tortueuse à souhait, entre négociation de l’anticyclone des Açores et les dépressions d’Atlantique Nord. « On est super contentes, de notre temps depuis le Horn, et parce que cet hémisphère nord signifie le retour vers la maison » déclarait Alexia Barrier.
Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson) ont lancé leur dernier sprint, qui pourrait leur permettre de voir Ouessant puis Brest jeudi 22 janvier prochain. Les filles peuvent d’ici là légitimement se féliciter d’une navigation rapide et efficace en Atlantique Sud. Passées sous le cap Horn en milieu d’après- midi le 6 janvier dernier, elles n’auront mis que 9 jours, 5 heures et 38 minutes pour rallier l’équateur, soit l’une des toutes meilleures performances de tous les temps sur ce trajet.
Ainsi qu’on a pu le constater depuis leur départ de Brest, ces 8 navigatrices du très international équipage aux commandes d’IDEC SPORT, n’ont cessé de progresser dans la maitrise du maxi multicoque. Elles ont su s’adapter aux inéluctables avaries qui, du capricieux hook de grand voile à leur foil tribord délaminé, sont venues altérer leur progression. Positionnée très à l’ouest, au plus près des rivages du Brésil, leur trajectoire devrait leur permettre de traverser en un minimum de temps ce pot au Noir si malfaisant à l’aller. Débutera alors un long bord de reaching, travers au vent d’est nord est généré par un anticyclone des Açores qui pour l’heure, porte bien son nom. De son décalage vers le sud dépend la fluidité et l’efficacité de leur route vers le golfe de Gascogne, la France, Ouessant et le port de Brest.
Il était 15h14 ce mardi 6 janvier 2026 lorsque le Maxi Trimaran IDEC SPORT de The Famous Project CIC, mené par son très international équipage composé de Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson), a franchi le cap Horn. Un moment d’histoire à figer dans la longue et belle histoire des courses océaniques puisque jamais jusqu’alors, un équipage entièrement féminin n’avait paré, en course, sans escale et en multicoque, ce fameux rocher chilien. En leur 38ème jour de navigation et près de 16 000 milles parcourus (25 700 km), les navigatrices peuvent entamer le dernier morceau de bravoure de leur périple, la remontée de l’immense Atlantique. Plus que jamais, le colossal challenge rêvé par Alexia Barrier et ses navigatrices de boucler un tour du monde sans escale et en maxi multicoque prend, avec chaque mille avalé en direction d’Ouessant et Brest, corps et consistance.
Un Pacifique relativement clément
Entrées dans le Pacifique, à la longitude de la Tasmanie le 26 décembre dernier, les navigatrices de The Famous Project CIC auront mis un peu moins de 11 jours pour rallier le cap Horn distant alors de 3 800 milles. Une traversée rapide, marquée par 48 heures de très gros temps, avec une mer infernale et des vagues de plus de 8 mètres, et ce vent soufflant en rafales à plus de 50 noeuds. L’équipage, désormais parfaitement rôdé aux manœuvres et à la conduite du maxi trimaran y a fait preuve de solidité, de cohésion et de sang-froid, toujours confronté à ce hook de grand-voile récalcitrant qui l’a parfois contraint à mettre en fuite pour effectuer une prise ou un renvoi de ris. Une trans Pacifique placée sous le signe de la constance, le maxi trimaran alignant avec une belle régularité des journées à plus de 550 milles, sur une route certes très nord, mais efficace et rationnelle, en bordure des virulentes dépressions du grand sud. Soumises à la fatigue, au froid, à la neige, mais toujours aussi appliquées aux réglages, à l’anticipation et au pilotage affiné du Maxi Trimaran, les 8 navigatrices de The Famous Project CIC y auront affirmé cette solidarité et cette bienveillance permanente, signatures d’un tour du monde qui plus que jamais leur tend désormais les bras.
Des marqueurs internationaux
Si l’arrivée à Ouessant est encore loin et le parcours semé d’embûches, le Horn reste cependant un important marqueur dans ces navigations de l’extrême, toujours aussi difficile à franchir, au point que rares sont les navigatrices, en solitaire ou en équipage à l’avoir paré dans le cadre d’une circumnavigation sans escale. On le répète, l’équipage de The Famous Project CIC est le premier constitué à 100% de navigatrices à le doubler sans escale depuis Ouessant. D’autres femmes, 19 au total, en solitaire sur le Vendée Globe (13 femmes), la Barcelona World Race (2), Golden Globe race (1), Global Solo Challenge (1), ou en multicoque comme Ellen MacArthur en solo ou Dona Bertarelli au sein d’un équipage mixte, ont aussi réalisé ce véritable exploit. A bord de The Famous Project-CIC, elles sont nombreuses à tirer une gloire très personnelle de ce passage. La Néerlandaise Annemieke Bes pourra dorénavant se targuer d’être la première navigatrice du plat pays à franchir ainsi dans les conditions décrites plus haut ce fameux cap, qui doit par ailleurs son nom au grand explorateur Néerlandais Jacob Le Maire et sa ville natale de Hoorn. Une première que l’Italo-Américaine Molly LaPointe pourra elle aussi revendiquer pour l’Italie. Quant à la Britannique Deborah « Debs » Blair, du haut de ses 25 ans, elle serait la troisième plus jeune femme après Ellen MacArthur et Violette Dorange à naviguer ainsi en ces eaux antarctiques.
Un tiers du parcours encore à couvrir…
Pas plus que Bonne Espérance, Leeuwin ou la Tasmanie, ce cap Horn ne constitue une étape. Plus de 7 000 milles restent encore à parcourir, soit un tiers de l’épreuve. Chacune à bord en a pleinement conscience et tous les esprits, une fois passée la légitime célébration du passage sous le fameux rocher, se tourneront vers le passage à l’île des Etats, les Malouines et les retrouvailles avec cet arbitre des navigations en Atlantique Sud, l’anticyclone de Sainte Hélène.
Alexia Barrier :« Une émotion collective »
« L’émotion au passage du Horn n’est pas la même que celle connue en 2021 lors du Vendée Globe. Elle est tout aussi forte, mais elle est différente. Lors du Vendée Globe, le cap Horn était un moment très intime, presque solitaire, chargé de fatigue, de tension et de responsabilité individuelle. J’ai eu une très mauvaise météo et j’avais très peur. J’ai beaucoup pleuré. Aujourd’hui, l’émotion est profondément collective. Elle se partage. Elle circule dans les regards, dans les silences, dans les gestes. C’est un cap vécu ensemble, avec un équipage soudé, sur un bateau d’une puissance exceptionnelle. La solitude a laissé la place à la conscience de ce que nous vivons. »
« Un cercle très fermé ! »
« Franchir le cap Horn, c’est entrer dans un cercle très fermé. Peu d’équipages, encore moins d’équipages féminins, et absolument aucun équipage féminin à bord d’un multicoque géant lancé à haute vitesse autour du monde y sont parvenus. Ce passage est profondément engagé. Il demande une préparation extrême, une vigilance de chaque instant, et une confiance totale entre le bateau, l’équipage et les éléments. Quand on passe le Horn, on sait que le plus dur est derrière nous. Les mers du Sud, leur isolement, leur froideur, leur intensité permanente, forgent les marins et les collectifs. Cela ne veut pas dire que la suite est facile. »
La validation d’un projet solide
« Le Nord Atlantique en hiver peut être tout aussi coriace, imprévisible et exigeant. Mais ce cap marque une bascule. Une étape où l’on sent que l’équipage a tenu, que le projet est solide, et que l’aventure est entrée dans une nouvelle phase. C’est à la fois une libération et une transition. On sent que quelque chose s’ouvre, que l’horizon change. Pour The Famous Project CIC, ce passage est à la fois un symbole et une validation.
Celle d’un engagement total, d’un collectif international soudé, et d’un projet unique qui s’écrit au féminin, à très haut niveau, dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète. »
Un Pacifique clément
« Le Pacifique a été relativement clément, mais ce serait réducteur de s’arrêter à ce mot. Il a surtout aussi été exigeant. De longues phases rapides, de la pression, du froid, de l’humidité, et une vigilance permanente. Plus de 48 heures avec des vents établis autour de 40 nœuds et une mer formée, avec des vagues de près de 5 mètres.
Ces conditions ont été très éprouvantes physiquement et mentalement. Ce sont des moments où l’on ne triche pas : le collectif, la préparation et la confiance entre les navigatrices font toute la différence. Avoir traversé ces phases difficiles avant d’aborder le cap Horn renforce la conviction que l’équipage est prêt pour la suite du parcours. »
« L’équipage a mûri » :
L’équipage est plus calme, plus posé, plus confiant. Les automatismes sont là. Les décisions sont plus fluides. Chacune connaît sa place, ses forces, ses limites, et celles des autres. Il y a moins de mots, mais plus de compréhension. C’est le signe d’un collectif qui a mûri en mer. L’équipage est plus solide, plus aligné, plus expérimenté. Nous avons grandi ensemble, dans l’effort, dans la durée, dans la performance. C’est un équipage qui sait durer, s’adapter et avancer ensemble et qui a appris à naviguer plus vite. »
Gmür Hornell : « J’étais vraiment impatiente de passer le cap Horn. C’est un peu l’Everest de la voile, une expérience que peu de gens ont la chance de vivre, et je suis heureuse de pouvoir le rayer de ma liste.
Je pense avoir mûri en tant que navigatrice hauturière. J’ai appris à mieux gérer mes émotions et mon physique dans des conditions difficiles.
Rester en mer aussi longtemps est en soi un défi de taille et une expérience que peu de gens vivent, sans parler des conditions auxquelles nous sommes confrontées au quotidien.
Je suis vraiment heureuse de cocher l’océan Austral et de repartir vers le nord. Nous considérons chaque cap comme un nouveau départ, et le cap Horn ne fait pas exception. Maintenant que nous l’avons franchi, nous entrons dans un nouvel océan et affrontons un nouveau défi, et nous nous rapprochons un peu plus de notre objectif final, qui est d’arriver au bout ! »
Dee Caffari : « Chaque passage est unique et une bénédiction. Je sais que lorsque nous partons, tous les marins ne parviennent pas à le franchir, donc quand on y arrive, c’est spécial. J’ai la chance que chaque passage ait été très différent pour moi. En solo, en équipe, à la tête d’une équipe, dans le bon sens et dans le sens inverse. Cette fois-ci, c’est avec une équipe de marins remarquables sur un bateau très spécial, et cela a pris très peu de temps.
Le Sud a été très différent de mes expériences précédentes. Il n’a pas été aussi hostile, mais cela dit, l’état de la mer n’a pas toujours été facile. Sur un maxi trimaran, l’état de la mer est primordial. Cette machine ne demande qu’à aller vite, il a donc été crucial de la gérer dans des conditions maritimes difficiles. L’autre différence majeure est que ce bateau a un franc-bord élevé, ce qui donne l’impression d’être loin de la mer et donc d’être moins humide et d’avoir moins froid que dans mes souvenirs.
Je suis très heureuse pour les débutantes du bord, elles sont ravies d’avoir franchi cette étape importante et elles ont raison de l’être, c’est un exploit considérable. La difficulté, c’est qu’il reste encore 7 000 milles à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée et que l’Atlantique peut être cruel. Il est important de rester concentrées et diligentes pour les derniers milles, même si nous les parcourons avec plus de confiance et de vitesse.
Je pense qu’Alexia et moi travaillons bien ensemble et que nous avons une bonne maîtrise du bateau. Nous sommes également plus confiantes dans sa configuration et son contrôle. Comme c’est souvent le cas, maintenant que nous avons parcouru tous ces milles, nous sommes mieux préparées pour courir à fond ! »
Le saviez-vous ?
3,95 milliards de femmes sur la planète
870 femmes ont atteint le sommet de l’Everest
75 femmes ont volé dans l’espace
Et seulement 25 femmes ont passé le CAP HORN en course.
Créée en 2016, l’association Lames de Joie offre aux enfants et adultes amputés d’un ou de leurs deux membres inférieurs la possibilité de pratiquer un sport grâce à des lames de course en carbone. Un équipement de haute technologie, dont le prix varie entre 2 500 et plus de 10 000 euros par membre et qui n’est pas remboursé par la Sécurité sociale. Un frein considérable pour beaucoup. L’association, qui rayonne sur toute la France, rend ces lames accessibles à tous, en les prêtant gratuitement, sans condition de ressources, ni demande de caution. La seule exigence : s’engager à pratiquer régulièrement une activité physique.
Son cofondateur, Jean-Marc Lamblin, retrace la naissance de ce dispositif solidaire, ses impacts concrets et les défis qui l’attendent.
Une association née d’un besoin non couvert
Lorsque l’on demande à Jean-Marc Lamblin ce qui l’a conduit à créer Lames de Joie, il revient sur le contexte dans lequel le projet a émergé : « En tant qu’entrepreneur, j’étais président d’un club local, la Table Ronde Française. Chaque année, le président doit porter un projet caritatif. Je cherchais une action locale, tournée vers les enfants et si possible en lien avec le sport. Et surtout, je voulais m’assurer que chaque euro donné soit réellement utile. »
Cette exigence trouve son origine dans une expérience personnelle marquante : « J’ai perdu mon père très jeune, d’un cancer, et tout l’argent récolté lors de ses obsèques devait être donné à la lutte contre le cancer. Mais malheureusement, ces dons ont été détournés dans le cadre du scandale qui a touché l’Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC). Dans ma tête de petit garçon, cela a laissé une trace. Je voulais savoir où allait l’argent, quitte à n’aider qu’une seule personne. »
Basé dans les Hauts-de-France, à Berck-sur-Mer, Jean-Marc Lamblin fait la rencontre du docteur Frédéric Charlaté, chef du Service Appareillage à la Fondation Hopale. Ce dernier lui parle d’Inaya, une petite fille de 7 ans, double amputée des jambes et de la main après une méningite foudroyante. « Elle rêvait de courir. Elle cherchait à financer une paire de lames de course en carbone qui coûtait à peu près 5 000 euros ». Quelques semaines plus tard, la somme est réunie. Jean-Marc se souvient : « j’ai vu une petite gamine arriver en fauteuil, poussée par sa maman. Les orthoprothésistes lui ont chaussé les lames et 20 minutes après, elle courait et je l’ai vue sauter à la corde. Tout de suite l’action a fait sens ». Mais cette première victoire révèle aussi l’ampleur des besoins. « On m’a expliqué ensuite que tous les 18 mois, comme elle allait grandir, il faudrait lui racheter des lames jusqu’à sa majorité. Je n’étais plus président du club à ce moment-là…Mais je me suis engagé à titre personnel à
les financer. »
De nouveaux appels suivent rapidement. « Avec quatre amis chefs d’entreprise et le docteur Charlaté, nous avons alors décidé de structurer l’action : c’est comme ça que Lames de Joie est réellement née. »
Dix années d’action : un dispositif en pleine expansion
Les débuts de Lames de Joie sont soutenus par le Prix Atout Soleil, porté notamment par GPMA et Generali. « Cela a été un vrai coup de pouce pour nous, aussi bien humain que financier. »
L’association se développe rapidement. D’abord centrée sur les lames de course, elle élargit progressivement son champ d’action : « Certains enfants n’avaient pas envie de courir. Comme le coût est équivalent, nous avons financé des prothèses de ski, de vélo… toujours avec l’objectif de remettre les enfants au sport. »
À partir de 2022, l’association relève un autre défi de taille : répondre aux demandes d’adultes amputés. Grâce, en autre, au soutien de l’Agora France, de la Fondation Carrefour, de la Matmut et de son parrain Alexis Hanquinquant, champion paralympique de triathlon, un fonds spécifique est créé afin d’équiper les adultes sans puiser dans les ressources dédiées aux enfants.
Aujourd’hui, le bilan est significatif : « sur les dix ans, nous avons accompagné environ 150 enfants et plus de 100 adultes en deux ans ». Mais, Jean-Marc Lamblin le rappelle : « il est difficile d’évaluer le nombre réel d’enfants amputés en France faute de données nationales fiables. Une chose est certaine : la demande demeure largement supérieure aux capacités actuelles de financement de l’association ».
Une lame pour changer des parcours de vie
Les lames sont prêtées gratuitement, sans condition de ressources ni caution. La seule contrepartie demandée aux bénéficiaires est un engagement à pratiquer ou à reprendre une activité sportive. Pour Jean-Marc Lamblin, l’impact dépasse largement la question de la mobilité. « Lorsqu’un enfant est équipé d’une lame, il bénéficie immédiatement d’une véritable inclusion. Le regard change : on ne voit plus d’abord l’absence d’une jambe, mais un objet technologique. Le carbone suscite de la curiosité, bien plus que de la gêne ». Ce changement de perception facilite les interactions, à l’école comme dans la vie quotidienne. « Et puis le sport, on le sait, apporte énormément : sur le plan physique, bien sûr, mais aussi sur la confiance en soi et l’équilibre psychologique. »
Au fil des années, certains parcours illustrent particulièrement cet impact. Jean-Marc cite celui d’Alexandre Augusto : « Alexandre est né avec une agénésie de la jambe. Il est entré dans le programme à l’âge de 8 ans. À l’époque, il passait beaucoup de temps devant les écrans, il était en surpoids. Aujourd’hui, il se prépare pour les Jeux paralympiques de Los Angeles en athlétisme. »
Le dispositif repose sur un principe simple et solidaire : les lames sont envoyées aux orthoprothésistes qui en font la demande. Lorsqu’un enfant grandit et que l’équipement devient inadapté, la lame est remise en état puis prêtée à un autre bénéficiaire jusqu’à 3 rotations maximum.
Accompagner les orthoprothésistes : un enjeu essentiel
Le modèle repose sur une coopération étroite avec les orthoprothésistes. « Chaque lame doit être ajustée, réglée, suivie. C’est un travail de précision, qui demande du temps et plusieurs rendez-vous. Ce travail n’est pas rémunéré, car nous finançons déjà le matériel. »
De nombreux professionnels s’engagent pourtant avec une générosité remarquable : « plusieurs d’entre eux nous ont confié qu’ils choisissaient d’offrir leur travail parce qu’ils y voyaient du sens. Ils créent une relation de confiance avec leur patient et l’accompagnent ensuite tout au long de sa vie. Les orthoprothésistes sont indispensables pour accompagner un plus grand nombre d’enfants et d’adultes amputés, rien n’est possible sans eux. L’enjeu, désormais, est de trouver un modèle qui permette de reconnaître pleinement leur travail, tout en maintenant la gratuité pour les bénéficiaires », souligne Jean-Marc Lamblin. »
Plusieurs pistes sont à l’étude : des partenariats renforcés avec les centres de rééducation, le développement d’un mécénat dédié à la prise en charge du temps professionnel, ou encore des coopérations institutionnelles permettant d’introduire une forme de compensation.
2026 : une nouvelle décennie d’action à financer
À l’approche de ses dix ans, l’association entend consolider ses acquis tout en ouvrant de nouveaux horizons. Déjà présente dans les territoires d’Outre-mer, Lames de Joie souhaite désormais structurer un programme à l’international, notamment sur l’île de la Dominique. « Nous avons noué un partenariat avec Keep Walking Association, fondée par des orthoprothésistes français pour intervenir sur cette île très pauvre où il n’y a pratiquement aucun équipement. Nous allons équiper un jeune de 18 ans à fort potentiel avec une lame de course, pour lui permettre de viser éventuellement les Jeux olympiques. Et nous nous sommes engagés à financer dix lames par an », explique Jean-Marc Lamblin.
Mais pour continuer d’avancer, un levier reste indispensable : le financement. « La Matmut et Carrefour se retirent après plusieurs années à nos côtés. Ce sont des partenaires qui ont été moteurs dans notre action, et je tiens très sincèrement à les en remercier », souligne Jean-Marc Lamblin. Aujourd’hui, l’association doit redoubler d’efforts pour lever des fonds. « Lames de Joie repose exclusivement sur des financements privés. Il n’y a pas de fonds publics : ce sont des dons de particuliers, d’entreprises, de clubs services, ainsi que des événements sportifs ou culturels. »
Dans un contexte économique tendu, la situation se complexifie : « Nous sentons une diminution des dons. Certaines entreprises ont arrêté leurs contributions pour préserver leur trésorerie. »
L’appel est donc clair : « En 2026, ce sont les dix ans de Lames de Joie. Nous avons une nouvelle décennie à financer. Aidez-nous : https://lamesdejoie.com/
Un Maxi trimaran, grand voile bloquée à hauteur du deuxième ris. 16 800 milles (31 114 km) de route à parcourir ainsi handicapé sur les océans les plus hostiles de la planète. La ville du Cap droit devant, dont les sirènes appellent à l’escale… autant d’axiomes, d’éventualités qui depuis 36 heures et l’avarie de hook, tournent en boucle dans les cœurs et les esprits des 8 femmes de The Famous Project CIC. S’arrêter pour réparer et continuer à naviguer, et c’est un Trophée Jules Verne qui capote. C’est surtout, par-dessus tout, un rêve, une envie, une passion, celle de devenir le premier équipage féminin à boucler un tour du monde sans escale, sans assistance et en maxi multicoque, qui s’éteint. Et ce projet d’une vie, ce Graal nautique inédit, aucune des 8 navigatrices du bord n’est en ce quinzième jour d’aventure, prête à l’abandonner.
Alors, hook ou pas, voilure réduite ou pas, la décision a été unanime, entre pleurs, soupirs et sororité, Alexia (Barrier), Dee (Caffari), Annemieke (Bes), Rebecca (Gmür Hornell), Deborah (Blair), Molly (LaPointe), Támara (Echegoyen) et Stacey (Jackson), les yeux dans les yeux, ont irrévocablement choisi de poursuivre leur aventure. Elles iront au bout ! La longue route continue, malgré les aléas, les inconnues, les doutes. The Famous Project CIC tiendra ses promesses. « Because a dream is a lie if it dont come true » (Bruce Springsteen -The river).
Hook de grand voile récalcitrant
Six heures durant vendredi dernier, tout l’équipage de The Famous Project CIC s’est mobilisé sur le pont du Maxi trimaran IDEC SPORT au ralenti au cœur de l’Atlantique Sud. La cause, un « hook » récalcitrant, coincé, bloqué, empêchant de renvoyer la grand voile à hauteur du 2ème ris. Un « hook », c’est une sorte de crochet qui va prendre la charge de la tension d’un guindant d’une voile pour l’envoyer en tête de mât. On hisse et on bloque la voile en partie haute avec ce crochet. Démontage, inspection, réparation, remontage… au prix de plusieurs ascensions à l’extérieur mais aussi à l’intérieur du mât aile du bateau, chaque équipière a patiemment, assidument pris sa part dans ces tentatives de réparation : « Bex, d’abord. « explique Alexia, « Une volonté incroyable. Un talent brut. Elle est montée à l’intérieur du mât, à plus de quinze mètres de haut, sur une mer formée, pour aller vérifier la pièce sur laquelle s’accroche le « hook ». Dans la VHF, on l’entendait. À chaque secousse, un gémissement. Là-haut, c’est violent. Et nous, en bas, on avait mal pour elle. Molly, toujours prête à bricoler. Debs et Annemieke, à chercher, fouiller, trouver le bon matériel. Stacey, avec ses idées, son expérience, son regard. Pendant ce temps-là, Tamara tenait la barre. Dee écoutait, coordonnait, gardait la vision d’ensemble. Et moi, en lien permanent avec l’équipe à terre pour recevoir, croiser et transmettre les informations. »
Alors, pourquoi, comment continuer la route ?
Mais peine perdue ! La grand voile demeurait obstinément bloquée au niveau du deuxième ris. Avec le J3 (trinquette) à l’avant, le maxi trimaran se trouvait alors parfaitement toilé pour les conditions du moment, avec l’arrivée de cette grosse dépression australe et ses vents à près de 40 noeuds. Plein est, le voilier retrouvait une allure régulière et l’équipage remettait à plus tard, sous l’Afrique du Sud, ses espoirs d’éventuelles réparations. Insidieusement pourtant, la petite musique de l’arrêt au stand, voire, de l’abandon, commençait à s’insérer dans les esprits.
« On a pensé que c’était rédhibitoire et on a commencé à se faire à l’idée de devoir s’arrêter. » poursuit Alexia. « J’ai demandé à Christian Dumard (routeur à terre) de faire des routages à 70 % de notre potentiel, pour évaluer notre capacité à naviguer à allure raisonnable. Il nous a fallu accepter de naviguer sous notre actuelle configuration, avec cette énorme contrainte de devoir arrêter le bateau plusieurs heures à chaque changement de ris. On est aux portes du Grand sud et on s’est dit que ça valait la peine de continuer. On a partagé ces perspectives entre nous, et c’est reparti ! »
L’aventure de The Famous Project CIC continue. Alexia et ses 7 équipières devront réinventer une autre manière de naviguer, parfois sous toilé, avec d’autres angles au vent, d’autres manières de porter leurs voiles d’avant, bref, d’autres difficultés ajoutées à leur titanesque challenge autour du monde. Défi accepté, qui donne encore plus de relief, de piment, de mérite à cette circumnavigation de toutes les découvertes et de toutes les inconnues.
Alexia Barrier….
« C’est que vous n’allez peut-être pas me croire… mais on a failli décider d’arrêter. Ça fait deux jours qu’on y pense. Deux jours qu’on ne pense qu’à ça. Qu’on évalue. Qu’on analyse. Qu’on retourne la question dans tous les sens. Parce que, dans une grande aventure, la décision la plus difficile à prendre… ce n’est pas de partir. C’est celle d’abandonner.
L’avarie mécanique qui nous touche n’est pas anodine. Elle est sérieuse. Mais elle ne met pas en péril notre sécurité. Elle met en péril la vitesse. Le record. Les chiffres. Elle ne met pas en péril notre histoire. Ni notre rêve. Ni notre ambition d’écrire une page de notre sport en devenant le premier équipage féminin à boucler un tour du monde sans escale et sans assistance sur un maxi multicoque.
Alors oui… on ira moins vite. Et oui… on est compétitrices. Donc ça pique un peu. Mais ce qu’on vit ici est exceptionnel. Unique. On va moins vite… mais on est ensemble. Ensemble pour battre nos peurs. Nos doutes. Nos angoisses. Ensemble pour progresser. Ensemble pour vivre le Grand Sud. Et ça, franchement… ça n’a pas de prix. En tout cas, pas celui de quelques nœuds volés par une pièce mécanique défaillante. Alors cette décision, on l’a prise. Celle de continuer. J’ai beaucoup échangé. Avec Christian Dumard. Avec Brian Thomson aussi. Avec l’équipe à terre. J’ai senti la puissance du soutien. Technique. Humain. Et puis il y a eu les regards. Celui de mes parents sur WhatsApp. Mes yeux qui ont pleuré ces deux derniers jours, en se demandant si on était folles… ou simplement vivantes. Et puis on a regardé devant. Avec lucidité. Ça ne va pas être simple. On va encore bricoler. Adapter. Composer. Mais on y va. Parce qu’on avance encore. Parce que le bateau avance. Parce qu’on fait des milles. Parce qu’on est dans les temps d’une aventure immense. Parce que personne ne se souviendra d’un chiffre…mais tout le monde se souviendra d’un aboutissement. Parce que, quoi qu’il arrive, on est en train de vivre quelque chose que très peu de gens vivront un jour. Parce que traverser le Sud à 30 nœuds dans 40 nœuds de vent, ça ne s’apprend pas dans un manuel. Parce que passer le Cap Horn en équipage féminin, sur un trimaran, ça ne s’efface pas. Parce que, si un jour il faut s’arrêter, on saura le faire en conscience. Mais pas maintenant. Pas ici. »