Sébastien Audigane : L’émerveillement pour moteur ultime.
Le voilier « Entrepreneurs pour la Planète » prendra dimanche prochain 27 juin le départ de sa première course, la classique Les Sables – Horta – Les Sables, réservée aux Class40. A sa barre, un duo inédit composé de François Jambou, le brillant « Ministe » à qui tout réussit depuis 2018, et un personnage aussi discret que complexe, véritable monument de la course au très grand large, le brestois Sébastien Audigane, 53 ans. Le colosse à la carrure de deuxième ligne de rugby n’est ni plus ni moins que double détenteur du Trophée Jules Verne, record absolu du tour du monde à la voile auquel il s’est attaqué, excusez du peu, à pas moins de 7 reprises. Car, et sa modestie dut elle en souffrir, cette force de la nature est aussi, aux dires de sommités comme Bruno Peyron, le plus fin barreur du circuit océanique, doublé d’un marin éclectique qui fait de Sébastien Audigane, à l’heure de composer un équipage capable de relever les plus grands défis, un homme rare et recherché. Mais c’est à bord d’un voilier autre que les multicoques géants, le Class40, support qu’il connait parfaitement pour y avoir aussi brillé, que l’on retrouve cette année l’ancien Lasériste, dont l’appétit du grand large, d’infinis horizons et de belles navigations semble plus fort que jamais. Séduit par les valeurs de partage d’expériences et de sensibilisation aux échéances environnementales portées par l’association Entrepreneurs pour la Planète, « le grand Seb » repart avec la curiosité d’un débutant à la redécouverte des grands espaces magiques dont la contemplation ne cesse, quelles que soient les échéances sportives, de l’émerveiller.
Bon sang ne saurait mentir, et le moins que l’on puisse écrire est que celui de Sébastien est fortement salé, hérité d’un grand-père marin capitaine de renflouement et d’un grand père plongeur. Avant même d’user ses premiers cirés en Laser puis en Figaro, avant sa préparation Olympique aux côtés d’Yves Loday, c’est sur la Caravelle familiale puis en Corsaire que Seb, peu attiré par les bancs de l’école, épanche son envie de liberté et son goût pour l’espace maritime.
Les horizons lointains, les mystères de la grande planète bleue, c’est dans la lecture des belles histoires de la flibuste, des corsaires et des grands explorateurs que Seb les découvre et s’en abreuve sans jamais s’en rassasier complètement. Moniteur de voile, il fait ses classes et attend ses 28 ans pour traverser l’Atlantique pour la première fois, en Figaro. Curieux de tout, avide d’apprendre quel que soit le support, Audigane multiple les expériences, du Dragon aux trimarans Orma. Son nom s’impose vite sur les pontons et résonne jusqu’aux oreilles d’un autre Brestois, Olivier de Kersauson qui l’enrôle à bord de Geronimo pour un premier Trophée Jules Verne; « Ce fut comme un second service militaire » avoue Sébastien, reconnaissant de l’expérience toute en rigueur vécue avec « l’Amiral ».
Sa carrière océanique s’emballe, sans qu’il ne délaisse pourtant un amour secret pour les voiles classiques, ces gréements anciens qui ont émerveillé son enfance. Du Dragon aux maxi multicoques, et entre deux records autour du monde, il tient six années durant la barre d’un joyau de la voile Classique plus que centenaire, le 15 m JI Mariska, signé Fife. Bruno et Loïck Peyron, Franck Cammas, Yann Guichard font de lui la colonne vertébrale de leurs projets océaniques et de leurs rêves de records autour du monde. Aucun marin ne présente comme lui la double capacité d’encaisser la démesure des géants des mers tout en les pilotant avec un doigté d’orfèvre et une minutie chirurgicale. « Barrer un multicoque géant dans la brise est l’expérience unique du bonheur absolu » décrit-il.
C’est un autre colosse, Francis Joyon, qui lui offre en 2017 l’occasion de renouer jusqu’à l’excès avec ces plaisirs exclusifs de la glisse aux confins des océans. « Naviguer avec Kersauson a été une chance, partir avec Bruno Peyron une aventure, courir avec Francis, un rêve… » Il est du « Club des 5 » mythique concocté par Joyon pour piloter le maxi trimaran Idec-Sport jusqu’au triomphal record absolu autour de la planète.
Les records, les victoires, le sport de haut niveau n’épanchent pourtant pas sa soif d’apprendre, toujours et encore. « La mer, c’est ma vie. A 45 noeuds à la barre d’Idec dans le Grand Sud, je me surprenais à me laisser glisser dans la rêverie et dans la contemplation des paysages marins. J’emporte toujours et plus que jamais cette capacité d’émerveillement avec moi et je suis heureux de me retrouver à l’aube d’un nouveau défi, les Sables – Horta, à bord d’un voilier dont je suis le chef et aux couleurs d’Entrepreneurs pour la Planète, association qui me tient à cœur, et qui met avec justesse en relation porteurs de projets environnementaux et chefs d’entreprise. »
Erika Sauzeau, 38 ans, mère de jumeaux, membre de l’armée des champions, originaire de Beauval dans la Somme, picarde affirmée, participera aux Jeux Paralympiques de Tokyo fin août en aviron, le quatre barré, et dans la catégorie PR3 qui concerne les athlètes ayant des problèmes aux membres inférieures. 3ème du Championnat de France 2020 indoor sur la distance de 2000 mètres et 8ème au championnat du Monde d’aviron indoor, médaillée d’argent au championnat d’Europe 2021, Erika est désormais soutenue par la Banque Populaire du Nord et s’envolera pour le Japon avec beaucoup d’ambitions. Zoom sur un parcours de vie pas comme les autres…
Elle a une grande expérience de la régate. Elle a beaucoup gagné entre trois bouées. Anne-Claire Le Berre, brestoise, embarquera dimanche à bord du Mini de série du jeune francilien Jean Marre. Le duo participera au Mini Fastnet, cette course mythique du circuit des Mini, qui a révélé les plus grands ministes et qui se court entre la France, l’Angleterre et l’Irlande La championne, responsable du bureau d’étude du team Initiatives Cœur de Samantha Davies, est passée au grand large et sera à surveiller sur la prochaine Mini Transat, cette traversée de l’Atlantique en solitaire et sans assistance à laquelle Jean prendra part également.
C’est fait ! Maxime Beaumont est qualifié pour Tokyo. Le kayakiste boulonnais a reçu son ticket pour le Japon et représentera la France sur 200 mètres. Le vice-champion Olympique de 39 ans, soutenu par la Banque Populaire du Nord, 9ème du dernier Championnat d’Europe qui se tenait le week-end dernier en Pologne, sera au départ du Championnat de France à Gravelines en juillet puis s’envolera pour la grande joute ! Le champion nordiste, vainqueur de l’Open de France à Vaires-sur-Marne début mai en K1 200, 12ème de la première étape de Coupe du Monde mais avec un chrono très performant, est prêt et avoue avoir souffert de la pression engendrée par la sélection ces dernières semaines. « C’est un grand soulagement d’avoir obtenu enfin mon ticket pour Tokyo. Je suis très satisfait. Je vais maintenant pouvoir être totalement focus sur l’échéance. Je me suis mis pas mal de pression ces derniers temps avec la qualification. La situation était inconfortable » explique Maxime.
Enfin ! Les activités de la Fondation Belem repartent en juin et juillet à Cannes et La Rochelle et le Belem reprendra la mer à compter de fin juillet. Un moment très attendu, après 17 mois d’incertitudes, depuis le premier jour d’une crise sanitaire qui a cloué le navire à quai, forcé la patience, mais sans jamais entamer le moral de l’équipage.